Mythe ou mytho : peut-on être authentique au travail ?

C’est dans le salon de leur bureau à Officience que l’équipe de Somanyways nous a convié au mois de mars pour un apéro explorant une nouvelle facette de notre rapport au travail et tenter de répondre à la question : authenticité et boulot : mythe ou mytho ? L’authenticité, être authentique, ne serait-ce pas illusoire dans nos sociétés aux réseaux sociaux de plus en plus « filtrés » et surtout un peu utopique dans un environnement professionnel ? Peut-on se permettre d’être 100% nature ? Avec nos collègues, notre boss ?

Dans une ambiance cosy qui se prêtait aux échanges, Célia a commencé par nous raconter comment, lors du process de recrutement pour son nouvel emploi, elle n’a pas hésité à prendre des risques. Sa candidature avait été retenue, mais elle n’était pas sûre de faire le bon choix. En fait, son authenticité, elle a d’abord dû la chercher en s’écoutant et comprendre ce dont elle avait besoin, le pourquoi de ce doute. Avant d’accepter le job, elle a donc demandé à éclaircir certaines de ses futures missions pour comprendre tous les enjeux du poste. Son authenticité, c’est finalement ce qui l’a poussé à oser poser des questions pour être sûre que ce job lui correspondait. Et si être authentique, ça démarrait finalement par une bonne connaissance de soi ?

Sébastien a testé différents secteurs d’activité : milieu associatif avec une équipe à taille humaine, secteur public puis privé. Il affirme réussir à être plutôt lui même partout, l’important étant de bien cerner l’univers où l’on met les pieds, l’environnement où on évolue et les bons codes à adopter pour être intégré et adapter ses comportements. Il n’attend pas la même chose de ses collègues que de ses amis. Et pour lui il faut bien avoir en tête qu’on n’est pas avec ses collègues comme on est au bistrot alors pourquoi chercher à tout prix l’authenticité.

Le récit de Fanny est un peu différent et tout en nuance. Lorsqu’elle travaillait dans une start-up dynamique, elle partageait beaucoup avec ses collègues et les journées de travail se prolongeaient souvent par des soirées plus conviviales. Lorsqu’une des dirigeantes est partie de la structure, l’ambiance a changé et ses propos, les propos de la bière d’après-boulot, se sont retrouvés utilisés contre elle. Cette histoire l’a profondément touchée et fait réfléchir sur ce qu’on partage au travail. Elle a décidé d’aborder son nouveau job différemment en étant davantage dans le contrôle, en mettant une certaine distance, et en réfléchissant à ce qu’elle choisit de dire et à qui, pour ne pas se sentir piégée une nouvelle fois. La question de la confiance reste centrale et complexe.

Hélène enfin, a vécu en colocation avec son boss lorsqu’elle travaillait aux Philippines. Les codes culturels et sociaux n’étaient pas les mêmes, elle encadrait une équipe de locaux et a dû apprendre à s’adapter tout en restant elle-même. Au bout du monde, les émotions décuplées, elle a fait le choix de l’authenticité et le fait d’habiter avec son manager l’a poussée à se montrer telle qu’elle est. De toute façon, comment évaluer si on est authentique ou si on ne l’est pas ? Est-il possible de ne pas l’être sur le long terme ?

Difficile de penser que notre naturel ne nous trahira pas dans un lieu où l’on passe en moyenne 35 heures par semaine. Là où c’est plus compliqué, c’est lorsque nous sommes face à nos émotions : être en colère, triste, déçue… Difficile de laisser de côté certains problèmes du quotidien, qui peuvent aussi renvoyer une image “négative” de nous-même. Dans le cadre du travail, on a envie de donner la meilleure image et « la meilleure version » de nous, de gommer ces imperfections qui font pourtant souvent notre singularité. Loin des recettes miracles et des propos moralisateurs, il faut peut-être tout simplement se laisser du temps, l’authenticité arrive généralement peu à peu lorsque l’on a eu les preuves de la confiance que l’on pouvait accorder à l’autre.

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