Chichi N’gare Falise sur le tournage de “L’enfant Salamandre”.

« L’enfant Salamandre » raconte l’histoire d’un garçon qui pense pouvoir communiquer avec les morts, ce qui fait de lui l’objet de moqueries dans son village. Rencontre avec le réalisateur de ce film de fin d’études poétique et ingénieux, Théo Degen.

Florian Villez a joué dans plusieurs de tes films.

En effet, Florian joue dans tout les films que j’ai eu l’occasion de faire depuis le début, à part le regard croisé. Le film met en scène un mélange de l’histoire de Florian et de mon histoire personnelle. Il s’est construit sur plusieurs années, dans le sens où c’est l’aboutissement de tous les exercices que j’ai réalisés pour l’école et dont il est le personnage principal.

Florian est un jeune garçon qui habite dans le village ou j’ai grandi, je l’ai rencontré avant de rentrer à l’INSAS et c’est devenu mon…


Emmanuelle Batz et Hélène Kufferath dans la réserve des tissus et costumes.

Les cheffes décoratrices et chefs décorateurs —production designers— sont essentiel.les à la création des univers reproduits à l’écran de cinéma. Pour nous conter leurs parcours et les coulisses de leur métier, nous avons rencontré Emmanuelle Batz et Hélène Kufferath, scénographes à l’INSAS.

Où se situent les origines de la scénographie à l’INSAS et comment avez-vous été accueillies?

Emmanuelle Batz. Historiquement, la scénographie a toujours fait partie de l’école, mais de façon réduite. Les « pionnières », Françoise Hardy et Michette Notterman n’occupaient — à l’origine — qu’un tout petit bureau. Au fil du temps, l’espace consacré au stockage des costumes, décors et objets s’est étendu. Chris Cornil a remplacé Michette au début des années 2000 et moi, qui était cheffe déco, j’ai été engagée en 2008 lorsque Françoise a pris sa retraite.

Je ne me voyais pas du tout dans un rôle…


Images issues du Chicago Film Society Leader Ladies Project.

Traditionnellement insérés dans les bandes-amorces lors du développement de la pellicule, des plans serrés de jeunes femmes à la peau blanche ont été majoritairement utilisés par les techniciens des laboratoires dans le but de les aider à garantir le rendu des couleurs. Connue sous le nom de « China Girls » ou « leader ladies », « Girl heads » ou « Lilies », voire « image LAD » (Laboratory Aim Density), cette pratique a débuté dans les années 1920 et est toujours en usage, réintroduite à chaque changement de technologies. Nous avons rencontré An van Dienderen, réalisatrice du film « Lili » (2015) et co-réalisatrice du film « PRISME » (2021) qui, en tant qu’artiste chercheuse et professeur au KASK à Gand, a réalisé une étude critique sur l’usage de ces « China Girl ».

Pourquoi s’être intéressé à ces quelques images de femme que personne ou presque ne remarque ?

Il y a une absence de discussion et d’analyse du fait que des China Girls ont été utilisées dans un contexte technique qui laisse difficilement place à la critique. Elles sont généralement insérées entre le “10” et le “3” d’un décompte. De fait, mis à part les techniciens des laboratoires ou les projectionnistes, l’usage de ces images n’est pas connu du grand public, bien qu’elles aient une influence fondamentale sur la façon dont la couleur de la peau est représentée.

Girls on Film (2006)…

Jean Brismée nous retrace les débuts de l’école de cinéma et de théâtre belge. Il est l’un de ses fondateurs. Professeur de techniques cinématographiques, il fut aussi réalisateur.

La naissance de l’INSAS est liée en partie à la création de la Cinémathèque de Belgique en 1948 et à l’influence considérable que son conservateur Jacques Ledoux exerça à l’Ecran du Séminaire des Arts, gigantesque ciné-club dont les séances remplissaient à ras bord la salle Henri Leboeuf du Palais des Beaux-Arts. Le succès était tel que de nombreux cinéphiles de Bruxelles organisaient leur agenda autour des douze séances annuelles. Il n’était pas question pour eux de rater une seule projection. Pas plus d’ailleurs que les séances plus pointues organisées dans une plus petite salle pour un public restreint. …


Historienne et analyste du cinéma, Jacqueline Aubenas a été professeure à l’INSAS et à l’ULB. Elle a écrit sur Henri Storck, André Delvaux, Chantal Akerman, les frères Dardenne, et a dirigé la rédaction du dictionnaire du documentaire « Dic Doc ». Grande féministe, elle a aussi participé à la création des Cahiers du GRIF. Elle apporte un regard critique sur l’histoire de l’INSAS où elle y a défendu un cinéma habité d’un désir et d’un point de vue.

Qu’était l’école à votre arrivée ?

J’ai connu l’école avec l’équipe et les professeurs des origines. Raymond Ravar, venant de l’Institut de sociologie, alors dirigé par Arthur Doucy avec qui il aura de nombreuses conversations autour du fameux séminaire sur Hiroshima mon amour (1959). L’analyse qui avait été faite par Raymond Ravar autour, entre autres, je pense, à Pierre Vermeylen, Jacques Ledoux et Robert Wangermée, était extrêmement précise et formidable. Ils avaient un vrai désir de transmettre, d’où l’idée de fonder une école de cinéma.

Par ailleurs, du point de vue de la production de longs métrages, la Belgique se…


Depuis plus de trente ans, Patrick Leboutte enseigne l’histoire du cinéma à l’INSAS. Une école qu’il affectionne tout particulièrement pour sa liberté de penser un cinéma non par l’application d’une méthode immuable mais par le questionnement de notre rapport médiatisé à l’autre. Cette découverte, nous dit-il, est née dès sa première heure de cours. Rencontre.

Tu ne professes pas. Tu vas chercher les questions et tu tentes de trouver des réponses avec les étudiants. Quelle est ta méthode?

Je n’applique pas un programme ou une méthode immuables parce que tous les 4 ou 5 ans, les générations se renouvellent ; ce ne sont plus les mêmes étudiants, leurs demandes évoluent et leurs besoins aussi, tout comme les miens. Et puis surtout, régulièrement (et de plus en plus vite), le contexte change : ce qui se passe dans le monde influence les pratiques artistiques et j’essaie d’en tenir compte, historien certes, mais depuis notre présent commun…


Mes sept lieux (2014) de Boris Lehman.

Boris Lehman est cinéaste. Son travail, entre expérimental, journal filmé et documentaire, se situe à la marge des circuits de distribution conventionnels. Il a fait partie de la première génération d’étudiants de l’INSAS, école qui conserve, encore aujourd’hui, une partie de ses archives. Rencontre.

Vous avez été un des premiers étudiants de la jeune INSAS. Racontez-nous.

Je suis entré en 1962. À l’époque, en Belgique, il n’y avait que quelques cinéastes solitaires comme Henri Storck ou Paul Meyer, mais il n’y avait pas de cinéma soutenu par l’état ni d’écoles. Adolescent, j’étais déjà attiré par le cinéma. J’avais André Delvaux comme professeur à l’Athénée, et il avait créé un ciné-club, et même une classe de cinéma. Je voulais étudier à Paris, à l’IDHEC ou à l’École de Vaugirard, devenue l’École Louis-Lumière. …


“Mono No Aware” — © INSAS, 2020.

Sous-titré “Empathie pour l’éphémère”, « Mono No Aware » est une plongée dans les sensations de plusieurs jeunes femmes. Elles décrivent une expérience vécue; récit qui sera rejoué par une interprète quelques moments seulement après les avoir écouté. Rencontre avec la réalisatrice de ce film particulier, Amina Hadji, et avec la chorégraphe et interprète du film Cécile Lassonde.

L’idée du film est particulière. D’où vient-elle?

Amina. La raison pour laquelle je fais de la réalisation est que je veux raconter des histoires. Raconter des histoires, c’est aussi savoir les recevoir, savoir les écouter. Je m’intéresse très fort à ce que les gens peuvent me raconter. Au détour des conversations, je me suis mise à sortir spontanément un petit enregistreur. C’est peut-être mon parcours en sociologie et anthropologie qui m’a donné l’idée. Quoi qu’il en soit, d’une première entrevue, on est amené à se revoir. Sans savoir au début où cela m’amènerait, je suis arrivé à collecter les souvenirs…


“Que no me roben los sueño” de Zoé Brichau — © INSAS/ Universidad de Valparaíso (2020)

Dans le film « Que no me roben los sueño », Zoé Brichau met en image la révolution qui éclata au Chili en 2019. Elle filme un groupe d’amis qui milite contre les inégalités qu’ils subissent quotidiennement. Un documentaire produit par l’INSAS et l’Universidad de Valparaíso dans le cadre du programme « Regards croisés ».

Comment et pourquoi t’être intéressée à ces manifestations?

Avant de rejoindre le Chili, de nombreuses manifestations ont eu lieu à cause d’une hausse de 30 pésos des tickets de métro. Le président Sebastian Piñera a décrété l’état d’urgence. C’était quelque chose d’unique. Il y a eu plus d’un million de personnes à Santiago. Il s’est posé la question de savoir si j’allais partir ou pas, parce que toutes les écoles étaient en grève et les étudiants dans la rue.

Sur place, j’ai commencé à filmer sans idée précise jusqu’au jour où j’ai rencontré Claudia, lors d’un rassemblement. Elle était très…


Made of air (2014) Paul Clipson.

Pip Chodorov est cinéaste et éditeur de cinéma expérimental. Professeur à l’université DONGGUK à Séoul, cofondateur de L’Abominable, laboratoire de développement et de tirage de films, il est aussi fondateur des éditions Re:Voir, à travers lesquelles il édite des DVD de films expérimentaux historiques et contemporains. Le ciné-club de l’INSAS l’a invité.

Pourquoi avoir voulu éditer des films expérimentaux ?

C’était avant Internet, avant le DVD, avant la VOD. On pouvait acheter des films d’Hitchcock ou de Truffaut, mais pas ceux-là. À l’époque, je travaillais pour une coopérative de cinéastes. On préférait utiliser des copies VHS pour le visionnage des programmateurs, de manière à ne pas rayer les films 16mm pour la projection publique. Je trouvais aussi que c’était important que ces films existent pour les particuliers. L’ayant droit de Maya Deren a trouvé l’idée intéressante. Nous avions envie de mettre à l’honneur des anciens et des plus récents réalisateurs, publiant depuis…

Lionel Dutrieux

Rédacteur, réalisateur & graphiste, chargé de postproduction. Professeur-Assistant à l’INSAS, une école de cinéma.

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