Avoir un blog… sans être blogueur

Lalla Maïga
Sep 5, 2018 · 4 min read

Il paraît que c’était la journée internationale du blog. Hier… Avant-hier… Il y a une semaine… je ne sais plus. La vérité c’est que je ne savais même pas que cette journée existait. Enfin, j’ai dû le voir quelque part les années précédentes, mais à vrai dire l’information n’a jamais eu assez d’importance pour se faire une place dans le tiroir “rappel important” de mon inconscient.

Mais mon ignorance de cette journée m’a également révélée un autre détail.

Je ne me considère pas une blogueuse. Alors là, pas du tout. Pourtant j’ai un blog. Et il m’arrive d’écrire quelques fois sur Medium. But I just can’t call myself a blogger. If I did so, I would see myself as a scam.

Mon blog, à ce jour, n’est pas une extension de moi. Je n’en suis pas encore à ce stade de familiarité avec mon bien. Pourtant c’est ce qui est censé être. Je lis moi même peu de sites, mais chaque fois que l’un d’entre eux m’a marqué, c’est parce qu’il semblait être une partie de celui qui en était le propriétaire. Je ne dis pas qu’on est défini par son blog, mais plutôt que ce qu’on choisit de publier, la ligne éditoriale, le thème doivent être à l’image du blogueur.

Et donc je ne me considère pas comme une blogueuse. D’ailleurs pour faire simple, je ne mentionne jamais aux gens que j’en ai un.

Un défi. Mon blog, en plus d’être un désir était un défi. Je suis quelqu’un de réservée, il m’arrive d’avoir un tout petit peur du regard des autres. Mais j’ai toujours aimée écrire, souhaitée produire des textes qui touchent au plus profond, et qui apportent également un enseignement, quelque chose d’utile, de la magie.

J’ai donc beaucoup écrit. A ce jour, j’en suis à près de 100 textes de plus de 500 mots, mais je n’en ai publié pour l’instant qu’une dizaine. Une dizaine que je veux bien partager. Mais je m’égare.

Le blog est né, après plusieurs péripéties et autre pages fantômes crées sur diverses plateformes. Et puis quelques citations sur Instagram, un Evernote rempli, une bibliothèque en construction et un retour dans mon pays ont suffit à me convaincre. Pour une fois j’ai fait place à un soupçon de spontanéité.

Il est né donc, sans véritable ligne directrice, à un stade où j’étais partagé entre mettre de l’ordre dans ma vie, ou me laisser aller au désordre (certainement) temporaire qu’était mon quotidien.

Finalement il est resté un fourre tout. Le titre est d’ailleurs évocateur. Mais il ne me parle pas. Plus maintenant. La liberté d’y écrire ce que je voulais sans avoir à me dire que ce n’est pas dans le thème du blog, est devenu plus un frein qu’autre chose.

Et puis… Je n’y partage pas tout. Qu’on se dise la vérité. Les écritures dont je suis le plus fière sont encore dans mon ordinateur. Paradoxal hein. Je suis encore partagée entre l’envie de m’ouvrir et de me connecter au monde extérieur, et le besoin de me préserver également. Le débat est ancestral.

BREF! Je n’aime plus mon blog. J’y publie encore quelques revues de livres, (histoire de lui insuffler un petit peu d’air dans les poumons), mais rien de vraiment profond. Quelques fois des articles que j’ai pensé “généralistes”, mais rien de plus excitant que ça. Je ne vous en voudrais même pas si vous me disiez qu’il n’est pas intéressant. Moi même il ne m’intéresse plus.

Je vais m’améliorer, cela va sans dire. Mais mon blog est superficiel. Tandis que moi, ma quête est de donner aux choses de la profondeur, un sens, une raison intrinsèque qui les rendent uniques. Il paraît que c’est l’un de mes défauts d’ailleurs. De trop penser les choses sans pouvoir leur laisser la chance d’être uniquement ce qu’elles sont.

Et puis le partage de mes articles est juste un geste systématique, discret et timide. Comme si finalement je ne voulais pas que les gens me lisent. Que mon article se fonde dans la masse de tweets et le flot de posts Facebook. Ce n’est pas naturel. C’est forcé. C’est superficiel. Ce n’est pas moi.

Je n’ai pas forcément envie de terminer sur une note positive. Je retiens juste que pour l’instant, il y a moi, il y a mon blog, et entre nous 10.000 km.

Hello, Je m’appelle Lalla. J’ai un blog. Si jamais tu me lis et que tu es dans le même cas que moi, j’ai envie de te dire : Bienvenue au club des bloggeurs anonymes mais qui s’assumeront un jour. :)

Lalla Maïga

Written by

J'écris plus que je ne lis sur Médium.

Welcome to a place where words matter. On Medium, smart voices and original ideas take center stage - with no ads in sight. Watch
Follow all the topics you care about, and we’ll deliver the best stories for you to your homepage and inbox. Explore
Get unlimited access to the best stories on Medium — and support writers while you’re at it. Just $5/month. Upgrade