Prague, ou la ville aux mille tours et mille clochers.
Capitale et plus grande ville de République tchèque, Prague est aujourd’hui forte de son architecture mêlant les styles préroman, roman, gothique, baroque, rococo, Art nouveau et cubiste.
Ce papier tient lieu de teaser pour une future immersion tchèque. À toi, membre de la famille Gaches, uses-en sans modération…

Rue de Prague, Otto Dix
6h30 ; Prague s’éveille ; de la Staroměstské náměstí (place de la Vieille-Ville), tu observes l’horloge astronomique médiévale s’animer ; attablé depuis un café, tu peux tutoyer cet édifice situé sur le mur Sud de l’hôtel de ville ; la perturbation provoquée par ses cloches se propage dans ta tasse. La légende veut que l’on ait crevé les yeux de l’horloger Hanus pour l’empêcher de reproduire son chef-d’œuvre ailleurs. Miraculeusement, Prague a échappé aux destructions de la Seconde Guerre mondiale ; tu peux donc te réjouir que ton globe oculaire soit intact.
Maintenant passe le pont Charles sur la Vltava (ou Moldau en allemand… et oui la même que Smetana) et rejoins Staré Město, la Vieille Ville bourgeoise, après avoir passé du bon temps à flâner au Malá Strana de l’aristocratie et au quartier du Château.
Au détour de plusieurs rues pavées, tu as découvert un quartier baroque, entièrement reconstruit au début du XVIIe siècle à la suite de grands incendies. Situé sur une pente qui monte vers le château royal et impérial, c’est le quartier de la grande noblesse impériale (Lobkowicz, Sternberg, Thun...) qui a fait bâtir de merveilleux hôtels particuliers après la bataille de la Montagne Blanche, dans un style baroque typique du début du XVIIe siècle. Ceux-ci ont été acquis pour la plupart par des ambassades étrangères. Mala Strana possède aussi de très nombreuses églises baroques dans un style éclatant : l’église de l’enfant Jésus, connue dans le monde entier, en raison de sa « poupée » qui représente le Sauveur, l’église Saint Thomas, et l’église Saint Nicolas, due à la dynastie Dientzenhofer.
Donc tu viens de passer l’ouvrage civil gothique le plus important d’Europe (toujours le pont Charles, ne te perds pas) et tu arrives dans la vielle ville. Véritable musée à ciel ouvert, il ne te reste plus qu’à ouvrir grand tes yeux… Sois généreux et offre ce cadeau à ta rétine !
La prise de conscience est inévitable : l’amoncellement harmonieux de tous les styles architecturaux d’Europe est dans cette ville indéniable.
Tu peux également t’essayer au jeu d’imaginer ce quartier le 20 aout 1968. Alors tu verras la ville tomber aux mains des parachutistes soviétiques. En effet c’est cette même année que le Printemps de Prague et l’écrasement du « Socialisme à visage humain » par les troupes de l’URSS marquera profondément les Praguois et inspirera la culture des années 1960-1980.
Maintenant tu veux battre le pavé autour de la cathédrale Saint Guy ? Il ne tient qu’à toi que ce vœu se réalise. Allez, je ne vais pas te laisser en plan ici, encore un peu de teasing avec ces quelques évocations littéraires de la ville qui endosse encore aujourd’hui le rôle de capitale de la région historique de Bohême :
« Prague, c’est une ville vraiment trop chouette. » Victor Hugo
« Comme la drogue, vous n’en serez jamais las. » Charles Baudelaire (à propos de Prague)
« Dans les rues praguoises mes yeux divaguent. » J.P. Sartre

J’aimerais vous quitter sur cet édifiant bilan dressé par Milan Kundera en 1980 (si si tu connais) :
« Prague, ce centre dramatique et douloureux du destin occidental, s’éloigne lentement dans les brumes de l’Europe de l’Est à laquelle elle n’a jamais appartenu. Elle, première ville universitaire à l’est du Rhin, scène au XVe siècle de la première grande révolution européenne, berceau de la Réforme, ville qui a fait éclater la guerre de Trente Ans, capitale du baroque et de ses folies, elle qui, en 1968, a vainement essayé d’occidentaliser le socialisme importé du froid. L’image de l’Atlantide me vient à l’esprit. »
En définitive Prague est insaisissable… mais nous n’allons pas reculer donc il me tarde de vous retrouver là-bas.
Tout à vous sous l’impulsion des temps écoulés,
Louis Gaches. 22/07
