Amour

Ne pas s’aimer.

Ce mystère.

Des parents qui te désirent, qui te comblent d’amour, qui te trouvent merveilleuse.

Et puis rien.

Toi, tu n’y crois pas. Tu ne te détestes pas. Non, avec le temps, tu t’es acceptée. Tu connais tes défauts, tu fais avec.

Mais impossible de reconnaître en toi les qualités que l’on t’attribue.

Un malentendu.

Ça ne peut pas être autre chose.

Je dois bien me reconnaître UNE qualité. La dissimulation. Puisque les autres ne voient rien. Les collègues, les “amis”. Même tes très proches, ta famille, les sœurs que tu t’aies choisies.

Rien.

Tu ne te trouves ni intelligente, ni drôle , ni courageuse, ni belle, ni forte, ni cultivée.

Autant de qualités que tu as dû trouver auprès des gens que tu aimes.

Vous êtes tous tellement mieux que moi. Au point que je ne comprends d’ailleurs pas l’intérêt que vous me portez.

Au quotidien, je ne suis pas désagréable, non.

Je joue mon rôle à fond.

Jusqu’à quand, l’imposture ?

Et si vous vous aperceviez, un jour, que je suis vide ?

Que je ne me nourris que de vous ? Mes amours, mes amis, mes enfants.

Être moi me demanderait peut-être de faire le deuil de ce que je ne suis pas.

Insurmontable.

Mes parents ne me disent plus Je t’aime. Plus aucun autre “je t’aime” ne compte depuis.

Redevenir enfant. Se blottir dans leurs bras. Ne plus penser. Fermer les yeux. Ne plus faire semblant.

2014

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