Restons Eveillés #7 : Dictature du bonheur, surpopulation et féminisme mis à mal.

Ca fait un petit moment qu’on n’a pas publié de Restons Éveillés ! C’est pas l’envie qui manquait, plutôt le temps mais bref, en essayant d’être un peu plus organisée, j’espère réussir à trouver un rythme de publication convenable. Donc nous voici avec le 7ème volet de notre veille éthique et engagée. Au programme d’aujourd’hui : dictature du bonheur, surpopulation et clichés qui nous collent à la peau. Des sujets d’actualité qui portent à la fois sur le développement personnel, l’écologie et le féminisme. Bref, des grans thèmes qui m’intéressent toujours beaucoup et qui, j’espère vous intéresseront aussi et vous feront réagir. Vous êtes prêt ?

Numerama — Plan Coeur sur Netflix : méritait-on encore les pire clichés des années 1990 ?

Extrait :

Plan Cœur a pris les défauts de sa lointaine ancêtre Sex and the City (sortie en 1998, rappelons-le) en délaissant ce qui faisait son charme : la libération de la parole des femmes, l’amitié comme vecteur d’émancipation, la critique affirmée de la gent masculine pourtant si convoitée. À l’inverse, la série de Netflix est uniquement dans la confrontation féminine : les héroïnes se déchirent, tandis que les hommes se tapent dans le dos, boivent des coups et se pardonnent tout — le personnage de Maxime, pourtant infect, n’est ainsi jamais critiqué par ses pairs.
On aurait aimé, en 2018, arrêter de penser au test de Bechdel. Ce petit questionnaire inventé par une autrice féministe permet, en posant trois questions simples, d’observer la manière dont sont traités les personnages féminins dans une fiction. Or malgré le postulat de Plan Cœur (trois femmes fortes soudées), trouver une seule scène dans laquelle plusieurs femmes parlent entre elles, d’un sujet sans rapport avec un homme, relève du défi.
À l’heure où se multiplient les discours féministes et les séries qui osent se construire en-dehors des carcans patriarcaux (I Love Dick, Killing Eve), une telle aversion à s’émanciper des stéréotypes ne peut être vu que comme un refus de s’intéresser aux mouvements de son époque. Seule Charlotte finira par monter un projet professionnel à elle — mais elle sera évidemment poussée par son mec, dont elle a besoin pour prendre confiance en elle.”

C’est sur Instagram, le jour de son lancement, que j’ai entendu parlé de Plan Coeur? Cette nouvelle série française disponible sur Netflix a largement été mise en avant par le réseau Madmoizelle (que je n’arrive toujours pas à savoir si j’aime ou pas). Juste après le lancement, j’ai vu la story de Dora Moutot (que j’adore, pour le coup) qui critiquait ouvertement le scénario de la série. Un peu comme le fait cet article de Numerama. Pour être honnête, je n’ai pas cherché à regarder la série, pour la bonne et simple raison que je n’ai pas Netflix. Cependant, je trouve que cet article permet de se faire assez vite une idée de ce qui cloche avec le scénar’ : est-ce que pour une fois, les femmes pourraient être femme sans l’être à travers les hommes ? Vous l’aurez compris, a priori, pour le féminisme on repassera.

Avez-vous vu la série ? Qu’en pensez-vous ? êtes-vous d’accord avec cet article ?

=> Lire Plan Coeur sur Netflix : méritait-on encore les pires clichés des années 1990 ?

féminisme
Photo by Godisable Jacob from Pexels

France Inter — Le moment Meurice : Etes-vous féministe ?

Je vous partage là la vidéo de la chronique de Guillaume Meurice sur Inter. Chaque jour, l’humoriste propose un micro-trottoir en rapport avec l’actualité. La chronique en question date du 27 novembre 2018, peu de temps après la manif #Noustoutes contre les violences faites aux femmes. Je vous préviens, si, comme moi, vous êtes féministe convaincu.e, ce micro trottoir va vous faire monter des angoisses. Typiquement, les discours mis en avant par Guillaume Meurice (et contrecarrer par un humour fin), soulignent la profondeur du sexisme ordinaire en France. Le féminisme est encore et toujours vu comme un combat d’hystériques qu’on n’en a marre d’entendre gueuler. En gros. Cette chronique est aussi là pour nous rappeler que le sexisme ne touche pas que les hommes et que les femmes aussi sont sexistes. Si vous me lisez et que vous ne vous revendiquez pas comme féministe, je vous suggère vraiment de regarder la vidéo : qu’en pensez-vous ?

Slate — Le développement personnel est-il l’arnaque du siècle ?

Extrait :

“Par leur effet de masse, ces produits «contribuent […] à faire de la poursuite du bonheur un style de vie, une manière d’être et de faire, une mentalité à part entière […]». Ils renouvellent les modes de consommation et réorientent les attentes des consommateurs et consommatrices vers des bénéfices psychologiques et émotionnels plutôt que purement matériels et statutaires.
«Ce qui meut aujourd’hui le consommateur, écrivent les sociologues, ce qui le pousse à consommer toujours plus, c’est moins le désir de s’élever socialement que celui de se gouverner efficacement, c’est-à-dire de réguler sa vie émotionnelle.»
Ce tournant émotionnel est plus qu’un simple recentrage sur la vie intérieure aux dépens de la compétition sociale. Dans la bouche de celles et ceux qui les élaborent et les commercialisent, les emodities seraient devenus les outils les plus efficaces de réussite ou, plus modestement, les soutiens indispensables pour se maintenir à flot dans un contexte socioéconomique dégradé, imprévisible, menaçant et terriblement anxiogène.
La thèse d’Happycratie est que les marchandises émotionnelles sont effectivement celles dont la philosophie sous-jacente possède le plus d’affinités avec les nouvelles exigences de flexibilité qui caractérisent le monde du travail et la vie en société.

Dans cet article assez technique, Slate parle de la dictature du bonheur à travers un ouvrage paru cet été : Happycratie co-écrit par Eva Illouz et Edgar Cabanas. Les deux sociologues se sont penchés sur la question du business autour du développement personnel. C’est vrai que c’est très à la mode depuis quelques années. Tout le monde veut “libérer son plein potentiel”, “trouver sa mission de vie” et partir à la recherche de sa propre vérité. Mais, derrière ces expressions de gourous, que se cache-t-il vraiment ? Sans répondre à cette question (il faudra lire l’ouvrage pour cela), Slate nous fait néanmoins prendre du recul sur le développement personnel qui semble alors, ni plus ni moins, être une série d’injonction au bonheur et une autre idée de business bien juteux.

Lire “Le développement personnel est-il l’arnaque” du siècle sur Slate

dictature du bonheur
Photo on Pexels

Mr Mondialisation — Allons nous être écrasé par la surpopulation ?

Extrait :

“Une vague humaine nourrie au soleil vert ? Des hordes d’âmes en peine cherchant à se nourrir ? Sommes nous voués à subir cette vision pessimiste et apocalyptique de l’avenir ? La surpopulation frappe-t-elle à nos portes ? Devrons-nous bientôt barricader nos portes et fenêtres ? Dans cette article co-écrit en 2014 par Elina St-Onge et Mr Mondialisation, nous proposons de démystifier une croyance fortement rependue : la surpopulation est responsable de la misère dans le monde.”

Ce dernier article au sujet de la surpopulation fait écho à ma dernière publication fait écho à ma dernière publication “Soyons écolos : arrêtons de faire des enfants ! Ou pas” . L’article n’est pas tout jeune, il date de 2014, mais la thématique reste toujours d’actualité. Au delà de l’argument écologique, que répondre à celles et ceux qui considèrent que faire des enfants est mal parce que nous sommes déjà trop nombreux ? Ici, Mr Mondialisation s’attache à démonter les arguments contre la surpopulation. En parlant de la gestions des terres agricoles, de l’espace disponible sur Terre et de la nourriture, le magazine écologiste en ligne nous explique pourquoi la surpopulation n’est pas un problème et n’est pas responsable de la misère dans le monde. Une remise au clair qui fait du bien et qui nous rappelle à quel point les problèmes ne sont pas forcément là où nous le pensons.

Lire “Allons-nous être écrasé par la surpopulation” sur Mr Mondialisation

surpopulation

Si ces articles vous font réagir, n’hésitez pas à laisser un commentaire pour qu’on en discute ensemble ! A bientôt.


Originally published at Pineapple Storm.