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Gus Brandys
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Et les effets d’engagement (Kiesler) dans tout cela? Les personnes qui obéissent au système de récompense/punition (Skinner), ont signé un “contrat” avec le commanditaire (ici l’enseignant). Cela s’appelle de “la soumission librement consentie” (Joule et Beauvois), après si elles commencent à se plaindre de leur condition “contractuelle”, elles sont en “dissonance cognitive”(Festinger)…En somme, elles continuent à être dans ce système relationnel, tout en pensant qu’il n’est plus en phase avec leurs valeurs…

La phase la plus difficile pour elles, c’est de gérer leurs propres dissonances, soit en sortant de cette soumission à l’autorité (ici par exemple “tricher”), soit en réduisant cette dissonance (trouver des raisons personnelles pour continuer à obéir), (Festinger).

Quoiqu’il en soit, dans l’enseignement, nous devons mener l’enfant vers un objectif soit collectif ou personnel. L’enseignant a toujours une stratégie pour faire adhérer ses élèves à sa pédagogie et aux objectifs associés. Il met en place du conditionnement opérant, en règle général, sans cela, la classe peut être difficile à tenir.

Si l’enfant accepte de s’asseoir et d’obéir à son professeur, c’est qu’en trame de fond, il y a contrainte (venue de toute part). Et oui, la manipulation, il y en a partout, surtout dans les environnements d’apprentissage, et les systèmes organisationnels fermés. La “gamification”, le marketing etc. usent des travaux de ces psychologues “comportementalistes” des années 50 pour maitriser au mieux les comportements des individus.

Le niveau de maturité des élèves reste un facteur essentiel pour éviter de rentrer dans le piège de la relation fondée sur un système de punition ou de récompense (renforcement positif/ renforcement négatif). D’autre part, je crois que tant que la relation professeur/ élève reste déséquilibrée, (d’un coté le détenteur du savoir adoptant une position haute sur le contenu et le cadre) et de l’autre coté, l’enfant, qui ne sait rien, et qui est en général vu comme un irresponsable (adoptant une position basse à la fois sur le contenu et sur le cadre), il sera difficile de sortir de la relation dominant/ dominé.

Et, je suis d’accord avec toi, le système de récompense / punition n’est pas un bon système, car l’enfant ne voit pas l’intérêt personnel qu’il a d’apprendre telle ou telle chose, et n’a pas d’autre objectif que de gagner son “petit cadeau”.

En revanche, je ne vois pas le système de notation comme étant négatif pour l’enfant. Naturellement, les enfants tendent à vouloir situer leurs niveau d’efficacité personnelle par rapport à d’autres (et là je te renvoie à Albert Bandura). Les enseignants en France dans certains établissements ont choisi de supprimer les notes, mais les enfants, continuent dans la cour de récréation à construire des échelles d’évaluation pour situer leur niveau. Situer son niveau, fait partie de la construction identitaire. C’est important pour eux.

Là où les professeurs doivent effectivement s’améliorer c’est au niveau de l’évaluation. Une approche bienveillante est de mise: ne plus corriger en rouge, expliquer les erreurs, et ne pas isoler, ni condamner les élèves en difficulté, favoriser une collaboration avec les bons élèves, récompenser les bons élèves, ne pas émettre de jugement etc. Ce n’est pas simple à faire et cela requière une grande remise en question de soi. La formation des maîtres doit avant tout mettre l’accent sur l’approche humaine de l’enseignement et pas que sur les savoirs et la maîtrise des savoirs.

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