Reprise du pouvoir par les consommateurs.

Et si on mangeait une ratatouille ce soir ? Oui mais locavore !

A l’heure où la consommation de masse et grands industriels vous proposent des fraises en hiver et des bananes vertes du Cameroun à moins de 1 euro le kilo toute l’année, le consommateur se rebelle. Il veut savoir ce qu’il y a dans son assiette et le payer au prix juste. Pas de lasagnes à la viande de cheval, pas de tomates du Maroc hors de prix en début de saison bien calibrées et bien rouge mais sans goût.

La solution : l’achat en circuit court, sans intermédiaire. Directement du producteur à votre réfrigérateur.

Ce phénomène au départ réservé aux personnes étiquetées « Bobo-Bio », se démocratise. On dit qu’il devient éco-responsable.

Cette résistance face aux GMS est apparue en 2007 en France avec les AMAP (Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne). Suivi de l’émergence de nombreux magasins : indépendants gérés par les agriculteurs ou collaboratifs et le renouvellement de la vente directe à la ferme.

Les circuits courts présentent de nombreux avantages :

· Diminution des coûts

La réduction du nombre d’intermédiaires permet la diminution des coûts : Moins de structures à financer, moins de marges cumulées. Le consommateur paie le vrai prix de son achat. Seul la marge utile au producteur pour s’assurer un revenu correct est ajoutée.

« J’aime pas les tomates qui voyagent plus que moi »

La démarche d’achat en circuit court est écolo. Le consommateur veut réduire les émissions de gaz à effet de serre et les coûts de transport. Éthiquement, manger un fruit hors saison qui a parcouru la moitié de la planète est-il un gage de fraîcheur ? La réponse est évidente.

· Transparence

Les clients peuvent consommer en toute transparence les produits qu’ils achètent grâce au partage de l’information, à l’expérience et à la traçabilité.

· Création du lien social

Préférez-vous faire vos courses dans un méga magasin bondé le samedi après-midi ou retrouver le plaisir de choisir vos produits, et partager avec celui qu’il l’a fait ? Le circuit court rétabli un lien social entre les producteurs et consommateurs. On connait notre vendeur qui retrouve son identité et met son travail en valeur.

· Pouvoir économique

Devenus forts de leur position de leader sur le marché de la consommation, les GMS et les grands industriels de l’agro-alimentaire imposent leurs conditions aux producteurs. Pour survivre, le producteur vend sa marchandise à un prix moins élevé que son coût de revient provoquant des situations dramatiques : faillites, isolement social et suicides d’agriculteurs.

Face à cette triste réalité, consommateurs et producteurs reprennent le pouvoir sur leurs porte-monnaies et leurs palais.

Gaumer Ludivine