CONCEPT SÉMANTIQUE DE L’HYPERBOLEZÈRE

L’hyperbolezère est une figure de style proche de l’hyperbole qui a pour effet de street crédibiliser l’expression d’une idée en la marquant d’un suffixe (zer/zère) en guise d’exagération exclamative. Contrairement aux figures de style classiques, son emploie relève d’une opération grammaticale et répond à des règles bien précises. Penchons nous si vous le voulez bien, sur les caractéristiques sémantiques de cette figure de style à travers son histoire.

Mise en situation :

« Etre posey au calmezer »

Nota bene : Dans ce cas de figure le préfixe –zer se prononce « z è r e ».

Une appelation d’origine streectement contrôlée.

Pour certains théoriciens et autres surligneurs de punchlines, le suffixe “‘zer” était (jadis) ajouté aux surnoms pour leurs donner du style. Ce suffixe serait né à Grigny dans l’Essonne (91). Son origine remontrait à la logobi mania (une sorte d’afro-tecktonik des blacks pour les passionnés de géologie que vous êtes sans doute) dont l’étymologie renverrait à la dernière syllabe du mot « misère » comme il l’est communément admis dans la street.

Aujourd’hui, difficile de ne pas associer ce suffixe aux lyrics sulfureuses du rappeur boulonnais expatrié à Miamaille (écoutez pour preuve le titre « Parlons peu » extrait de l’album Futur 2.0). Seulement, le DUC confère à l’expression un tout autre entendement sémantique ( notamment sur le titre « zer » tiré de Nero Nemessis en featuring avec Siboy & Benash dont voici l’audio).

Ici, il est question d’une devise monétaire. Elle ne fait référence à aucune monnaie en particulier mais à la monnaie en général (puisque rappelons que le DUC est à la tête d’une activité mondialisée qui brasse aussi bien la masse de gros Dollars Ü.S que des liasses d’Euros par centaine de milliers). Cette tournure tribale matérialise un gen-ar brassé salement (ou non) par les mecs de tess dont l’ascenseur social ne prédestinait pas à l’ascension.

Interprétation

L’hyberbolezère renvoie en ce sens aux deux concepts que nous venons de décrypter. Elle renvoie effectivement à la notion de misère économique et social dans laquelle baignerait le sujet parlant. Mais lorsqu’un individu accentue son discours d’une telle figure de style en revendiquant (fièrement?) son origine sociale, il affiche par la même occasion à son interlocuteur un comportement de dur à cuire qui informe ce dernier sur son intention saillante de brasser un maximum de thunes et de baiser un maximum de biatch. Cette soif de réussite dont fait preuve le sujet parlant (malgré son statut social dont il a pleinement conscience) vas à l’encontre de la théorie Durkheimienne sur le phénomène sociologique d’immobilisme social intergénérationnel.

Le ton que confère l’hyberbolezère au discours n’est pas sans rappeler l’état d’esprit de Tony Montana(figure cultisme de la réusstreet) qui, dans le film de Brian De Palma, s’étonnait de constater : « J’ai des mains faites pour l’or et elles sont dans la merde ». En ce sens la signification sémantique de l’hyperbolezère s’oppose à la notions de déterminisme et de reproduction sociale que BOOBA n’a cessé de remettre en question tout au long de sa carrière (« Tu peux t’en sortir j’en suis la preuve » extrait du morceau « Tonny Soza » ou encore « Aucune cité n’a de barreaux » extrait de « Game Over« ).

Attention cela dit à ne pas confondre l’hyperbolezère avec le procédé de codage argotique utilisant une phonologie parasitaire « zer ».

« En direct du Vaisseau Mèzère »

BOOBA, Futur 2.0, « Parlons Peu ».

Ce procédés de codage argotique est construit sur la même logique syntaxique que le javanais, la langue de feu ou encore le « Zalaza Sta » (initié déjà à l’époque par Bédeuzo, Mala et Issaka sur Panthéon en 2004 dans « Commis d’office » et « Pazalaza pour sazamuser»).

Pour conclure

Cette figure de style se caractérise donc par marque syntaxique anti fataliste qui invite à réfléchir sur ce qui motive nos choix, à prendre son destin en main et à redoubler d’effort afin de réussir ce que l’on projète. Puis je à ce sujet me permettre de vous rappeler que le temps presse et qu’il n’est guerre constructif d’éprouver le moindre regrets, les erreurs n’appartiennent qu’à vous même vous le savez mieux que quiconque…

Enfin, si les actes parlent bien plus que les mots alors le maquillage stylistique de votre discours n’est que strass et paillette…

R.B

One clap, two clap, three clap, forty?

By clapping more or less, you can signal to us which stories really stand out.