3 QUESTIONS A SYLVIE THROMAS, DIRECTRICE DU PROGRAMME DE FORMATION DE L’INSTITUT VEDECOM

L’Institut de recherche VEDECOM (VEhicule DEcarboné et COmmunicant et de sa Mobilité) se mobilise auprès des territoires pour faire avancer le sujet de la mobilité durable et révolutionner les usages au sein de l’espace urbain. Sylvie Thromas, directrice du programme de formation de l’Institut, nous présente le travail ambitieux de ce partenaire engagé du Campus.
1. Comment l’institut VEDECOM aborde-t-il la question du véhicule autonome et sur quels chantiers travaille-t-il ?
VEDECOM est un institut de recherche public-privé créé en 2014 dédié à la mobilité durable. Sa vocation est de développer des technologies en rupture, de les expérimenter et de déployer des systèmes viables, sécurisés, utiles et adaptés aux besoins des citoyens. Ses trois domaines de recherche sont l’électrification des véhicules, la délégation de conduite et connectivité et enfin la mobilité et l’énergie partagées.
L’Institut travaille sur de nombreux chantiers, comme l’optimisation des systèmes de recharge pour les machines électriques, la fiabilité des fonctions de perception et de cartographie pour les véhicules autonomes, ou encore la détection de l’intention de traverser des piétons. Il reste des verrous techniques à lever pour permettre la mise en service de véhicules autonomes de niveau 5 sur les routes et nous y travaillons. Au-delà de l’objet, le défi consiste aussi à imaginer les services associés à ces objets : pour quels usages et dans quels territoires seront-ils adaptés ?
2. Comment le véhicule autonome va-t-il justement bouleverser les territoires ?
Il est difficile de faire de la prospective car ce sont nos usages des nouveaux objets de mobilité qui façonneront notre environnement. Il ne s’agit pas simplement de donner accès à un véhicule autonome qui servirait de façon individuelle à une minorité de personnes sans résoudre les problèmes de congestion, de développement durable ni d’équité d’accès à la mobilité, mais de faire évoluer ensemble l’espace urbain grâce à la mobilité partagée et pour tous : robots-taxis partagés, covoiturage, mobilités douces, navettes autonomes pour désenclaver certains territoires, etc. Cela n’ira pas sans un minimum de régulation et la mise en place de services spécifiques. Les pouvoirs publics ont évidemment un rôle important à jouer à ce titre.
3. Comment et auprès de qui l’Institut participe-t-il à cette réflexion ?
Nous sommes au service des territoires pour expérimenter des solutions dans différents cas d’usages. À Versailles par exemple, VEDECOM coordonne le projet européen AUTOPILOT qui permettra de lancer un service de partage de Twizy autonomes dans le Parc du Château et dont les premiers essais sont en cours. Autre exemple : l’agglomération de Rambouillet teste un service de navette autonome de rabattement vers un centre commercial, dans une zone peu dense aujourd’hui mal desservie. Les citoyens sont associés à ces expérimentations et nous allons voir si cela leur convient ! Ces expérimentations permettent d’améliorer les technologies, d’identifier ce qui peut être amélioré et pour le territoire, c’est l’occasion de mieux saisir les besoins des usagers, le niveau de service attendu, les systèmes de paiement, etc. À terme, nous verrons si les propositions sont utiles… et peuvent devenir pérennes !
En parallèle, VEDECOM propose des formations. L’objectif est double : faire progresser les concepteurs sur les techniques et les sensibiliser à leurs usages, et aussi permettre aux décideurs et utilisateurs d’appréhender les enjeux des différentes solutions de mobilités, et de leur intégration à bon escient. Pour les agents et décideurs des territoires, il est essentiel de comprendre les techniques, leurs coûts, leur niveau de maturité et les possibilités de services qu’elles offrent avant d’engager une expérimentation. VEDECOM partage aussi son retour d’expérience sur les travaux en cours menés en propre ou avec ses partenaires. À la fin de l’année, ce seront 300 personnes qui auront été formées sur ces sujets.
