Saudade

Je me revois lui dire «Je ne veux rien d’autre que toi pour Noël, mamie, je me fiche du reste». Mais elle savait qu’elle ne serait plus là. Elle était déjà très amaigrie avec le teint jaune… Malgré la maladie, je la trouvais belle. Elle avait un physique d’actrice, ma grand-mère, une Grace Kelly, port digne, yeux verts, chevelure aux reflets dorés, il fallait voir les hommes lui courir après ! En écrivant, je comprends pourquoi je considère que seules les blondes aux yeux clairs sont de belles femmes. Je comprends pourquoi je trouve absurde qu’on me trouve belle, je ne corresponds tout simplement pas à MA définition de la beauté (et ce n’est pas bien grave parce que je m’aime quand même !). À propos d’amour, j’ai pris une décision : je vais m’épouser ! Je me suis demandée ma main et j’ai dit «oui» ! Il ne me reste plus qu’à acheter une alliance (c’est en cours) et enfiler une jolie robe, je pensais à une robe noire un peu décolletée, en blanc je ressemble à une Kardashian version low cost, c’est pas possible. La cérémonie sera très intime puisqu’il n’y aura que les chats et moi.

Décembre est à portée de main, j’ai passé une partie de la journée à finir mes cadeaux, à espérer qu’ils vont plaire, qu’ils ne seront pas futiles ni inutiles. J’aime offrir des cadeaux, cuisiner des petits gâteaux pour ceux que j’aime, mettre les petits plats dans les grands. J’ai offert deux os à moelle aux chiens du Sdf en bas de chez moi, ils étaient si heureux ! Je n’avais que deux euros pour leur maître mais lui aussi était bien content.

Décembre sera mon meilleur mois de l’année puis je pourrais enfin dire adieu à 2018, je vais enfin pouvoir clore des chapitres et en ouvrir d’autres. Je sens que c’est ce qui se passe, comme laisser une peau derrière soi et en créer une autre bien plus solide, résistante. J’avance aveuglément avec entrain. Je ne contrôle rien ou si peu et je l’accepte, c’est nouveau pour moi, en gros je fais ce qu’il faut faire, pour le reste, je m’en remets à l’Univers.

J’ai écouté Saudade, cette si belle chanson d’Etienne Daho, toute la journée ou presque, en me rappelant ce clip très doux avec les grenouilles. « Tu m’enseignes le langage des yeux, je reste sans voix». «Aller au bout de toi et de moi, vaincre la peur du vide». «Je sombrerai avec toi». Ça donne envie de vivre des choses. Mais je continue de m’entêter à refuser la médiocrité, à être en recherche d’absolu. Personne ne me fera changer d’avis, et pourtant ce serait si simple de rappeler n’importe quel gode vivant dans mes contacts. Mais je mérite mieux que ça et eux aussi (quoi qu’ils en disent).