RÉFLEXIONS

LE POIDS D’UNE PENSÉE PEUT FAIRE BASCULER LE COURS DE L’HUMANITÉ.

Sois le changement que tu veux VOIR dans le monde (Gandhi)

Ça-voir et le faire savoir…
Je vois
ce que je suis , je suis ce que je vois.

Je fonctionne à l’instinct avec mes T-R-I-P-E-S/ E-S-P-R-I-T.
Ma perception et ma compréhension passent par les ressentis, les émotions puis se manifestent comme des évidences, des images, des caractères reliés à des symboles, des mythes, des légendes…). Ce sont des signatures, des synchronicités. Ces signaux articulent et ancrent ma pensée.

C’est certainement pourquoi je crée des images. Une image vaut mille mots dit-on. Il y a dans cette façon de faire une compréhension globale, c’est instantané, les représentations visuelles aident à mieux voir, offrent à mieux ça-voir/savoir ce que c’est que voir, questionnement essentiel et constitutif de mon travail, ma façon de vivre.

Je suis ce que je vois, je vois ce que je suis…
l’œil ne peut voir que ce que l’esprit est prêt à comprendre…

Quels sont les décalages, les similitudes, les points de rencontre entre ce que je suis et le monde qui m’entoure dès lors que je suis en inter-action dans un univers composé d’une multitude de mes semblables…
Quelle perception commune de “je suis” partageons nous? 
Quelle vision de ce que “je suis” en avons nous?
Comment représenter l’unité dans la diversité, l’unité de ce qui nous anime profondément tout en préservant notre intégrité, notre identité propre, unique. Ce qui me différencie fait que je suis ce que je suis. 
Ce que je suis est construit, nourri de cette différence qui s’exprime au travers des inter-actions avec mon environnement.

Cet environnement serait l’expression d’autres parties de moi dans cette pluridimensionnalité qui nous rassemble et dans laquelle nous évoluons?

Combien je suis à partager les mêmes questionnements, les mêmes buts, les mêmes valeurs, les mêmes rêves?

Voir, ça voir… savoir
Une œuvre, une création existe dès lors qu’elle est exposée au regard de l’autre…

C’est le spectateur, l’observateur, le regardant qui va la reconnaître… c’est lui et non l’artiste qui termine l’œuvre. 
Est-ce qu’une peinture, un film, une musique, une sculpture… a une existence s’il n’y a personne pour l’écouter, la regarder? Il est communément admis que l’observateur modifie l’expérience, impacte le message.

Il en va de même pour nous, c’est dans le regard de l’autre que l’on existe… 
S’exprimer librement sans être influencé par les restrictions de notre environnement? J’existe dès lors que je m’exprime, que je m’expose…

Les artistes sont généralement considérés comme des affranchis, ils projettent sur le matériau(1) ce qu’ils ressentent profondément, ainsi ils s’expriment. Ils témoignent. En s’exposant, ils partagent un sentiment, une émotion, une idée et en la communiquant, ils invitent le public à la possibilité d’y participer quelle que soit la façon dont ce sera reçu. C’est toujours une expérience.

Antonio Tapies: 
“L’ art est une source de connaissance, tout comme la science ou la philosophie. Et la grande lutte entreprise par l’homme pour sans cesse affiner sa perception de la réalité, cette lutte ou il retrouve grandeur et liberté, ne peut aboutir s’il manie des idées déjà formulées et déjà réalisées. Des formes caduques ne peuvent pas servir des idées nouvelles. Quand les formes ne sont pas capables d’agresser la société qui les reçoit, de la déranger, de l’inciter à la réflexion, de lui dévoiler son propre retard, quand elles ne sont pas en rupture, il n’y a pas d’art authentique. Devant une véritable œuvre d’art, le spectateur doit ressentir la nécessité d’un examen de conscience, d’une révision de son domaine conceptuel. L’artiste doit lui faire toucher du doigt les limites de son univers, et lui ouvrir des perspectives nouvelles. Il s’agit là d’une entreprise véritablement humaniste.”

Les créateurs s’affranchissent des codes, des usages, des modes d’action et communication “politiquement corrects”, de ce fait ils sont en quelque sorte “satellisés”.

C’est une expérience réellement libératrice de s’accorder de vivre la vie sans avoir d’attentes. Lorsque l’on a des attentes, on a des idées préconçues sur la façon dont les choses devraient se manifester. Les attentes engendrent de l’incertitude sur le résultat de la chose désirée, des spéculations sur ce qui pourrait ou non se produire.
Se libérer des attentes pour être en mesure de suivre le cours de sa vie.
Attaché à un résultat, c’est se limiter, s’attendre à ce que les choses se produisent à un moment donné et d’une certaine façon. 
Avoir des attentes sur la façon dont les désirs doivent se manifester produira des sentiments négatifs si les attentes ne sont pas comblées. 
L’attente limite la perception sur les choses. Agir ainsi c’est occulter la façon dont les choses se passent réellement lorsque l’on s’ attend à ce qu’elles se passent d’une certaine manière. C’est s’empêcher de reconnaître les bonnes choses qui viennent.

Ne pas avoir d’idées préconçues pour limiter la perception, c’est s’accorder consciemment d’accepter ce qui vient à nous pour l’accueillir.
Mettre en application le “principe de la sortie du réverbère”, ne pas faire comme le fou qui cherche dans la nuit son chapeau perdu dans la lumière du lampadaire, parce que c’est le seul endroit où il y voit quelque chose…(2)

Qui je suis ?… dans un monde de plus en plus marqueté, nous avons la possibilité de nous (re)présenter/exposer sous divers formats professionnels, amical, hobby etc… à chaque format, son style mais toujours en un minimum de caractères. C’est très réducteur, peut-être un peu schizophrène. Se présenter dans le but d’une action/attente/résultat bien précis fait que mon ÊTRE est conditionné et réduit par “le faire”.

Un autre facteur est notre mode de vie auquel nous ne prêtons plus attention. Oui, je parle de la technologie qui nous incite à l’isolement, on se jette dessus comme des êtres affamés d’oubli.
Oui « oubli » parlant de technologie. Regardons, actuellement : nous sommes attachés, liés, inséparables de nos téléphones portables qui nous proposent un grand nombre de possibilités de nous oublier et de nous empêcher de réfléchir (miroir) en nous offrant des moyens de ne plus penser à notre vie réelle. Lorsque nous “plongeons” dans nos téléphones, dans nos ordinateurs et autres objets de “nouvelle technologie “, nous ne sommes plus nous mêmes. Nous devenons des robots qui ne réfléchissent plus. Nous devenons des humains manipulés, mais avec notre consentement, nous sommes des êtres humains robotisés.

Le tentation est grande de se laisser attirer et manipuler de cette façon là, ainsi il sera difficile de réfléchir par nous-mêmes, et moins nous aurons conscience de ce qui se passe autour de nous et d’inter agir.

Paradoxe !? Car ces même outils ont fait de nous des connecteurs transpondeurs… 
Dès lors se pose la question : Combien je suis ?

Confucius : “l’énergie des esprits est abondante. On la regarde sans la voir. On l’écoute sans l’entendre. Sa substance et sa forme ne peuvent être perçues. Bien que l’on ne puisse la toucher. Elle est manifeste, pareille à l’Océan, et sa réalité ne peut être niée.”

“Nous ne sommes que des grains de sable mais nous sommes ensemble. Nous sommes comme les grains de sable sur la plage, mais sans les grains de sable la plage n’existerait pas.” (Bernard Werber)

“La somme des individualités est inférieure à la valeur du groupe.”

L’holoptisme(3) du grec Holos : le tout et de ptisme : voir. “Voir le tout”.

Il est admis que nous foulons l’ère de la cooptation, de la mutualisation. Les termes créatifs culturels, cocréation, intelligence collective, holoptisme sont communément utilisés.
La notion de créatifs culturels n’est plus anecdotique, c’est une notion maintenant admise…même si nous ne voyons pas encore concrètement comment cela se cristallise, et comment est représentée cette “communauté”, cette multidimentionnalité de “Je suis…combien je suis?”

NOUS Y VOILA… créer c’est changer la réalité… librement en s’accordant le droit de l’exprimer. Le manifester sans tenir compte des postures, c’est une aventure un saut dans le vide. Mais aussi prendre le risque d’être critiqué par les cyniques, septiques, qui ont besoin de garanties, de certitudes, de normes, de retour sur expériences et qui se drapent de l’ autorité du sachant, de l’expert… La seule certitude aujourd’hui c’est que leurs normes ne fonctionnent pas… et ça,c’est vérifié!

Leur posture incite à la duplication d’agissements caducs.

Combien je suis à faire ce rêve d’une autre réalité? Je vois ce que je suis, je suis ce que je vois, cette conscience, cette nouvelle façon de penser a besoin de sa forme, d’une représentation … la vision multidimensionnelle de “je suis, Combien je suis”.

Ce Savoir Être, c’est tout un Art et l’Art de le faire ça voir … est un acte délibérément créateur de comme-unique-action, un Art de vivre. Cet Art de communiquer, d’exprimer et de représenter le changement que “je suis/nous sommes” porteurs et incarnons dans ce monde en mutation que nous cocréons.

1 : On appelle matériau toute matière utilisée pour réaliser un objet au sens large. Ce dernier est souvent une pièce d’un sous-ensemble. C’est donc une matière de base sélectionnée en raison de propriétés particulières et mise en œuvre en vue d’un usage spécifique.
2 : Quelques exemples ? Le travail de Joan Miró, qui basculait ses toiles à l’horizontale, suscitant les accidents informes et guettant leurs suggestions.
https://perspective.revues.org/1053 Ou https://bouillaud.wordpress.com/2013/03/27/jean-paul-fitoussi-le-theoreme-du-lampadaire/ 
3 : Très bien développé et richement documenté dans le livre -Voyages en émergences- de Marc Tirel. Sous une apparence romancée il traite les questions des transformations structurelles auxquelles notre société résiste, un éclaireur qui s’aventure hors du cône du lampadaire.
voyagesenemergences.strikingly.com