François Hollande a bien baissé son salaire de 30 %

« Trump renonce à son salaire de Président, Hollande n’a pas tenu son engagement de baisser son salaire de 30%. » Le titre de l’article, paru en novembre dernier sur le site lagauchematuer.com, est une demie-vérité bien dissimulée.

En effet, difficile de contester la première partie tant la nouvelle a fait grand bruit. Donald Trump, 45e président des Etats-Unis, a annoncé mi-novembre son refus de toucher les 400.000 dollars annuels constituant le salaire officiel dû à sa fonction. Il ne percevra seulement, conformément à la loi, qu’un dollar symbolique. Certains se sont donc empressés de dresser un parallèle avec la promesse du candidat Hollande de réduire son salaire, ainsi que ceux des ministres du gouvernement, de 30%.

Mais là encore, le contenu de l’article ne dévoile qu’une partie de l’information: «Le Conseil Constitutionnel avait retoqué la mesure, puisque étant rédigée de façon fort peu juridique sans en respecter les principes de droit, c’est d’ailleurs à se demander si celui-ci n’avait pas fait exprès. Et bien notre bon Président s’est conformé à l’avis des juges et a comme toujours abandonné une promesse, qui il faut le dire est symbolique mais parfois les symboles ont du bon. » L’auteur de l’article clôt le débat sur un “abandon de promesse”, oubliant au passage de mentionner la suite des évènements et la vérité qui l’accompagne.

Oui, la baisse des salaires, votée par le Parlement le 31 juillet 2012 dans le cadre de la loi de finances rectificative, a bien été retoquée par le Conseil Constitutionnel le 9 août par la décision n°2012–654. Le motif? Cette question réglementaire n’avait pas sa place dans une loi sur la finance, au nom de la séparation des pouvoirs. Cependant, un décret publié au Journal Officiel le 24 août a permis de faire adopter la mesure. Le salaire du président de la République est donc passé de 21300 euros à 14910 euros brut, avec un effet rétroactif prenant effet au début de son mandat, soit le 15 mai 2012. La baisse de 30 % a donc bien eu lieu.

Certes, l’effort est à relativiser si l’on considère que, dès son arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy avait augmenté cette rémunération de 172%, arguant qu’il fallait l’aligner sur celle du Premier ministre et la rendre plus comparable avec celle des autres chefs de l’Etat européens. Avant le 1er janvier 2008, l’indemnité de président de la République n’était donc que de 7.084 euros par mois. Un retour en arrière plus qu’une véritable baisse, mais il faut savoir reconnaitre une promesse tenue quand on en voit une.

Malgré tout, avec une fortune personnelle estimée à 3,7 milliards de dollars par le magazine Forbes pour Donald Trump, et un patrimoine déclaré en 2012 d’une valeur de 1,17 millions d’euros pour le président français, la comparaison est-elle vraiment pertinente ?

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