Les Mines de Potosi

30 Juin 2017 - Bolivie

C’est parti pour 4h de trajet entre Uyuni et Potosi. Faute de place dans le bus, un groupe de djeun’s se retrouvent debouts dans l’allée centrale. C’est chose commune quand les cars sont pleins en Bolivie. Puis Marine qui est assise côté couloir se rapproche de moi et me dit dans l’oreille : “Euh, le mec touche mon épaule avec son… “machin”, à chaque virage… Je fais quoi ?”. 🤔

Après quelques virages vraiment pas serrés du tout, on est sûrs que ce n’est pas de la maladresse qui guide inlassablement son entrejambe vers le bras de Marine. Je lui suggère donc d’échanger de place. Et là, comme par magie, le mec retrouve son équilibre ! C’était limite vexant.

Notre ami du bus ?

Bref, on arrive à Potosi et on va se poser à l’auberge Koala Den, super adresse recommandée dans le Routard. L’établissement est central, l’accueil chaleureux, les douches bien chaudes et le petit déjeuner délicieux. Que demander de plus ?

Il est déjà tard. On va dîner avec Mathilde, Bern et Luca puis on se couche, encore crevés de notre périple dans le Salar.

Potosi, la “Iron Bank” du vieux continent

Pour nous qui n’avions jamais entendu parler de Potosi, c’était fascinant de voir à quel point cette ville, maintenant en désuétude, a eu une influence sur le monde moderne, et notamment l’Europe.

Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, la ville située à 4090m d’altitude est dominée par la Mine du Cerro Rico (= colline riche). La montagne fut appelée ainsi pour ses sols très riches en argent. Les Conquistadors commencèrent son exploitation à leur arrivée au XVIème siècle et elle est encore en activité aujourd’hui. Au XVIIème, Potosi s’est couverte de superbes édifices coloniaux et abrite près de 200 000 habitants. Elle se place alors au même rang que des villes comme Paris ou Londres sur l’échiquier mondial. Ses mines ont enrichi l’Europe avec une injection de liquidités qu’on a du mal à imaginer : l’équivalent de 50 milliards de dollars sont envoyés vers le vieux continent entre le XVIème et le XIXème ! Et tout ça au détriment de l’économie Bolivienne, littéralement pillée par l’envahisseur Européen.

Le Cerro Rico et ses mines intarrissables.

Pendant ce temps, près de 8 millions d’indigènes et d’esclaves venus d’Afrique mourront dans les mines de Potosi. Au XIXème, les filons d’argent s’épuisent et la ville tombe à l’abandon. Aujourd’hui la mine est encore active et continue à exploiter d’autres minerais comme le fer, le zinc et l’étain.

Les mines sont désormais la principale attraction touristique de la ville. On a hésité à les visiter mais on a vite été refroidis : d’après de nombreux blogs et guides (dont le Routard), les conditions des mineurs ont peu évolué depuis le XIXème. Les agences de tourisme ne versent généralement qu’une très faible cotisation à la coopérative minière et on ne voulait pas vraiment prendre des selfies avec des mineurs qui triment, et meurent encore, dans les mines.

D’un autre côté, il faut savoir que les mineurs doivent soustraire l’achat de leur matériel de leur salaire : vêtements, bottes, outils et… dynamite. Pendant le tour, on peut donc acheter des bâtons de dynamite et les offrir aux mineurs pour les aider financièrement. Alors, le tourisme des mines est-il une bonne ou une mauvaise chose ? Ce n’est pas vraiment noir ou blanc, mais personnellement on a décidé de zapper cette attraction un peu morbide.

A la place, on fera la visite guidée de la Casa de la Moneda pour 40 Bolivianos (= 5 euros). Sans conteste une des visites les plus intéressantes du voyage ! Durant la visite on découvre ce bâtiment colonial dans lequel on frappa la monnaie issue du Cerro Rico jusqu’en 1869. On y apprendra encore une multitude de choses sur l’influence de Potosi sur l’économie mondiale d’hier et d’aujourd’hui. Notre anecdote préférée étant l’origine du signe Dollar $, qui serait une transformation du symbole frappé sur les pièces de 8 de Potosi, alors monnaie d’échange internationale.

Symbole frappé à l’époque sur les pièces de Potosi et qui serait à l’origine du signe $

On ne vous raconte pas tout, mais on recommande absolument !

On teste ensuite notre premier vrai restaurant Bolivien : on paye entre 15 et 30 Bs (2 à 4€) pour notre menu du midi avec Salade, soupe, plat et dessert ! C’est cadeau 😎

Puis on flânera dans le centre en admirant les bâtiments coloniaux et les églises.

Mathilde et Bern ont prévu de rester une journée de plus sur Potosi. De notre côté on part avec Luca en fin d’après-midi pour Sucre ! Bisous ! 😘


NOS CONSEILS ET RECOS

Comment dompter les douches électriques

En Bolivie et au Pérou, vous trouverez souvent des douches électriques. Vous verrez qu’elles sont parfois un peu capricieuses pour fournir de l’eau chaude... Comme il fait très froid dans ces pays, la douche est un instant sacré pour se détendre et se réchauffer. Voici nos conseils pour éviter que cet instant privilégié ne se transforme en supplice.

Mais alors Jamy, comment ça marche une douche électrique ?

Une douche électrique fonctionne un peu comme une bouilloire, chauffant l’eau froide rapidement et à la demande. Lorsque l’on allume la douche, une valve à l’intérieur de l’unité s’ouvre et laisse entrer l’eau froide. Celle-ci circule dans l’échangeur de chaleur contenant une tige de métal (une résistance électrique qui chauffe quand un courant la traverse). En passant par-dessus l’élément chauffant, l’eau chauffe instantanément. La température finale dépend de la pression de l’eau qui sort du pommeau de la douche. Plus le débit est important, moins la température est élevée car l’eau n’a pas le temps de passer toute entière par-dessus la résistance.

Merci Jamy !

Pour ceux d’entre vous qui se demandent à quoi ressemble une douche électrique Bolivienne.

En gros, habituez-vous à ne laisser que le strict minimum de pression pour avoir une douche chaude. Et apprêtez-vous aussi à jouer avec le robinet pendant 5 minutes pour le régler au millimètre. Ça n’a l’air de rien comme ça, mais tout nu dans la salle de bain commune d’une auberge glacée, c’est vachement moins drôle.

Dernière mise en garde : parfois lorsque la pression est au minimum, le moteur ne détecte plus assez d’eau et peut s’éteindre. Vous saurez qu’il est en marche au vrombissement de la pomme de douche. Si toutefois le bruit s’arrête, écartez-vous vite car un filet d’eau glaciale va bientôt suivre ! 😱 On parle en connaissance de cause 😆

Mis à part ça, pas de panique, après quelques douches vous serez rodés.

Faites la visite guidée de la Casa de la Moneda.

A faire absolument. Hyper intéressant.

Hostal Koala Den

Parfait pour un séjour à Potosi.