“UN SUCRE QUI TUE (A SUGAR THAT KILLS)” 1

Marimar, Mi Pecado, Luna, Au cœur du péché, Le triomphe de l’amour, La Patrona, Dans la peau du nôtre, La rue des mariés, Catalina y Sébastian, Daniella, La chacala, Rosalinda, Rubi, Teresa, la maison d’à côté, Amour interdit, Cœur brisé, Destin de femmes, Una Maid en Manhattan, Terre de Passion, Le prix du pardon (Séries latino), cette liste vous dit-elle quelque chose ?

Comme vous l’avez si bien compris, se sont quelques noms de ces séries télévisées diffusées par des chaînes de télévision africaines. Pourquoi ces télénovelas font-elles courir les africains? Quels bienfaits apportent-elles aux populations africaines ? Sont-elles dangereuses au point d’être un poison? Et puis, qu’est-ce que c’est une télénovela d’abord?

Le mot « telenovela » est un mot espagnol, formé d’après les mots « televisión » qui veut dire « télévision » et novela qui veut dire « roman », c’est-à-dire histoire longue. En portugais, en revanche, novela signifie « nouvelle », c’est-à-dire histoire courte, comme en français. Et « roman » se dit romance. Les lusophones devraient donc normalement appeler ces feuilletons des teleromances, mais en fait ils préfèrent utiliser le mot espagnol telenovela.

Dans ces feuilletons, on retrouve souvent des personnages à la recherche d’un membre de leur famille, une mère désespérée élevant seule ses enfants après l’abandon ou la mort de son mari, de jolies jeunes femmes pauvres, se servant de leur beauté pour réussir dans la vie quitte à ruiner la vie d’autres personnes, des hommes et femmes arrivistes, vénaux, avides de pouvoir et de richesses, capables de tout pour arriver à leurs fins. Des histoires d’amours entre des servantes crédules et des fils de la haute société. Amour, gloire, beauté, argent, mensonges et trahisons résument parfaitement les différentes histoires des telenovelas. Nombre de telenovelas comportent des personnages catholiques très pieux, des religieux, un prêtre. Quasiment toutes les telenovelas se terminent par un mariage, en tout cas par une fin très heureuse. Il y a une sorte de morale dans l’histoire, les personnages faisant le bien du début à la fin sont toujours récompensés de leurs bonnes actions ; en revanche les méchants montrant leur méchanceté, n’ayant aucune limite à briser des vies, en tuant de pauvres innocents pour arriver loin et triompher sur le malheur des bonnes âmes, paient toujours le plus souvent de leur vie, caractéristique de la punition divine. Dans les telenovelas, la musique est mise en avant. Il n’est pas rare que l’actrice ou l’acteur principal chante la chanson du générique ou de voir dans une scène des chanteurs ou des musiciens qui interprètent un des morceaux récurrents du feuilleton.

Comme le dit bien le slogan de Novelas tv, les cœurs des africains en général et pour la majorité des africaines, battent plus fort à l’écoute des génériques, certain(es) vont jusqu’à maitriser les génériques, les noms des acteurs (surtout les beaux mecs et filles), les scénarios, les heures de passages afin de ne pas en rater une miette, quitte à imposer cela aux membres de la famille, surtout nos hommes, regardant malgré eux, afin de bénéficier d’un peu de paix à la maison. Les téléspectateurs africains pour la majorité arrivent très facilement à se laisser convaincre et nombreux s’identifient même à un ou plusieurs personnages, tous de très bons acteurs, à tel point qu’à partir d’une certaine heure, la vie s’arrêtait dans toutes les villes de nos pays (du moins, dans les endroits qui étaient alimentés en électricité). Grands et petits, femmes, enfants et parfois hommes, tous sont scotchés devant leur petit écran, captivés par ces feuilletons, pleines de couleurs et de magnifiques répliques, diffusées par la chaine nationale au départ et sur les chaines privées ensuite occasionnant une vraie bataille celle, de la chaine qui montrerait la télénovela la plus prisée.

Du scénario nous apprenons des nouvelles cultures, différentes des nôtres, avec d’autres manières de penser, de voir la vie, relever les défis. C’est une sorte de voyage à travers l’écran pour des destinations inconnues mais plein de rebondissement et de conseils. Cela a permis, il faut le souligner, aux chaines africaines publiques et privées, les gros annonceurs de la place de voir augmenter leur chiffre d’affaire, leurs portefeuilles clients pour les uns et les audiences pour les autres.

Mais elles peuvent être un poison. Le danger est encore plus gigantesque pour téléspectateurs analphabètes, ou ne sont allés loin dans leur études, les enfants, jeunes filles et garçons, etc. Qui sont promptes à copier les mauvais exemples par effet de mode, arguant que tout ce qui apparaît à la télé n’est que vérité (et non fiction).

On peut noter des représentations de l’homosexualité et de la transsexualité (Central do Brasil de Walter Salles, nominée aux Oscars en 1989) ; La difficile ou parfois rare apparition des acteurs noirs sans être misérables et pauvres a aussi un impact sur le mental de nos populations qui souffrent déjà d’une discrimination crue ; Un homme riche ayant perdu son amour et qui cherche à le reconquérir quitte à commettre des crimes ou mieux des scènes enseignant la vengeance comme excellent et unique moyen de solution aux discordes. Les filles se baladant en maillot de bain, souvent nues dans la rue ou sur les plages. Des scènes de relations sexuelles exposées sans cryptage que les parents ont du mal à regarder avec leurs enfants et sont obligés de changer momentanément de chaine. Si je prends le cas de Theresa, qui fait la cours à presque tous les hommes. Imaginez les milliers de nos grandes sœurs, petites sœurs, tantes, cousines qui suivent ces feuilletons et qui pourraient être tentées par les mêmes comportements, de tromper leurs hommes ou leurs copines et sortent avec leurs mecs ? Est-ce, sommes-nous en train d’enseigner la trahison ?

Combien de nos enfants n’ont pas révisé leur cours du jour ou du lendemain, fait leur devoir la veille par ce qu’il ne voulait pas rater leurs séries ? Combien ont échoué, redoublé une classe ou bien se sont fait renvoyer d’un établissement scolaire simplement parce qu’ils n’ont pas su à quelle heure réviser leurs leçons ? Les chiffres doivent être énormes. Et ajouté à cela les parents qui eux aussi, captivés par les mêmes programmes, n’ont pas su imposer un certaine discipline à leurs enfants, en limitant les heures pour la télévisions et choisissant les programmes bien pour eux. Même ceux qui ont essayé de le faire ont échoué simplement parce qu’ils n’étaient pas là pour s’assurer que les enfants étudient effectivement.

Pire encore, certains parents ne sont pas exemplaires. Les maris sont obligés d’attendre que leurs femmes et enfants finissent de regarder ses séries pour enfin pouvoir manger, nombreuses sont les femmes qui brûlent les marmite au feu, parce qu’elles regardaient la rediffusion d’un épisode de Marimar, Rosalinda, qu’elle a pourtant regardé la veille à 20h ; Plus de conversations intéressantes dans certaines maisons que les commentaires sur le dernier épisode de la télénovela. L’effet de ces telenovelas dans nos familles est clairement désastreux.

En sommes, Les chaines africaines doivent être un moyen d’éducation pour véhiculer des valeurs et des vertus morales dignes. Si tel devrait être le cas, il va falloir limiter les dégâts ou du moins revoir vos copies en valorisant plus les séries africaines correctes car tout n’est pas excellent, par le biais de leurs programmes. Elles décrivent mieux notre culture.

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