Enfants de tous pays

Un jour, je fis le rêve bizarre où je rencontrais une personne insolite. Elle avait la peau noire blanche ou jaune,Les yeux bleus bridés. La discussion déclenchée : Elle parlait comme si elle représentait une partie de l’humanité. Une partie qui suffoquait et se faisait taire ; vivante hélas sous terre. Je distinguais le regard lointain mémorable de mon compagnon qui commença ses dires :

Chaque matin je me réveille dans mon lit douillé par les raillons doux du soleil s’introduisant par le toit détruit hier par l’échange de bombes entre les rebelles et les soldats. Chacun de nous se bat pour une cause l’un pour faire échouer la conquête ennemie dans la terre des combattants, l’un pour surveiller ce qui reste des biens volés par les pays dévastateurs dans l’Afrique pauvre. L’autre pour combattre ceux qui envahissent ses terres au nom de Dieu.Tant pis pour le toit au moins je dormirai à la bonne étoile, je contemplerai le ciel et je verrai les étoiles libres danser dans les noirceurs de l’aube me nourrissant d’espoir. Une fois les pieds sur ce qui reste du sol, j’irai en direction de mon armoire. Comme si j’avais le choix, ajouta-t-il avec un sourire narquois. Je porterai ce qui me reste de haillons au moins je serai à la mode ! je porterai le pantalon déchiré le pull déchiré avec mon cœur « déchiré » ça devra faire l’affaire. Ma mère était rayonnante en fin de compte ; je crois c’est peut-être l’effet de ne pas avoir bu de l’eau potable , ni d’avoir mis une mie sous ses dents depuis deux mois.

Mon père il reviendra un jour enfin je crois c’est ce que me dit ma mère. Je sors sauter crier danser sur les débris des maisons. Puis les sentiments me dépassent et c’est à ce moment que je me sens plus humain. La peur la tristesse. Un sort qu’on m’a choisi mes ancêtres. Pourquoi ? Pourquoi se donner tant de mal ? Mourir sans avoir connu la liberté ? Depuis que nous sommes nés, libres pendant cinq minutes puis on nous choisit un nom une religion une nationalité un pays sans qu’on n’ait rien demandé puis on nous demande d’apprendre à aimer le destin qu’on nous a choisi ? On dit que la vérité sort de la bouche des enfants alors pourquoi on ne veut pas l’écouter ? Parce qu’elle n’offre ni pétrole ni gaz naturel ? Parce qu’elle n’offre pas de l’or ? Je regarde cette personne avec des yeux admirateurs. Quand soudain je me réveille…

Aziz BELARBI