The New You, Ryan McGuire, Gratisography

Fuir

Se retirer n’est pas fuir (Miguel de Cervantes)

N’as tu jamais rêvé de prendre un billet aller pour une destination lointaine, au milieu de nulle part et ne jamais revenir?

N’as tu jamais rêvé de pouvoir devenir invisible quand bon te semble et partir où tu veux, sans devoir prévenir personne?

Bien sûr que tu en as déjà rêvé. Car fuir est un sentiment naturel que l’on ne peut pas s’empêcher de ressentir en tant qu’être humain.

Ce sentiment, je le ressens pratiquement chaque jour et dans des situations diverses: fuir face à la difficulté, la méchanceté, l’ennui, le danger, le travail, les obligations familiales etc. En devenant adulte, cela s’est accentué au point de devenir une obsession. Je ne saurais pas dire exactement pourquoi j’ai ce besoin de m’éloigner car je ne suis pas malheureuse, bien au contraire. Pourtant, entendre ce mot me procure une sensation particulière car je me sens instantanément mieux. C’est la meilleure manière pour moi de me détacher de ce monde et de laisser libre cours à mon imagination.

Aimer fuir, c’est cool mais jusqu’à un certain point. En effet, le côté moins sympa, c’est que ma capacité à m’engager est limitée dans pratiquement tous les domaines … Je me dis tout le temps que je pourrais avoir mieux, ailleurs. Du coup, je me mets à rêver de soleil en Australie, de safari au Kenya, de tour du monde et ça, je peux le faire pendant des heures, des jours même sans me lasser et en construisant (toujours dans ma tête) ma vie idéale.

Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours admiré les personnes qui décident de tout lâcher pour vivre la vie qu’ils ont décidé de vivre. Se moquer des conventions, accepter le mépris et l’incompréhension pour vivre comme on l’entend, c’est une des plus belles preuves de courage selon moi.

Mon année sabbatique représente ma fuite, en quelque sorte. Le besoin de fuir la vie étudiante qui a été trop longtemps synonyme d’ennui et de désillusions. Le besoin de fuir une réalité qui ne me plaisait pas, celle de reconnaître que j’avais choisi un parcours qui ne me convenait pas (du moins c’est ce que je pensais). Le besoin viscéral que j’ai de m’arrêter juste avant de franchir la ligne d’arrivée et me poser cette question: “Est ce vraiment ça que je veux?”.

Je me demande souvent ce que je serais devenue si je n’avais pas arrêté mes études (non fais une pause, je n’ai pas l’intention d’arrêter mes études à 1 an de l’obtention de mon master!). Pendant les quelques mois qui ont suivi la reprise des cours, je me demandais tous les jours ce que faisaient mes anciens camarades de classe, quels cours ils suivaient, quelles étaient leurs conversations. Je comparais leur emploi du temps et le mien, bien qu’on ne puisse pas vraiment parler d’emploi du temps pour ma part puisque je ne faisais pas grand chose. Et puis je me suis rendue compte que cela ne servait à rien et qu’il fallait que je sois fidèle à ma première idée: FAIRE UN BREAK. Aujourd’hui, je peux dire que je suis contente d’avoir pris cette décision, même si j’ai dû faire une introspection, souvent brutale et même si l’expérience a été plus difficile que prévu.

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