La bataille sous la cathédrale


Il faisait sombre dans les catacombes. Seule la torche que je tenais nous permettait, à moi et à mes deux compagnons, de voir où nous mettions les pieds. Bien sûr nous aurions pu, en tant que H’lak, s’orienter à l’aide des éléments, mais même un humain normal préfère utiliser tout ses sens s’il le peut.

Nous bifurquâmes sur la droite, Aiden menant la marche. Son don de Traqueur, combiné à sa maitrise du feu et de la terre, le désignait comme parfait candidat pour mener la traque des rebelles. Derrière lui venait son frère jumeau Assar, maitre de l’eau et de l’air, suivit de près par moi, Massara, douzième prince de l’Empire H’lak et maitre des cinq éléments (les quatre déjà nommés plus l’électricité). Notre mission: dénicher un groupe de rebelles ours-garous pour pouvoir indiquer leurs position au reste de l’armée H’lak qui entourait la cathédrale sous laquelle étaient les catacombes.

Environ une vingtaine de mètres après la bifurquation, Aiden s’accroupit à un carrefour pour décider quelle direction prendre, car en touchant le sol, il pouvait sentir si quelque chose ou quelqu’un y exerçait une pression inhabituelle. Après quelque instant il se releva.
-Par là, dit-il en indiquant le tunnel de gauche.
-N’oubliez pas qu’ils ne doivent en aucun cas nous voir, répliquai-je tout en raffermissant ma prise sur mes cartes, mes armes de prédilections, car je pouvais en imprégner un élément pour le libérer lorsque je lançais la carte.

Après quelques pas dans ces tunnels nauséabonds, nous aperçûmes une lueur et nous y approchâmes jusqu’à déboucher sur une grande caverne. Il y avait quelques dizaine de huttes au milieu, éclairées par des flambeaux.
 Tout à coup, Aiden ce figea.
-C’est un piège! cria-t-il en dégainant son sabre.

J’entendis l’avertissement au même moment que je sentis une flèche percer l’air. Je m’accroupis tout en solidifiant l’air près de moi pour dévier le projectile et enchainai avec un salto arrière pour éviter une autre flèche. Je chargeai une carte avec de l’électricité pour l’envoyer vers le point de départ de la première flèche. Je fut récompensé d’un grognement suivit d’un bruit de chute. J’avais atteint ma cible. Sentant le sol vibrer sous moi, je me retournai, parai juste à temps un crochet de gauche de la part d’un des rebelles et le frappai d’une puissante bourrasque qui l’envoya contre le mur de la caverne. Je regardai autour de moi et vis que quelques dizaines d’ours-garous nous avaient encerclés. Nous réagîmes aussitôt. Aiden fit trembler la terre pour déstabiliser nos ennemis, tandis qu’Assar et moi nous créions une énorme bourrasque qui alla percer les rangs des ennemis. Je rangeai mes cartes, saisie mes bâtons d’élémentium, métal connu de mon pleuple seul, nous nous précipitâmes dans la brèche et réussîmes sans trop d’efforts à les traverser. Nous continuâmes à courir. C’est alors que je les attendie : des cris de détresses. Malgré moi, nous nous arrêtames et nous retournâmes. Ce que je vis me serra le coeur. Des stalagmites étaient tombées parmi les huttes qui étaient en feu. Des femmes et des enfants couraient dans tout les sens pour éviter les rochers tombant. J’aurais voulu les aider, mais nous ne pouvions le faire sans nous mettre en danger, car la caverne s’écroulait.
-Courons, criai-je à mes compagnons.
Aiden se précipita, mais, à ma grande surprise, vers les ennemis, qui s’étaient aussi arrêtés, se créa un tremplin avec de la terre, sauta et atterrit quelques mètres de l’autre côtés du groupe. Certains voulurent l’attaquer, mais Assar et moi les bloquâmes avec un mur de vent et de terre. Nous traversâmes ensuite les rangs ennemis avec la technique d’Aiden, qui était toujours accroupie une main au sol, et entreprîmes de le protéger. La masse des ours-garous nous frappa telle une vague de tempête. Assar et moi utilisions tout nos pouvoir pour les arrêter. Étonnamment, les combats s’étiolèrent rapidement, pour ensuite s’arrêter complètement. Je compris pourquoi lorsque je me retournai. Les feux c’étaient éteints et la caverne ne tremblait plus. C’était l’oeuvre d’Aiden. Il avait sauvé les rebelles. Il se leva et se retourna. Il reçu la lance en plein coeur. Je criai.
-Nooooonnnn!!!!!!!!!!!!

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Deux jours plus tard, nous étions en route vers Kodiak, petit île et repère des ours-garous, pour que ces derniers y trouvent refuge. Pendant un cour échange avec le chef des insurgés deux jours plus tôt, Assar et moi avions appris que la rébellion avait commencé lorsqu’une troupe de H’lak avait attaqué sans raison le village des rebelles. Nous avions donc décidé de les aider à s’échapper. Leurs connaissances des catacombes et les nôtres des H’lak nous redirent la tâche aisée. Une fois les insurgés en sécurité, Assar et moi avions prévu retourné dans l’Empire pour essayer de résonner notre peuple. Nous voulions leur faire comprendre que tout les peuples étaient égaux, peu importe leur nature, que nous étions trop obnubilés par nos différences. Aiden l’avait compris.

Je ne pourrai jamais oublier ce jour là, oublier la lance, projeté par un ours-garou qui n’avait pas vu ce qu’avait fait Aiden, qui pénétrait dans la poitrine de mon ami, oublier la douleur lisible dans les yeux d’Assar.
Même aujourd’hui, huit ans plus tard, je peine à supporter ces souvenirs. Mais je dois me concentrer sur la bataille à venir. Il y a sept ans, les négociations ont échoué. Nous avons dû lever une armée, armée qui se tient présentement aux portes d’Alas, la capitale de l’Empire H’lak, devant lesquelles se déroulera la bataille décisive de cette guerre qui n’aurait jamais dû exister.

L’aube pointe. Le soleil se lève. La dernier bataille de la guerre de Liberté peut commencer.

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