Le Lyon rugira-t-il à nouveau ?

Après avoir connu de belles épopées européennes au début des années 2000, l’Olympique Lyonnais aspire à redevenir un acteur majeur du football continental. Cette histoire peut-elle s’écrire en continuant de vivre sur un modèle très familial ?

De gauche à droite: Antonin da Fonseca, Joël Bats, Bruno Génésio et Hubert Fournier. Crédit: www.lyonmag.com

L’Olympique Lyonnais tente de retrouver sa gloire récente, privilégiant des joueurs de la région lyonnaise issus du centre de formation ainsi qu’un staff technique composé uniquement d’anciennes gloires du club, des gens qui « connaissent la maison » comme aime si souvent à le rappeler le président du club Jean-Michel Aulas. Cette politique sportive et managériale pourrait à moyen terme freiner la croissance de l’OL enclenchée par son entrée dans son nouveau stade des Lumières.

Afin de connaître à nouveau de grandes heures européennes, le club est à la recherche d’un manager général, à savoir un entraîneur qui s’occupe aussi du recrutement, qui a sa propre enveloppe pour le mercato. Le retour probable et envisagé par le club rhodanien de Gérard Houllier à ce poste est une piste crédible. Jean-François Gomez, journaliste au Progrès, nous éclaire à ce sujet: “Lyon a fait une tentative avec Claude Puel qui était manager général entre 2008 et 2011 mais cela s’est soldé par un échec, ce n’était pas quelqu’un du club et « on » lui a vite fait comprendre qu’il ne déciderait pas de tout. » Situation qu’a également connu G.Houllier de 2005 à 2007, conduisant à son départ prématuré.

Un environnement familial construit autour d’anciens du club comme Gérard Houllier ou Bernard Lacombe, bras droit et conseiller du président J.M Aulas paraît donc freiner les ambitions de renouveau de la maison lyonnaise, même si Raphaël, supporter rencontré au Pub Danois, repère de “gones” notoire, n’est pas de cet avis: “Il est important, de garder un certain noyau dur historique. Le changement oui, l’épuration non. De plus, le recroquevillement dont vous parlez à propos de Gérard Houiller, Bernard Lacombe n’en est pas un. Houillier n’a-t-il pas appris auprès des anglais en Premier League ?

“il ne faut pas que les joueurs soient hostiles aux nouveaux venus.”

De gauche à droite: Jordan Ferri, Alexandre Lacazette, Corentin Tolisso. Crédit: vietnamplus.vn

Pourtant ce sont bien les joueurs sont les principaux protagonistes d’un éventuel changement, ce sont les premiers acteurs du renouveau lyonnais. Pour incarner ce nouveau souffle, Nabil Fékir, Corentin Tolisso ou Jordan Ferri, pour ne citer qu’eux, sortent tout droit du centre de formation du club. Un aspect famille qui là encore semble délicat, comme le concède Raphaël: “ il ne faut pas que les joueurs soient hostiles aux nouveaux venus. Prenons Claudio Beauvue : je ne pense pas qu’il ait reçu un accueil suffisamment chaleureux de la part des joueurs pour faire une bonne saison, notamment de la part de Jordan Ferri ou Corentin Tolisso, qui forment un « clan des vrais lyonnais » dans le vestiaire. Pourtant il avait de l’avenir au club.”

La politique sportive tournée vers le centre de formation a néanmoins des côtés constructifs et efficaces. Travailler avec des jeunes de la région qui ont de la famille à proximité, qui partagent la même langue, est très efficace au niveau de la cohésion du groupe et de l’implication des joueurs à l’entraînement.

Si l’OL veut marquer de sa griffe le football national et européen, il devra sans doute entrouvrir la porte et intégrer de nouveaux membres à sa grande famille, à commencer par les joueurs eux-même.

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