Marine Le Pen ou la candidate de la mondialisation sauvage

Par Catherine Guibourg-Caillouet, membre de l’Europe en Marche

En proposant de faire sortir la France de l’Union européenne et de la zone euro, Marine Le Pen met la France à nue, seule, face au Monde, face à la mondialisation. N’est-elle pas au fond la seule candidate de la mondialisation sauvage ?

Que se passera-t-il si les républicains, les démocrates, tous ceux qui ne partagent pas les idées d’Emmanuel Macron refusent de déposer un bulletin Macron dans l’urne ce 7 mai ?

Ce sera d’abord bien sûr la victoire de la haine, de la xénophobie et du racisme. Sans doute les Parisiens où le FN n’a totalisé que 5% des voix dans la capitale, ne s’en rendent pas vraiment compte ? Mais pour de nombreux territoires du Nord-Est, et du Sud-Est, où le FN est majoritaire, le vivre-ensemble des quartiers Nord de Marseille, de Cavaillon ou de Carpentras sera directement impacté. Déjà durant le porte à porte, ces portes de barres d’HLM où nous avons frappé avant le premier tour, beaucoup de nos concitoyens d’origine marocaine ou algérienne se sont exprimés en ce sens. « Nous n’osons plus sortir des quartiers depuis les attentats de Nice, nous sommes pointés du doigt, on nous regarde de travers ». Nous a dit Aziza, dont les parents sont venus en France dans les années 1960, pour travailler comme main d’œuvre agricole, dans les vergers du Vaucluse. L’humanisme, la société plurielle, le vivre-ensemble, les électeurs de Mélenchon, veulent-ils le rendre plus difficile encore, en s’abstenant d’aller voter, ou en déposant un bulletin blanc dans l’urne ?

Le blanc n’est pas une réponse au noir proposé par Marine Le Pen, et qui s’affiche partout en triomphe sur ces affiches d’entre deux tours dans nos villages vauclusiens. Le blanc ne nous rendra pas notre fierté, celle d’avoir mis un point d’honneur à faire reculer le visage de la haine et du racisme. Ne laissons pas le noir nous commander, et prendre le pouvoir, qui est en nous.

Ne pas voter contre les idées national-socialistes des Le Pen, le père, la fille, la petite-fille, c’est faire gagner la mondialisation.

En sortant la France de l’Union Européenne, et de la zone euro, le Front National isole la France au plan international, met à nue la France, face au monde et à la mondialisation.

L’Union Européenne est aujourd’hui notre seule protection face à un Monde qui inspire tous les dangers. L’Union Européenne, protège notre économie, nos emplois, notre sécurité. Pas assez bien, mais beaucoup mieux que si nous étions seuls face au Monde :

60% des exportations françaises sont exportées sans droits de douane, à nos conditions, vers les pays de l’UE. Elles représentent 25% de l’emploi salarié de notre pays.

Dans un monde instable, aux débouchés limités, qui importera nos produits ? Le Brésil ou la Russie, qui connaissent des crises économiques sans précédent ? Devra-t-on comme le Royaume-Uni se tourner vers les Etats-Unis, devenir un état vassal, en cherchant un grand frère qui nous protège ? C’est ce qui se passe actuellement pour le cinéma britannique, qui ne bénéficiant plus des subventions européennes, se voit humilier par Hollywood, qui se rue sur la Grande-Bretagne avide de nouveaux contrats ? Où est la fameuse indépendance que les Britanniques recherchaient tant avec le Brexit ?

Depuis le Brexit, l’horticulture britannique est en crise. Les 450 000 travailleurs temporaires qui travaillaient dans ce secteur manquent à l’appel, du fait des restrictions imposées par le Royaume-Uni sur le déplacement des travailleurs étrangers.

En sera-t-il de même pour notre agriculture vauclusienne, si dépendante de la main d’œuvre espagnole ou maghrébine pour la cueillette des pommes, du raisin de table, des cerises, ou des fraises, premier marché d’exportation de ce département ?

Macron est le candidat du vivre-ensemble, beaucoup de quartiers qui ont voté pour lui, l’ont déjà compris. Il serait dommage que nos concitoyens d’extrême gauche, en refusant d’aller voter Macron par pure idéologie, condamnent ces populations confrontées tous les jours au racisme ordinaire.

Macron en voulant refonder l’Union Européenne, propose que la protection soit mieux assurée au niveau européen :

Protection de nos droits, de nos libertés, songez que le FN s’oppose à la Convention Européenne des droits de l’homme.

Protection de notre économie, en permettant la création de géants européens, et en limitant la concurrence avec les géants américains, chinois ou indiens.

Et enfin, amélioration de notre sécurité si importante, depuis que les attentats et le terrorisme sont devenus une réalité quotidienne de ce pays.

Macron propose de renforcer la coopération européenne en matière de sécurité, aux frontières de l’Union, en augmentant le nombre de garde-frontières de 1500 à 5000, en renforçant le budget d’Europol, seul organisme qui permet une coopération judiciaire. Songez que grâce au Mandat d’Arrêt Européen, le parquet belge en mois de deux mois, a pu remettre à la justice française Abdel Slam, le commanditaire des attentats du Bataclan.

Tous les policiers le savent, dans un monde où le terrorisme est devenu volatile, fluctuant, un retour aux frontières est inopérant. Plus de 1200 points de passage existent entre la Belgique et la France. Un contrôle physique est impossible. On n’enferme pas la France, comme on referme un bocal de confiture. En votant systématiquement contre les mesures de sécurité votées au Parlement Européen, le Front National a clairement démontré qu’il préférait les mythes, et l’idéologie à la protection réelle des français.

Ce qui importe pour le FN, c’est le mythe d’un corps, la Nation, qui doit faire prise contre les droits et la liberté individuelle du citoyen et sa protection.

En votant le 7 mai, les Français auront le choix entre choisir d’être les héritiers du Maréchal Pétain, ou les héritiers de la liberté et des Lumières, de Montesquieu à Victor Hugo, en passant par François Mitterrand, Michel Rocard ou Simone Veil.

Il n’y a pas d’échappatoire, pas de dérobade possible, pas de vote nul, ou blanc, pas d’abstention. Pendant la seconde guerre mondiale, les mouvements de résistance de tout bord, les communistes, les gaullistes, les socialistes ont pu s’unir devant l’impensable. Dans les années 1970 de nombreux intellectuels et politiques de gauche, se sont trompés face au totalitarisme de masse, que l’on songe au Cambodge ou à l’Iran, préférant la pureté de l’idéologie à l’humanisme. Electeurs de gauche et d’extrême gauche, ne recommencez pas l’erreur de vos pères, votez en masse dimanche 7 mai, contre une idéologie totalitaire, en déposant un bulletin Macron dans l’urne. Les Lumières doivent triompher du noir qui est en nous et nous commande.