Yaa Asantewaa (1832–1901) : QUEEN OF GHANA

Yaa Asantewaa

L’année 1896 voyait l’arrestation du chef des Ashanti, l’Asantehene Prempeh, de sa reine mère, l’Asantehemaa Yaa Akyiaa, puis leur exil à la Sierra Leone.

La reine-mère de l’état d’Ejisu, Yaa Asantewa, alors âgée d’une soixantaine d’années, avait aussi lors de cette bataille vu la capture de son petit-fils et chef Kwesi Afrane II et hérité du rôle de chef de l’état d’Ejisu qui possédait la fonction de protecteur du porteur du Siège d’Or. Le 28 mars 1900, alors que l’Ashanti était devenu un protectorat britannique, le gouverneur local, Frederick Hodgson rassembla Yaa Asantewaa et les autres chefs ashantis restants.

Il leur fit part des conditions financières humiliantes auxquelles allait être soumis l’Ashanti. Le chef des Ashanti allait devoir être remplacé de fait par le gouverneur britannique et le Siège d’Or lui être rendu. Jugeant ces conditions inacceptables, la vieille reine déclara, dans un discours d’anthologie aux autres chefs présents plus tard le même jour :

« Comment un peuple fier comme les Ashantis regarder sans rien faire alors que les Blancs enlèvent leur chef et les humilient ensuite par des demandes relatives au Siège d’Or ? Les Blancs ne voient que de l’argent dans le Siège d’Or ; ils ont creusé et cherché partout pour le trouver. Je ne paierai pas une pièce à ce gouverneur. Si vous, les chefs de l’Ashanti allez vous comporter comme des peureux et ne pas vous battre, vous devriez échanger vos pagnes contre mes sous-vêtements. » Un coup dans les couilles faisant toujours plus mal au moral qu’un coup dans la bouille, les chefs Ashantis lancèrent une nouvelle guerre pour chasser les Britanniques du territoire et conserver le Siège d’Or le 2 avril 1900. Cette guerre durera 11 mois jour pour jour, et finira lorsque Yaa Asantewaa fut arrêtée le 3 mars 1901, quelques mois après la mort de son adversaire directe, la Reine Victoria d’Angleterre. Exilée aux Seychelles avec une quinzaine d’autres ‘cerveaux’ de la rébellion Ashanti, elle y mourra 20 ans plus tard en 1921.

Le Siège d’Or, caché selon la tradition dans la forêt, aurait échappé à la capture des Britanniques et permis, lors de sa réémergence des années plus tard, à garantir la survie et la continuité de l’Ashanti, l’une des plus remarquables royautés africaines dans le monde moderne, comme d’autrefois.

L’Asantehene actuel Otumfuo Osei Tutu II, à droite du Siège d’Or
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