Black Mirror : bienvenue dans le futur (ou le présent ?)

Dictature des réseaux sociaux, réalité virtuelle plutôt que vie réelle, conditionnement mental, voyeurisme du spectacle médiatique, aliénation de la reconnaissance, dictature de l’évaluation… Black Mirror, la série Britannique de Charlie Brooker, met en exergue ces problématiques sous la forme de plusieurs contes glacials 3.0. Loin de proposer un schéma classique dans laquelle l’humanité lutterait pour sa survie face à des machines souhaitant son extinction comme ce fut le cas dans la saga Terminator, Black Mirror propose une plongée dans une dystopie futuriste où nous sommes asservis par la technologie.
L’ère du voyeurisme
Charlie Brooker, pointe ainsi du doigt le comportement que nous adoptons derrière nos écrans. Grâce à la technologie, nous avons désormais la possibilité d’épier et d’avoir accès à une quantité d’informations quasi illimitées qui n’étaient jusqu’alors pas visibles. La technologie accentuerait nos bas instincts, notre nature de voyeur, compte tenu de l’anonymat (relatif) dont nous jouissons, cachés derrière l’écran.
Dans l’épisode 15 Million Merits, le spectateur est plongé dans un univers en vase-clos dans lequel chaque individu reste cantonné à son vélo, unique moyen de gagner des crédits nécessaires à l’achat des biens virtuels. La seule façon de sortir de ce système aseptisé est de participer à un concours de talents télévisé. Ce système pervers repose ainsi sur les téléspectateurs, complices par leur passivité. La lunette que nous tend Charlie Brooker, laisse entrevoir un univers superficiel où plus rien n’est réel.

Mise en garde absurde des détracteurs de la technologie diront les uns. Craintes surfaites des technophobes avanceront les autres. Peut-être.
Quoi qu’il en soit, la sempiternelle rengaine « de la fiction à la réalité il n’y a qu’un pas » n’a peut-être jamais été aussi vraie. La mise en abyme avec notre société dans laquelle le pouvoir d’internet et des smartphones, donne de l’allant au voyeurisme, quitte à ce que les autres en pâtissent, peut prêter à sourire. Nous ne devenons pas sociopathes en utilisant un smartphone ou en voguant sur le net. Certes.
Il n’empêche que certains exemples sont matières à réflexion. C’est en effet en Corée du Sud, pays à la pointe de la technologie, avec environ 90% de ses 50 millions d’habitants équipés de smartphones (taux d’usagés le plus élevé du monde), qu’éclate la criminalité « Molka ». Dans cette société patriarcale, les smartphones prennent un usage insolite, consistant à regarder sous les jupes des femmes dans des lieux publics, que ce soit à leur bureau, dans des escalators de métro ou partout ailleurs pourvu que leur intimité puisse être capturée par un écran. Ces images se retrouvent souvent sur de nombreux sites dédiés à la « Molka ».
Loin d’être un fait divers isolé, œuvre d’un Tortue Génial connecté, pas un jour ne passe sans que les médias n’évoquent ces délits de pervers digitaux. Le phénomène a pris une telle ampleur que les fabricants de smartphones Sud-Coréen se voient contraints de sonoriser les caméras de leurs appareils afin qu’un bruit sois émis lors de la prise d’une photo. L’objectif étant de punir ceux qui alimentent la criminalité Molka. Phénomène presque burlesque, il n’en reste pas moins qu’instincts primaires et technologies ne font parfois pas bon ménage.
Si les smartphones donnent la possibilité de violer l’intimité féminine, certaines applications réduisent l’être humain à une altérité non désirable. Au pays d’Albion, il est possible de se connecter aux caméras de surveillance pour dénoncer les voleurs grâce, ou plutôt à cause de l’Internet Eye. Au Pays de Donald Trump, 4 000 caméras ont été installées au niveau de la frontière mexicaine pour balancer ceux qui essaient de vivre le rêve Américain. Un concept digne de la délation, rejetant toute possibilité d’accéder à l’autre et de comprendre ces motivations. En niant le facteur humain, on cherche à se protéger de l’autre, qui est perçu comme un envahisseur.

Ces faits, bien que relevant d’une dérive d’utilisation, justifient néanmoins que Black Mirror, loin d’incarner un futur irréel, souligne les travers de nos sociétés modernes, assoiffées de technologie. L’écran, nous donnerait la possibilité de goûter au fruit défendu sans se faire prendre. La possibilité de voir ce qui n’est pas censé l’être, dans un anonymat des plus total, renforcerait notre capacité de nuisance.
Dans la scène finale de l’épisode 15 Million Merits évoqué précédemment, on assiste à une séquence où la foule se compose en partie de voyeurs, qui se délectent de voir pleurer un des personnages filmés à une émission de téléréalité, il ne s’agit pour eux que d’un spectacle dépersonnifié. Il cautionne de fait, un système toxique pour ceux qui le constituent, sous couvert de satisfaire leur penchant de voyeurs.
La fin du libre arbitre ?
Malgré des épisodes indépendants aux genres et aux univers variés, les personnages sont toujours confrontés à des dilemmes brutaux, mettant à nu notre propre humanité où la complexité de notre rapport aux nouvelles technologies met en péril jusqu’à notre propre libre arbitre.

Jean-Michel Besnier auteur de L’homme simplifié. Le syndrome de la touche étoile (Paris, Fayard, 2012), part d’un constat inquiétant : nous assistons à l’avènement de technologies transformant l’être humain, mais il n’y a pas de remise en cause des technologies de la convergence, celles qui nous remodèlent. Et si, protestation il y a, comme c’est le cas avec la bombe atomique, cela impute principalement au fait qu’il s’agit là d’une technologie lourde. Tout ce qui est techniquement proposé serait accepté sans remise en question.
La question devient alors : pourquoi ne peut-on s’en empêcher ?
Dans Black Mirror, le propos n’est pas tant la dénonciation de la technologie, l’omniprésence des écrans qu’une tentative pour expliquer comment nous nous imposerons de nous-mêmes un certain mode de pensée. Une humanité bridée, incapable de choisir par elle-même. Le sujet central reste l’humain. C’est lui-même qui fait de sa volonté un deuxième choix face à la pléiade d’objets technologiques qui s’offre à lui. La volonté ne disparaît pas en tant que telle mais se noie dans l’océan technologique qui s’offre à nous.
C’est le sujet du troisième épisode de la première saison, The Entire History of You, dans lequel, le héros, Liam grâce, ou plutôt à cause de la puce que chacun a dans son cerveau, se repasse ses souvenirs de la soirée précédente sur sa télévision, persuadé que sa femme le trompe ou l’a trompé avec cet ami avec lequel ils ont dîné plus tôt. Il repasse le film de sa mémoire, le montre à sa femme et force cette dernière à lui montrer les siens. Liam ne peut s’empêcher de regarder bien que ce qu’il voit le fait souffrir et qu’il n’a pas besoin de ces images pour confirmer son jugement. Parce que, si ce qu’offre la technologie, ce sont des possibilités, non des besoins, il semble cependant tragiquement impossible à l’homme de refuser ces possibilités, bénéfiques ou néfastes. Reléguée au second rang face à la technologie, notre capacité d’interprétation tomberait en poussière.
C’est dans ce sens que Jean-Michel Besnier critique le développement technologique contemporain et l’emprise grandissante du machinisme sur nos vies. Selon lui, la complexification de nos moyens techniques et de notre organisation sociale engendre en retour une vision simpliste de l’être humain, réduit à une machine parmi d’autres.
“Telle est la situation que L’homme simplifié : le syndrome de la touche étoile voudrait comprendre : l’aberration consistant à déléguer sans limites aux machines le soin de régler nos relations et nos rapports avec le monde ; l’absurdité consistant à se laisser administrer comme de simples choses, par des automates qui n’ont besoin de solliciter en nous que l’élémentaire et l’abstrait” . Jean-Michel Besnier
Les moyens technologiques mis à disposition pour assouvir certains de nos désirs tendent à remplacer des facultés qui, naturellement, nous sont propres, comme par exemple la capacité de mémorisation. Une dépendance naît du recours systématique à la technologie qui donne naissance, dans Black Mirror, à un monde où l’homme n’est lui-même qu’un vecteur de cette technologie qui finit par le dépasser. Cette tare sévit déjà dans les pays développés, avec par exemple l’Effet Google qui consiste à organiser l’information selon les caractéristiques d’un moteur de recherche, plutôt que de retenir l’information elle-même, ou encore l’amnésie numérique renvoyant à ces données que nous oublions à force de les stocker dans nos smartphones, que ce soit des numéros ou des noms.
Besnier cloue au pilori « l’homme simplifié » que nous consentons à devenir, au gré des conceptions scientifiques et des innovations techniques. Black Mirror montre en ce sens, et de manière assez magistrale, un mouvement, une dérive quasi-imperceptible, peut-être illusoire, peut-être réelle, dans nos modes de vie intérieure. Porter un jugement éclairé et agir en conséquence deviendrait de plus en plus difficile à mesure qu’on sera, de plus en plus, abreuvé d’informations et dépendants d’elles.
L’uniformisation de l’homme comme danger
Dans l’introduction d’un court article, le journaliste Xavier de La Porte résume l’ambivalence de cette situation en une phrase : « Les technologies vont-elles faire de nous des surhommes immortels ou des légumes assistés par ordinateur ? » Si la question peut paraître rhétorique la question a le mérite de démarquer cette ligne que nous ne devons pas franchir. Besnier apporte un début de réponse quand il dénonce de manière virulente (et le mot est faible) l’omniprésence quotidienne de la technique qu’il décrit comme envahissante : elle ne nous sert plus, elle nous asservit. Loin de tendre vers cette idée de superhumain, elle nous oblige à nous dévêtir de notre humanité pour adopter un comportement digne de celui d’une machine :
“Supposons que nous intégrions les automatismes que la machine requiert — comme nous le faisons dans le contexte de la conduite automobile -nous serions alors totalement désinhibés et disposés à suivre aveuglément les instructions qu’elle nous dicte. Nous nous comporterions avec elle comme une autre machine dépourvue de réflexion, seulement capable de s’ajuster à l’embrouillamini des rouages qui menacent, quand nous y pensons, de nous paralyser. C’est cela que cherchent à obtenir nos machines : la désinhibition des comportements, l’immédiateté des réactions, la simplicité de l’interaction.” Jean-Michel Besnier
Comme nous l’avons précisé, le débat dans Black Mirror ne tourne pas tant sur une opposition duale homme-machine, qu’autour de l’usage que nous faisons des technologies qui nous déshumanisent. Elle tend à l’uniformisation, à la reproduction du même, donc à la négation de l’autre. Si les dispositifs techniques nous permettent d’accroître quantitativement nos capacités d’interaction avec nos semblables, ils sont aussi des vecteurs de standardisation comme l’affirme Colin T.Schmidt. Une homogénéisation s’avérerait dangereuse dans le sens où cela signifie généralement mettre à l’écart les brebis galeuses présentant des signes de différences. Le parallèle avec la mise au banc des « assistés » dans notre société régie par la norme du CDI est vite fait…
L’humain au centre de la technologie
Dans Black Mirror, la balance penche clairement du côté du pessimisme, c’est un fait. Peut-être est-ce un parti pris pour donner davantage de force à ses propos. A moins que la série assume pleinement sa technophobie. Il ne faut cependant pas oublier qu’elle n’est pas présentée comme coupable des mauvaises actions des protagonistes. Elle agit simplement comme un filtre révélateur de l’espèce humaine tel un anneau de Gycès faisant ressortir notre part d’ombre. Loin de la condamnation, la série porte une critique acerbe de l’humanité occidentale, riche et confortable, mais en observant systématiquement une distance par rapport à son sujet.
Kim Vicente, auteur de l’ouvrage Cognitive Work Analysis soutient « qu’elles doivent tenir compte de la complexité des problèmes dont la solution requiert des responsables ayant un large éventail de connaissances solides dans des domaines variés. L’enjeu étant d’avoir une approche techno-humaine pour prendre en considération les différentes facettes du problème ». Pour lui, il faut jeter des ponts entre les techno-sciences et les sciences humaines pour limiter les effets néfastes des technologies.
Nous ne sommes pas condamnés au futur glacial que nous prédit Black Mirror tel un destin tragique à la Icare. C’est la complexité humaine que nous devons mettre en avant, l’acceptation que l’homme n’est pas un acteur rationnel à même de tirer le meilleur parti de chaque innovation. « Placer le facteur humain au cœur de leur démarche (…) la clé d’une belle réussite technologique n’est pas la technologie elle-même, mais son harmonisation avec ceux qu’elle est censée aider » comme il nous le rappelle.
C’est également le message de la dernière scène de Nosedive, premier épisode de la saison 3. Le personnage de Bety, jeune femme fragile, tente tant bien que mal de s’insérer dans une société basée sur les critères de notations via téléphone portable (système presque semblable à ceux utilisés dans des sociétes comme BlaBlaCar ou encore Uber). Durant tout l’épisode, un filtre recouvre l’image alors parfaite visuellement, comme cette société où tout n’est que superficialité. C’est paradoxalement au moment où l’image s’obscurcit quand Bety est jetée en prison, qu’elle retrouve sa liberté : le besoin, le paraître volent alors en éclat. C’est donc après avoir tout perdu que Bety peut enfin retrouver sa liberté, et par là même se réapproprier son humanité, dans un échange d’insultes salvateur. Beau message d’espoir. Baignée dans une matrice technologique sur laquelle elle s’illusionne, Bety est malgré tout capable de revendiquer son statut d’être humain dont la complexité échappe à la logique implacable du système de notation.

La pensée de Besnier fait écho aux propos développés dans l’épisode
« Cette servitude volontaire appelle une révolte d’un nouveau style, que seule attiserait encore la littérature : celle de l’homme revendiquant sa complexité et son intériorité comme le signe de sa liberté. »
Ce n’est pas la technologie qui nous rend esclave mais notre propre volonté de s’y soumettre : Bety a perdu de son humanité en voulant se conformer à un système malsain où les relations sont déformées par l’abus technologique ; au contraire, son frère plus détaché apparaît plus libre, preuve qu’il est toujours possible de revendiquer son humanité.
Black Mirror s’attaque directement à notre identité schizophrénique : elle séduit le technophile qui sommeil en nous en laissant entrevoir l’étendue des progrès techniques, mais ravive aussitôt le technophobe qui frémit en voyant ses dégâts potentiels sur l’homme.
Vers une réappropriation intellectuelle de la technologie
L’intention de Black Mirror n’est pas de critiquer l’avancée technologique, qui n’est pas perçue comme intrinsèquement mauvaise. Les progrès peuvent améliorer la condition humaine. Si le mythe de Prométhée incarne l’hybris, la puissance aveugle de l’homme, il correspond aussi à l’épisode qui lui a permis de s’élever de sa condition de faible créature pour survivre dans une nature hostile.
De même, il serait faux de dire que nous ne manifestons aucun enthousiasme pour les technologies qui nous sont présentées dans certains épisodes. D’abord, les innovations apparaissent comme un progrès en soi, d’autant plus qu’elles prennent place dans une société similaire à la nôtre, ce qui nous permet d’emblée de mesurer l’importance du technology gap franchit. Puis, l’idylle entre l’homme et son bébé technologique tourne au cauchemar. L’utilisation qu’en fait l’homme le détourne de ses potentiels usages bénéfiques. Black Mirror nous immerge dans un monde métamorphosé par le concept de singularitédéveloppé par Ray Kurzweil, dans son livre Humanité 2.0, qui correspond à un saut technologique tellement phénoménal, que la société entière se trouve entièrement bouleversée. Sauf que les sociétés présentées dans la série n’ont pas su gérer ces mutations.
Sommes-nous pour autant condamnés à une société à la Black Mirror, où chaque découverte technologique fera l’objet d’une dérive nous conduisant droit dans le mur ?
Céder à la peur d’un monde qui va trop vite, où le volant nous échappe des mains est légitime. Mais nier l’apport technologique serait indubitablement une grave erreur. On peut prendre l’exemple parlant du domaine médical, au sein duquel le développement d’algorithmes permettant de mettre en commun les savoirs médicaux des universités et des bibliothèques du monde entier donnerait la possibilité de lutter plus efficacement contre la grande faucheuse. Si cette idée choquera les plus malthusiens, l’accès à une médecine moderne peut difficilement être remis en cause, du moins quant à son efficacité pour traiter les maladies. De même, ingurgiter des nanorobots faisant office de scanner corporel capables de détecter la moindre cellule cancéreuse longtemps à l’avance représenterait un bond en avant salvateur. La biotechnlogie est d’ailleurs déjà à l’œuvre sur le marché de la santé.
La question essentielle aujourd’hui consiste à savoir si nous serons capables de pleinement faire usage des découvertes de demain ?
Renoncer au progrès par crainte du futur serait indubitablement une erreur dont nous ne devons pas nous rendre coupables. Il faudrait développer une critique constructive de la technologie pour nous l’approprier pleinement. Or, il s’avère que les débats sont trop souvent le fait d’une élite quelque peu technophobe.
C’est en tout cas ce qu’indique le rapport de la journaliste Sara Watson qui a coordonné pour le Tow Center for Digital Journalism, le centre de recherche de l’Ecole de journalisme de Columbia, un rapport sur la critique de la technologie et sur ses composantes. D’après elle, la critique technologique relève avant tout d’une poignée d’intellectuels, dont l’avis prévaut sur celui des associations et des minorités. Leur parole fait autorité. Ou du moins ce serait celle que l’on retiendrait. Or, cette critique serait trop souvent restrictive, cantonné au champ de l’opposition systématique au progrès technologique sans prendre en compte le contexte, et entrerait en opposition avec une critique plus modérée, cherchant à concilier innovations et contrôles. Ceux qui cherchent à proposer des mesures de correction ou d’amélioration nécessaires pour vivre et jouir de la technologie seraient relégués au second rang du débat public au profit d’experts plus méfiants à son égard. Réaction peut-être plus hype dans un monde où la technologie s’inscrit non plus comme une perspective mais comme un contexte.
La journaliste déplore le fait que les déclarations des technocritiques soient trop souvent radicales quant aux effets potentiels des technologies. Or, dans notre société, nous avons plus que jamais besoin d’une critique constructive, capable d’apprécier la place de la technologie dans nos vies, ainsi que d’adopter une posture critique sur ses valeurs, son influence.
“Cela devrait nous permettre d’échafauder une critique technologique constructive. La critique ne peut pas être nihiliste, pessimiste ou en opposition, mais généreuse et curieuse ” Sarah Watson
Si sa pensée invite à l’optimisme, il ne faut cependant écarter aucunes options.
Pour le théoricien de la littérature Northrop Frye, la critique construit « une vision de la société dans laquelle nous voulons vivre ». Afin que cette vision soit la meilleure possible, nous devons nous garder d’un optimisme débridé tout autant que d’un pessimisme démesuré. Pour ne pas sombrer dans une course à l’innovation que nous ne maîtrisons plus, et pour ne pas nous priver d’avancées capables d’apporter du progrès dans de nombreux domaines. L’urgence d’une réflexion éthique sur ces sujets est palpable car, bien entendu, les craintes sont à la hauteur des espoirs.