Pourquoi nous avons décidé de dématérialiser notre agence de com

Il y a un an, moi-même et mon équipe, étions les plus fiers et les plus heureux du monde d’emménager dans nos tout nouveaux locaux.

Pour ceux qui ne me connaissent pas, je m’appelle Lionel Clément, et je dirige une belle agence de com licorne à Grenoble, Adopte Ta Com. Cette agence, je l’ai créée seul il y a cinq ans en tant que freelance, autour de mon site web Storytelling.fr. C’est vrai que j’ai beaucoup de chance car cinq ans après, je suis considéré comme un des experts français du Storytelling et du marketing de contenu. Est-ce que je suis vraiment cet expert là ? Personnellement, je ne saurais répondre à cette question : je fais confiance à ceux qui le disent à ma place.

Forcément, le succès arrivant, j’ai éprouvé le besoin de faire grandir mon équipe… Et, très vite, la question d’avoir un local s’est posée : un lieu où, pensions-nous, nous allions pouvoir recevoir nos clients… Un lieu que nous considérions, avant même de l’habiter, comme un espace d’émulation intellectuelle…

En définitive, il n’en fût rien. Nous avons unanimement constaté que nous avions une meilleure dynamique lorsque nous étions nomades que depuis que nous étions dans nos murs, entre nos murs.

Alors pourquoi avoir voulu un local ?

Simplement parce qu’un bureau nous rassurait. Il était la preuve matérielle que nous étions une vraie agence, et que nous étions crédibles, tout aussi crédibles que toutes les autres agences que nous connaissions et que nous admirions.

La matérialisation dans un lieu est un moment important pour une entreprise. Elle est ce moment, hautement symbolique, où l’entreprise prend conscience d’elle-même. D’un seul coup, en général avec l’arrivée du premier salarié, ou encore à l’occasion d’une association, l’entrepreneur se dit qu’il est temps de penser aux choses sérieuses, de créer un espace de travail, dans lequel il va pouvoir véritablement DIRIGER le travail.

Car au delà de la réassurance, ou encore de l’incarnation, c’est bien d’une relation de pouvoir qu’il s’agit. Un lieu, c’est la garantie de faire respecter des horaires, que tout le monde travaille bien pour l’entreprise sur son temps de travail, que tout le monde vive, en permanence, dans la même dynamique. Sauf que ce positivisme de l’entreprise qui habite son lieu s’avère au final bien illusoire. Loin d’être ce graal tant souhaité et espéré, le lieu devient le carcan dans lequel l’entreprise et ses collaborateurs s’endorment, un espace de démotivation.

Le seul moyen de maintenir sans cesse cette motivation ? faire entrer en permanence du sang neuf dans l’entreprise pour apporter de l’émulation par la magie d’un nouveau regard.

Bref, au bout d’un an, nous avons décidé, en concertation avec l’ensemble de l’équipe, de reprendre notre destin en mains : il était temps de retrouver notre liberté si chèrement acquise, et à laquelle nous avions si facilement renoncé.

Le choix du coworking : un choix évident

L’équipe avait néanmoins besoin d’un espace dans lequel elle allait pouvoir, quand elle le souhaitait, se réunir. C’est pour cela que nous avons opté pour le coworking. Mais l’objectif n’étant pas de substituer un lieu à un autre, nous avons décidé que ce lieu était un lieu facultatif, sauf une fois par semaine lors de notre point hebdomadaire.

Parallèlement, nous avons tiré le meilleur parti de tous les outils digitaux : nous avons investi dans une vraie solution de gestion de projet, et utilisons Skype pour nous parler en cas de besoin.

Bref, chacun y a gagné en indépendance, mais aussi en efficacité. Dans un lieu habité par d’autres collaborateurs, chacun est constamment dérangé, distrait par les autres. En retrouvant de l’indépendance, chacun est maître de son temps de travail tant que les objectifs sont tenus.

Bien entendu, cela nécessite une relation de confiance entre les collaborateurs et le chef d’entreprise, et aussi un travail sur soi pour le chef d’entreprise pour lâcher le pouvoir. Honnêtement, c’est la meilleure thérapie que j’ai jamais effectuée !

Bien entendu, il faut accompagner la transition. Celle-ci sera effective à la mi-octobre. Comme tout, l’autonomie nécessite une phase d’apprentissage.

Et le plus dur dans tout ça ?

Le plus dur, ce sont les autres. Tous ceux qui vous disent que vous faites erreur, que vos clients ne vont plus vous faire confiance, qu’ils vont vous déserter parce qu’un lieu les rassure.

Sauf que lorsque nous en avons parlé à nos clients, tous se sont avérés presque plus enthousiastes que nous ! Aujourd’hui, y compris dans les grandes entreprises, la question du télé-travail, par exemple, est un vrai sujet. Tout le monde a conscience que le lieu de l’entreprise est souvent le cadre d’une déperdition de productivité. Non pas parce que quand on est maître de son temps de travail on travaille plus : mais parce qu’on travaille mieux.

Mais nous avons tous conscience, dans mon équipe, de nager à contre courant. Ou plutôt, d’anticiper un mouvement de fond dans les entreprises.

En attendant, quel immense bonheur de continuer à développer son entreprise tout en échappant à la routine ! Abandonner notre local s’avère la meilleure décision que nous ayons prise.

Lionel Bottero-Clément

Written by

CEO de l’agence de communication Adopte Ta Com et storyteller sur Storytelling.fr

Welcome to a place where words matter. On Medium, smart voices and original ideas take center stage - with no ads in sight. Watch
Follow all the topics you care about, and we’ll deliver the best stories for you to your homepage and inbox. Explore
Get unlimited access to the best stories on Medium — and support writers while you’re at it. Just $5/month. Upgrade