L’entrepreneur, ce fou.

Jack Sparrow est un entrepreneur. Sa folie lui permet d’accomplir bien plus que la plupart des pirates.

J’écris 2 articles par semaines en ce moment, ça me prend 15 minutes à chaque fois mais ça me fait du bien. J’ai appris à mes dépens qu’il était contre productif de bannir toute activité extérieure à sa startup (y compris le sommeil et le sport). Notez que j’ai ainsi changé mon vocabulaire : auparavant j’aurais dit qu’écrire un article me faisait perdre 15 minutes.

Depuis que je suis en vacances toute ma vie, mon état émotionnel change au moins 3 ou 4 fois par jour. En fait, la plupart des entrepreneurs n’oseront pas vous montrer à quel point ils souffrent. C’est aussi parce que, souvent, cela ne dure pas.

Il n’y a plus de prof, plus de boss, plus d’horaires, plus d’ordres. Si ce matin je décide de ne pas me lever, rien ne m’en empêche. Si aujourd’hui je décide de ne rien faire, libre à moi.
Une baisse de moral, quelle que soit sa cause, peut donc très rapidement tourner au cauchemar. Il n’y a rien “d’extérieur” pour vous sauver, pour vous imposer un rythme et une certaine hygiène de vie. Si vous tombez, personne ne vous rattrapera.

L’impression de marcher au bord d’une falaise. L’impression de se faire pulvériser par la nature. La noyade. L’impression que l’on n’en verra jamais le bout. Et 10 minutes après je sifflote, je kiffe ma vie.
Être entrepreneur, c’est être fou. Quand on me demande ce que je vais faire dans 1 an je réponds, pour la 500e fois, blasé, que je ne sais même pas ce que je vais faire dans 1 semaine. Et je pense avoir trouvé là la cause de ces changements d’humeurs intempestifs.

Si l’entrepreneur est heureux, c’est parce qu’il est fou. Si parfois il sombre, c’est parce qu’il lui arrive d’être lucide.

Tous les entrepreneurs que je connais sont des grands malades. Ils sont complètement fous. Une personne étrangère au monde des startups (aka moldus) les prendrait pour une bande d’ados attardés.
Pourtant il semblerait qu’agir comme un “ado attardé” soit le meilleur moyen d’avoir un impact sur le monde.

Fake it ‘til you make it.

Et finalement cette notion d’ado attardé est très intéressante. L’entrepreneur rêve. L’entrepreneur croit. Il consacre sa vie à tenter de rendre concrets ses rêves.

Tous les adultes ont leur petite phrase “quand j’étais gosse je rêvais de devenir […], mais j’ai grandi depuis.”.

L’entrepreneur est malade. Il n’a jamais grandi. Il a gardé l’imagination et la folie de son enfance. Son rêve il l’a toujours et ne le lâchera pas. Pour lui, tout est possible. Ou s’il en doute, il est suffisamment curieux pour consacrer sa vie à essayer d’en être certain.

Alors oui parfois l’entrepreneur chiale, parce qu’il lui arrive d’apercevoir sa propre folie. C’est pour ça que l’entrepreneur vit mieux en groupe. En groupe, la folie devient banale. En groupe, chacun se pousse mutuellement à atteindre des sommets de folie toujours plus hauts. Lorsqu’un fou grimpe trop haut et tombe, le groupe le recycle, lui donne une nouvelle chance.

L’entrepreneur est fou, mais il semble être le plus apte à faire avancer l’humanité. Enfin, il peut également être pertinent de noter que cette folie est relative à celle du reste des Hommes. Qui est le plus fou ? celui qui rêve ou celui qui inhibe volontairement jour après jour son imagination et celle de ses enfants. Qu’est-ce qui parait plus naturel ? Contempler les étoiles ou taire volontairement ses capacités pour rentrer dans la masse ?

Aller, je vous laisse, j’ai des trucs de fou à faire.