“La politique est morte. Vive la politique.”

Je suis un jeune. Sans doute un jeune con. Ou au moins le genre de jeunes qui dérange. Par sa grande gueule. Par son impertinence. Par son esprit de révolte. Mais je suis un jeune qui a vécu. J’ai vu des gens de toutes les classes sociales, de tous les combats, de tous les âges, de toutes les conditions, de tous les métiers… J’ai vu des français. Des français sympas, des français gros cons. Des français joyeux, des français tristes. Des français filles, des français mecs. Des français homos, des français hétéros. Des français musulmans, des français juifs. Des français chrétiens, des français athées. Des français riches, des français pauvres. Des français de banlieue, des français ruraux. Des français moyens. En fait, j’ai vu tout ce qui me permettait de dire qu’en dépit de toutes ses imperfections j’aimais mon pays et ses habitants.

Et pourtant… Pourtant, à l’aube de mes dix-huit ans j’en suis arrivé à une triste conclusion, un constat plutôt amer : ce système ne marchait plus. Ma première réaction fut de me rebeller, envers et contre tout. Mais personne n’entendait mes cris. Sans doute parce que moi-même je m’étais rendu sourd. Et puis, j’ai finis par réfléchir… Il y avait pour un très jeune adulte comme moi deux solutions apparentes : soit me battre pour changer le cours des choses, soit vivre en dehors de tout ça, le plus éloigné possible de ce monde à bout de souffle. Lutter ou fuir. Mais ceux qui me connaissent en attesteront : j’ai bel et bien une trop grande gueule pour jouer la fille de l’air. C’est pour cette raison qu’il y a bientôt deux ans, je me suis engagé dans une des joutes les plus difficiles de ma vie : la politique. Ce monde que l’on dépeint comme sale, pourri, dangereux, hypocrite, élitiste, fermé, merdique, vénal, ambitieux ou encore bureaucrate, bourgeois, cynique, égoïste, irréel, instable, démago, travesti. Pour vous parler en toute vérité, il est un peu tout ça, parce qu’il n’est finalement que le reflet du monde. Mais il n’est pas aussi dégueulasse qu’il en a l’air. Comme l’humanité en général, il peut lui arriver de connaître des périodes plus sombres, où tout se confond dans une démarche nihiliste qui, nous sommes d’accord, en ferait vomir plus d’un. Oui, comme notre monde, parfois, la politique est malade. Soignons-la. Ensemble. Demain.

Parce que vous savez, vous qui lirez ça — et au fond j’espère que vous serez nombreux — , la politique, ce n’est pas que ça. La politique, c’est le bien de la Cité. C’est la fin du totalitarisme monarchique. C’est un serment dans une salle de jeux qui scelle la mort des privilèges et proclame des droits fondamentaux à un peuple. C’est l’abolition de l’esclavage. C’est la liberté de la presse. C’est la loi de 1905. C’est l’établissement des congés payés et du droit de grève. C’est la proclamation du droit de vote des femmes en 1944 sous le soleil ardent d’Alger. C’est la création de la sécurité sociale. C’est la fin des colonies. C’est le principe fondamental pour les femmes à disposer elles-mêmes de leur corps. C’est l’abolition de la peine de mort et la dépénalisation de l’homosexualité dans un pays libre, juste et humain. C’est le refus de la barbarie inutile et de la guerre en Irak en février 2003 devant le Conseil des Nations Unies. C’est la Charte de l’Environnement. Et c’est encore bien d’autres choses. C’est la France, pays qui pendant longtemps a été la voix de tous ceux qui dans le monde ne pouvaient pas parler. La politique, au-delà de ses tous ses gros défauts a œuvré pour le bien commun, n’en doutez pas.
Et nos aïeuls, lointains ou non, étaient là pour voir tous ces grands événements. Ils ont marché aux côtés de l’abbé Sieyès. Ils se sont indignés en même temps que Victor Schœlcher. Ils ont prié pour l’indépendance des religions avec Aristide Briand. Leur cœur a fait Blum avec le Front Populaire. Ils ont répondu à l’appel du Général De Gaulle qu’ils ont ensuite rappelé dix-huit ans plus tard. Ils ont désobéi à l’archaïsme en même temps que Simone Veil refusait de se soumettre à une partie de la droite désuète et poussiéreuse. Ils ont choisi le progrès en écoutant les discours de Robert Badinter. Ils ont mangé des pommes avec Jacques Chirac. Oui, on peut être lucide sur ses fautes et fier de son histoire. Parce que finalement, vous le voyez bien, le peuple n’était jamais loin dans ces grands moments de notre République. Ne l’oublions pas. Ne l’oublions jamais.

La politique n’est pas définitivement morte, l’issue n’est pas si fatale. Elle est seulement souffreteuse et vous prend en antidote pour assurer sa continuité. Elle compte sur vous. Plus encore : elle a besoin de vous. Parce que tout cela la dépasse et c’est à son cœur qu’elle doit s’en remettre. Alors demain, dimanche 27 novembre 2016, pour les primaires de la Droite et Centre, pour une vraie alternance, pour un souffle nouveau, pour une France nouvelle, mobilisez-vous, votez, faites voter. Je ne vais pas vous dire pour qui. Je n’en ai pas le droit. Mais soyez vigilants…

Il est fort probable qu’en élisant un candidat, celui-ci devienne votre futur Président de la République, alors au fond, ne nous y méprenons pas… Cela nous concerne tous. Certains vous ont parlé d’un duel plié d’avance entre deux hommes qui disent avoir toujours tout essayé alors que depuis trente ans, ils essayent la même chose en répétant ces vieux schémas qui ne fonctionnent plus. Pour redonner une petite impulsion à un débat qui n’était sûrement pas assez piquant, on a bien voulu rajouter un troisième terme à l’équation. Un homme qui lui aussi est présent sur la scène politique depuis une trentaine d’année, qui comme eux a su faire fi de ses convictions pour bien intégrer la sphère. A eux trois, leur vie politique atteint l’âge de mon arrière grand-mère. Sauf qu’elle, elle n’est plus de ce monde. Quand je suis né, ils avaient presque vingt années de vie publique au compteur, et maintenant… J’ai vingt ans. A leur place, j’aurais eu le temps de finir mes études, trouver du travail, me marier et fonder une famille. Eux sont encore là, mais ils n’ont toujours pas changé le destin. Je refuse de croire que dans une société qui est en train de changer de plus en plus rapidement, les solutions du passé soient l’issue nécessaire à une évolution prospère. Ce qu’ils n’ont pas fait en trente ans, je ne crois pas qu’ils le feront en quarante.

C’est pour toutes ces raisons, pour votre avenir et celui de vos enfants, que je me permets de vous adresser ces mots. Tout ne doit plus se faire sans vous. Une autre voie est possible. C’est maintenant, parce qu’après, il sera trop tard.
Alors, demain… Ecrivez une histoire que vous aimeriez lire et que vous n’avez jamais pu lire : la vôtre.

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