[LOWTECHTOUR_fr] Escale #12 / Chatte / Phyto-épuration

Après une année à arpenter les routes, l’équipe du Low-tech Lab termine son tour de France par la découverte de la phyto-épuration. Pour leur dernière escale, ils se sont rendus dans le département de l’Isère, à la rencontre de Kevin Quentric spécialiste du sujet et particulièrement dans le suivi et le conseil des chantiers en auto-construction.

Retrouvez le tutoriel sur le site du Low-tech Lab : http://lowtechlab.org/wiki/Phyto%C3%A9puration_eaux_us%C3%A9es

Lundi

Nous quittons notre camp de base à Concarneau pour nous rendre à Chatte en Auvergne-Rhône-Alpes. Encore une longue journée de voyage à travers nos belles campagnes. Thibaud, jeune agronome, intéressé par le sujet de la phyto-épuration nous accompagne. 10 heures de route, c’est l’occasion de faire connaissance.

Nous arrivons à la tombée de la nuit, après avoir traversé de nouveau cette France que nous commençons à connaitre sur le bout des doigts. C’est au bord d’un champ de noyers que notre fidèle destrier trouvera un sommeil mérité après cette longue traversée.


Mardi

Nous rencontrons Kevin et profitons d’un petit déjeuner tous ensemble pour planifier la semaine. Kevin, professionnel de phyto-épuration, réalisait auparavant lui-même les chantiers pour les particuliers. Aujourd’hui, il accompagne les auto-constructeurs dans leurs travaux.

Nous nous rendons tous ensemble au lieu du futur chantier de la semaine. Nous sommes accueillis par la famille Blé, Joël et Marie-Thérèse. Ce jeune couple de retraités souhaite mettre en place un système de phyto-épuration de par son intérêt économique, esthétique et environnemental. C’est donc ici que nous pourrons visualiser la construction pas à pas de ce système. Pour l’instant, les travaux n’ont pas commencé ce qui nous laisse le temps de réaliser quelques plans de cadrages avant le début du chantier et de poser toutes les questions qui nous viennent à l’esprit.

Nos discussions avec Kevin nous permettent de mieux comprendre le rôle des plantes. Contrairement à l’idée reçue d’une phytoépuration, la présence de végétaux n’a pas pour but de filtrer l’eau mais de créer un milieu favorable au développement des bactéries, ce sont ces micro-organismes qui assureront cette fonction. Autre point important souligné par notre spécialiste, la ce système d’assainissement représente un cout non négligeable et doit être encadrée par des organismes agréés, la mise en place de ce système ne peut être réalisée qu’en l’absence d’un branchement au réseau collectif au tout-à-l’égout.

Les travaux commencent durant l’après-midi, nous rencontrons l’équipe de chantier. Cette fois-ci, c’est l’artillerie lourde qui est utilisée, la mini pelle est sortie pour l’occasion…


Mercredi

Les travaux avancent pour le mieux, le bassin du premier filtre est creusé et la bâche d’étanchéité est posée. La taille des bassins est calibrée selon le nombre de chambres de l’habitat, nous parlons en équivalent habitant. Un équivalent habitant correspond à une utilisation en eau de 150 litres par jour.

Nous qui avions l’habitude de construire par nous-mêmes nos découvertes Low-tech lors de nos escales, nous sommes cette fois-ci observateurs. Autant vous dire qu’une certaine frustration de ne pas bricoler se fait ressentir. Clément et Thibaud donnent certains coups de main à l’équipe de chantier mais rien de comparable à notre habitude.

En fin de journée, la visite chez un permaculteur (Alain Orengia) nous permet d’admirer son dispositif de phytoépuration finalisé il y a plus de 6 ans. Le résultat est une vraie réussite. Les deux bassins s’intègrent parfaitement à ce jardin permacole.

Les roseaux de plus de 2 mètres de haut disposés dans le premier filtre offrent une sensation de légèreté. Le second bassin est quant à lui agrémenté de Massettes, Plantins aquatiques, Jongs de chaisiers, Salicaires, Iris des marais, Rubaniers, menthe aquatique (odeur, invasif). Leur floraison étalée offre de précieuses ressources aux pollinisateurs. Aucune mauvaise odeur ne revient à nos narines, seul le parfum de menthe aquatique prédomine. Le propriétaire est plus que satisfait de son installation.


Jeudi

La chaleur du sud en ce mois de juillet commence à se faire sentir sur nos têtes habituées au climat breton. Mais ceci ne gène en rien la créativité de Camille qui s’est mise en tête de fixer la camera sur le bras de la mini pelle. L’équipe de chantier se prête au jeu d’un air amusé. Le résultat est TOP !

Kevin nous amène ensuite au suivi de chantier d’un auto-constructeur qui réalise lui-même ces travaux d’assainissement. Thibaud et Clément se prêtent pour l’occasion en assistant de travaux.

La profondeur respective du premier et du second filtre est de 90cm et 60 cm. Une aire de 2m² par équivalent habitant est nécessaire pour chacun des 2 bassins. Enfin tout au long du circuit des eaux usées le pourcentage de la pente doit au minimum être compris entre 2 et 3 %. Selon Kevin, passer par l’auto-construction permet une économie financière de 30 et 50% selon les cas de figure.

La soirée se termine par un repas chez Kevin, l’occasion pour nous de découvrir ses talents cachés de musiciens et de chanteur. Au passage, pour les amateurs de musique.

Voici les liens de son groupe : Facebook / Youtube


Vendredi

Nous sommes à la finalité des travaux, la bâche d’étanchéité du second bassin est posée. L’ensemble des drains sont à présent fixés. Le remplissage peut alors commencer. Les différentes successions de couches de graviers, gravillons et sables sont réalisées dans le respect des caractéristiques des deux bassins.

Ce dernier jour est aussi l’occasion pour nous de réaliser un bilan de nos connaissances et de filmer les ultimes scènes manquantes pour l’explication notre vidéo. Nous profitons encore de quelques visites des précédents chantiers de Kevin. C’est toujours le même résultat. Nous sommes impressionnés par la quantité de vie que cette installation abrite. Abeilles, papillons, et autres pollinisateurs semblent s’y plaire. Certains propriétaires nous confiront même percevoir des batraciens dans leur jardin depuis la mise en place ces zones humides.

C’est avec un verre en terrasse que nous terminons l’aventure en compagnie de visages qui nous sont désormais familiers : Kevin, Joël et Marie-Thérèse. L’arrivée d’un concert de reggae nous conduira même à nous laisser tenter par des tapas.


Nous profitons de la fin de soirée pour débuter notre retour en Bretagne. C’est sous un orage et une pluie battante que nous quittons la région. Le retour est l’occasion pour Thibaud d’écouter l’ensemble des aventures vécues au cours de cette année par ses deux acolytes. C’est avec plein de souvenirs et de péripéties que Clément et Camille font part de leur périple. Un projet semble clairement se dessiner … l’expérimentation d’un habitat sur roulettes incluant l’ensemble de leurs découvertes Low-tech ?!