LE RÔLE DE L’IMAGE SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX : LE CAS ESSENEA O’NEILL
Le 2 novembre 2015 Essena ON’eill, célèbre « starlette » des réseaux sociaux , lâche une bombe en supprimant du jour au lendemain ses comptes Youtube, Instagram et Tumblr au milliers de followers . Par ce geste, elle dénonce ainsi l’idée selon laquelle les réseaux sociaux ne sont pas la « vraie vie » et qu’ils donnent une vision déconnectée et fantasmée de la réalité . Se rendant compte que par ses comptes virtuels la jeune fille faisait elle même partie de ce processus de surexposition du moi en se mettant elle même en scène, elle décide de montrer l’autre côté du miroir en supprimant plus de 2000 photos Instagram et en rééditant les légendes de celles qui ont survécus à cette purge afin de montrer l’envers du décor de ces photos trop parfaites pour être vraies. Face à ces clichés faussés, on peut dès lors se demander quel est le rôle de l’image sur les réseaux sociaux ?
Essena O’Neill explique donc sa décision de quitter les réseaux sociaux: “Ils ne représentent pas la vraie vie, ils ne sont faits que d’images artificielles”. L’adolescente dénonce notamment les apparences souvent trompeuses des photos postées sur les réseaux sociaux: “C’est un système basé sur l’approbation sociale, les likes, le nombre de vues” . En effet, il n’a pas fallut attendre Essena O’Neill pour savoir que l’on peut faire dire ce que l’on veut aux images . La jeune fille va ainsi révéler les dessous de ses clichés parfaits , en dévoiler les coulisses peu merveilleuses par rapport à ce qu’ell laissat montrer sur le devant de la scène : elle va casser le mythe en rééditant les légendes de ses photos Instagram et en mettant en perspective le réel contexte dans lequel la photo a été prise . Elle dénonce ainsi la facticité de l’image parfaite, soi disant naturelle alors qu’elle n’est en réalité que le résultat de nombreux shoots photos interminables à la recherche du cliché parfait ponctués de citations bidons, le tout la plupart du temps financé par des marques .





Par ce retour réflexif sur ses clichés, Essena va montrer ce décalage entre vie réelle VS vie 2.0 en dénonçant le caractère factice de ces images et donnant ainsi naissance à ces photos rééditées qui fonctionnent comme de véritables oxymores visuelles où tout n’est qu’apparence, mise en scène et théâtralisation de la vie quotidienne . En quelques mots l’image peut prendre une toute autre signification et s’avérée en fin de compte totalement corrompue . Ces nouvelles descriptions mettent cruellement en lumière la fausseté sur ces clichés censés prouver à de parfaits inconnus que l’on a une vie parfaite . En réécrivant ses propres légendes Instagram, elle dénonce le mensonge qu’elle a elle même promue et par se travail de réécriture elle va faire son autocritique, son « autosémiocritique ».
De plus, Essena O’Neill aborde un autre aspect des problèmes liés aux réseaux sociaux : la publicité déguisée qu’exerce les marques sur ces “stars” du web dont elle faisait partie. Elle n’hésite pas à dire qu’elle a souvent été rémunérée pour avoir posté tel ou tel cliché . Elle dénonce ainsi cette image cachée de femme sandwich qu’elle a pu véhiculer en retournant ainsi ces situations visuelles et en accentuant d’autant plus ce décalage entre ce que nous montre l’image et ce qu’il ce cache derrière elle .
Ainsi par cette « autosémiocritique », le cas Essena O’Neil a participé à dénoncer le caractère fictif des réseaux sociaux sur internet en accentuant ce décalage vie réelle VS vie sur les réseaux sociaux. Elle a aussi permis de mettre en lumière la pratique marketing des marques qui se servent de l’image virtuelle de ces « célébrités » du web pour vendre leur produit . Cependant, si la jeune fille critique internet, c’est encore à travers le médium d’internet qu’elle le critique et même si la création de son nouveau site www.letsbegamechangers.com a pour objectif de dénoncer l’impact négatif des réseaux sociaux et de dissuader les gens d’y rechercher des « likes » fictifs en quête d’approbation sociale; le déferlement médiatique dont le cas Essena O’Neil a été l’objet nous laisse plutôt penser que cette surmédiatisation lui a été bien utile et que elle qui dénonçait haut et fort l’autopromotion et (encore) tombée (volontairement?) dans le travers qu’elle dénonce…..
Juliana CANATTONE TD3
Sitographie : Instagram, l’Obs….