One-woman-Broadway CLAIREment
Juliette Drouet, au Théâtre l’Archipel
Il paraît que Juliette Drouet n’aimait pas les presses ?

C’est d’abord une bonne écriture !
Beau texte et jolies paroles, car il y a quand même du Hugo dedans. La musique est très mélodique et bien rythmée, plutôt à l’américaine et chargée d’émotion, contrairement à la plupart des chansons françaises que l’on trouve dans les spectacles musicaux qui rappellent des bavards quotidiens. Kareen Claire, la leading lady est également co-autrice et co-compositrice. Hors de question d’interpréter une femme légendaire sans se montrer à la hauteur ! Pendant les numéros arrangés (exprès ?) pour rafraîchir l’ambiance, on aurait cru une comédie musicale à la Broadway !
L’histoire que présentent Kareen, Thierry (co-auteur) et Cyril (directeur musical et co-compositeur, il y a un clin d’oeil) est fraîche. Ils ont aussi eu l’intelligence de ne pas tomber sur la tragédie facile. Notre Juliette a été digne est respectueuse, raison pour laquelle son récit nous touche davantage. Juliette Drouet, jeune comédienne, a partagé 50 ans de sa vie à côté du héros national déjà marié qu’était Victor Hugo. C’est à elle qu’Hugo dédie les Misérables, mais elle a été protégée et surveillée de près par celui-ci, jusqu’à perdre sa carrière et sa liberté. Pour des personnes qui ne connaissent pas particulièrement cette histoire, Kareen a eu la gentillesse de commencer son spectacle avec une présentation ludique.
Le Fauteuil n’est pas de celles et ceux qui se laissent emporter dès qu’il y a un bon texte, la réflexion technique est toujours présente. Quelques choix très intéressants ont été remarqués, donc notamment la “réduction” d’Hugo à une voix. Côté pratique, cela nous change un peu du “seul sur scène” monotone (ce n’est déjà pas le cas avec les jolies chansons et la voix limpide de Kareen). Côté narratif, nous spectateurs sentons aussi bien que Juliette l’absence de l’homme, et la presse de sa voix candide et pressante. A quelques reprises, il y a superposition de voix d’Hugo et de Juliette, pour créer un effet paradoxal d’union et de séparation. Après chaque numéro explosif, il y a une chanson du style populaire-joyeux qui vient nous assaisonner l’émotion. C’est peut-être la preuve que la pièce ne se souhaite pas militante. Le Fauteuil s’en souvient, jadis à l’époque de Brauschwig, au Théâtre national de la Colline, on disait qu’au théâtre on écoutait une belle histoire, et que pour recevoir un message, il faut aller dans une église.
A admirer au jusqu’au 28/12 au Théâtre l’Achipel. Le spectacle a fêté sa 100ème représentation hier. Le Fauteuil était ravi d’en être témoin.
Réservation :https://www.billetreduc.com/247251/evt.htm
L’affiche provient du site https://www.eterritoire.fr
Suivre l’édition du texte, l’enregistrement des numéro et les autres création de Kareen Claire au https://fr-fr.facebook.com/pages/category/Musician-Band/Kareen-Claire-Officiel-523075654378998/