Quel con !

Je plonge ma main dans le sac poubelle transparent, afin d’extraire un pain au chocolat au tiers entamé. Je le croque alors que de précieuses miettes s’éparpillent. Tant pis. Les gens qui m’entourent sur ce quai m’indiffèrent autant qu’ils m’ignorent. Pour moi, résidant de la rue, ce sont tous des idiots, sauf ce pédant précieux au chapeau qui m’observe avec dédain. Lui est con.

Le lendemain, j’y suis encore. De mieux en mieux. Un pain au chocolat dans un emballage papier, même pas entamé. Les gens sont sots. Mais ce prétentieux qui encore me toise, il est con.

3 jours de suite qu’un pain au chocolat se trouve dans cette poubelle. Les gens ne me surprennent pas, comme ils ne le sont pas de me voir fouiller les ordures pour manger. Sauf l’autre au chapeau. Je vais lui péter les dents, qu’il grimace pour quelque chose. « Eh ! Gros con ! C’est jouissif pour toi de me mater. Fais comme si j’avais un droit d’image, et dégages ! »

Bah tiens, ça ne pouvait pas durer. Il n’y a plus de pain au chocolat ce matin. Mais chance, l’autre au chapeau, il n’est plus là non plus.

William LECOMTE