Non, je ne suis pas celui que je voulais être quand j’étais petit.

Il était une fois, il y a bien longtemps, dans un monde un peu différent de celui dans lequel nous vivons maintenant, un petit garçon à qui on a eu l’honneur de demander ce qu’il ferait plus tard.

Ce petit garçon, c’est moi. Et cette question est revenue à de nombreuses reprises. En fait, elle est posée à partir du moment où un enfant est capable de parler. Beaucoup trop souvent à mon goût.

Pour moi, la vie d’adulte a toujours été un mystère. Voir mes parents s’absenter puis revenir s’occuper de nous à la maison. Comprendre à demi-mot ce qu’ils faisaient de leurs journées mais ne pas oser poser plus de questions que cela. Ou alors se contenter de ce que je comprenais, je ne sais pas vraiment.

Au final, ce que je voulais faire quand j’étais petit, c’était ressembler aux personnages des livres que je lisais, aux héros de films qui passaient à la télévision ou ceux dont les copains de la cours de récréation me parlaient. J’ai toujours aimé rêver.

Quand j’étais petit, je voulais être pilote d’avion.

Et dire je suis déjà monté dans le cockpit d’un avion de chasse quand j’étais tout petit, une folie qui donnait l’impression d’avoir des ailes.

Mais après de longues années, je me suis rendu compte que je ne le serai jamais. Pourtant je n’avais pas encore vu “Little Miss Sunshine”, qui n’existait pas à l’époque.

Il faut que j’avoue qu’avant de vouloir devenir pilote d’avion, mon rêve secret était d’avoir un camion rouge. Pompier ? Agriculteur ? Rêveur ? Aucune idée. Juste un camion rouge pétant et j’aurai été heureux.

Passons les années qui ne servent à rien : le collège et le lycée. Ces années où la question du “tu fais quoi après ?” revient chaque jour dans les bouches des professeurs, des amis, des parents, des parents des amis, d’inconnus croisés sur les salons dédiés aux lycéens, dans les transports quand je partais passer le Bac …

Toutes ces personnes qui n’avaient pas compris que je ne voulais pas faire quelque chose de précis. Mon rêve d’enfant ne pouvant être exaucé (être pilote d’avion, pas avoir un camion rouge).

En même temps, je n’avais pas envie de ça.

Être” une profession a toujours été pour moi un problème. Je n’ai jamais su réellement ce que se cache derrière chaque intitulé. Qu’il soit pompeux ou non, je sentais qu’il y avait une part de mystère qu’on ne voulait pas me révéler. Mais j’ai fini par percer le secret assez rapidement : la monotonie de la routine sans pointe de “folie” (certains l’appellent innovation).

Sans détour, il faut que je vous avoue que la monotonie est un concept qui m’emmerde réellement.

Le mot est lâché, l’excuse est posée, la poésie est tombée.

Relativement tôt, j’ai su que je ne suis pas fait pour accepter une routine. Mes professeurs me l’ont assez vite répété régulièrement et sans détour. Têtu comme je suis, j’ai eu du mal à l’entendre. Désormais je le sais, je l’accepte et je le comprends.

J’aime maintenant comprendre comment arrive la routine et comment faire pour l’éviter. C’est ce qui me motive à essayer de changer mon quotidien chaque jour.

Je n’ai pas un métier, j’en ai plusieurs.

De médiocre lycéen têtu ne souhaitant pas passer le Bac, je suis passé à major de promo. Oui, c’était radicalement opposé et assez déconcertant. J’étais tombé dans un cycle où les matières me parlaient et me motivaient.

Ce fut totalement par hasard que je me suis inscrit à l’université pour devenir développeur web.

Au fur et à mesure, j’ai aussi pris conscience que je comprenais très bien comment le petit monde du web est construit. Mais que j’étais aussi un développeur très moyen.

D’où mon envol du côté du e-commerce directement après avoir eu ma licence. Mais ça n’allait toujours pas, l’ennuie me guettait très vite.

Je suis allé en agence de communication, plutôt traditionnelle mais qui prenait sereinement le virage du numérique.

Une fois de plus, j’ai eu envie d’autre chose. Je suis passé par le référencement, la création d’une web-agency, le social-gaming, le social media… Mais aussi la musique pendant un temps.

Sans oublier les boulots d’été qui ne me déplaisaient pas, mais qui ne me motivaient pas non plus assez pour y consacrer ma vie.

C’est tellement bon de changer de poste, de défi, d’envies.

J’ai besoin de changer de métier pour trouver de nouveaux défis. Mon métier à moi c’est continuer à apprendre pour me perfectionner et continuer d’avoir envie de révolutionner le monde.

Au final, je crois que j’ai réussi à devenir un rêveur qui a les pieds sur Terre.