8e partie: au bout de ses rêves

Qui n’a pas rêvé au moins une fois dans sa vie de tout balancer et de partir à l’aventure? De trouver l’idéal de vivre, de se recentrer sur l’essentiel et de faire fi du reste. Au moins quelques semaines…
Patrice, lui, a décidé de plonger à 34 ans. Il est à Goa depuis 2004. Son rêve, c’était de vivre au soleil 12 mois par an. Il a quitté Montréal et après quelques mois à bourlinguer, il s’est installé dans cette maison que nous lui louons pour la semaine.

La plupart de ses amis et membres de sa famille ont tenté de le décourager de laisser derrière une brillante carrière en informatique, pour partir en Inde. Mais la voix intérieure a résonné plus fort. Aujourd’hui, il loue des maisons à des touristes comme nous, fait de la gestion de sites web autour. Assez pour vivre convenablement. Ils sont une cinquantaine d’expats, comme on les appelle, à avoir choisi de vivre dans la région…


Deepa, lui, n’a jamais eu ce choix. Comme son grand-père et son père avant lui, il est devenu pêcheur à Goa. Sa vie se résume à prendre la mer chaque matin, dans l’espoir de ramener assez de poisson pour faire vivre sa jeune famille. Dans quelques semaines, son bateau restera à quai. Les restaurants fermeront tour à tour jusqu’en septembre. Deepa ne pourra plus vendre son poisson. L’été sera long, mais le rêve d’une nouvelle saison dans quelques mois le rassure déjà…

Les commerçants doivent démanteler leurs installations d’ici le 30 avril. Il ne doit plus rien rester de structure, à moins qu’elle soit permanente, ce qui n’est à peu près jamais le cas. Hansi qui travaille 12 heures par jour, 7 jours par semaine d’octobre à avril va défaire les panneaux de son kiosque et les remiser au village. Puis elle ira retrouver sa famille dans l’état voisin. Dans quelques semaines, ces gîtes ne feront plus partie du paysage. La saison des cyclones fera ainsi moins de ravages…


En attendant, nous, les boys, on se la coule douce. Et quand on compare nos rêves avec ceux des gens que nous avons rencontré sur notre route, on se dit que l’on a beaucoup de chance. Merci à celles qui nous permettent de les vivre ( vous allez vous reconnaître). Et n’arrêtons jamais de rêver…

