Comment manager notre boss ?

Souvent, c’est comme si l’assistante gérait, non seulement l’emploi du temps de son manager, ses appels et ses messages, mais aussi sa personne. Comment le faire avec un maximum d’efficacité ?

Il est souvent question aujourd’hui de ce que les Anglo-saxons appellent « managing up », c’est-à-dire « vers le haut », à l’inverse de la direction traditionnelle. Car le management n’est pas qu’une question de pouvoir hiérarchique. C’est aussi une question d’influence et de collaboration productive. Comment pouvons-nous donc influencer notre boss afin de mieux coopérer pour le plus grand bien de tout le monde ?

Même Achille avait son talon

Le manager, en dépit de son air d’autorité et peut-être de sa vanité, dépend — ô combien ! — de son assistante. Il nous faut repérer ses points forts et ses points faibles. Il faut comprendre son contexte : ses objectifs et les sources de pression et de stress qui pèsent sur lui. Quelle est sa méthode préférée pour recevoir les informations ? Pour déléguer des tâches ? Pour prendre des décisions ? De quoi est-il le plus fier ? A la lumière des réponses, on peut définir notre propre valeur ajoutée pour lui.

Quand le mieux est l’ennemi du bien

Il arrive trop souvent que le désir d’être l’assistante parfaite qui lit dans les pensées de son manager nous empêche de poser trop de questions, de vérifier ce que notre manager veut dire. Pourtant, celui-ci, comme la plupart des êtres humains, n’est pas toujours très explicite dans ses instructions. Ainsi, il faut que l’assistante sache bien manier l’outil de base du management : le questionnement. Certes, on montre par là qu’on n’a pas tout compris, mais on finit par comprendre exactement ce qui est attendu de nous, et c’est d’autant mieux.

La pleine conscience des émotions

Dans ses interactions avec le manager, l’assistante doit faire preuve d’intelligence émotionnelle. Ce terme désigne notre capacité à être conscient de nos émotions et de celles des autres, à trouver les causes de ces sentiments et à les canaliser de manière positive. Si notre manager nous parle parfois d’une manière un peu vive ou nous fait une réprimande injuste, c’est probablement parce qu’il est lui-même agité par des émotions négatives liées à ses difficultés professionnelles. Mieux comprendre son contexte, c’est être plus à même d’anticiper ses besoins. C’est aussi accueillir ses sauts d’humeur avec plus de sérénité, en sachant que nous n’en sommes ni la cause ni le véritable objet. Comme les émotions sont toujours contagieuses, surtout les négatives, nous devons canaliser les nôtres pour ne pas ajouter de l’huile sur le feu dans des situations de conflit potentiel. La nouvelle forme de méditation simple qu’on appelle « pleine conscience » (« mindfulness » en anglais) peut être d’un précieux secours ici.

Jeremy Stubbs, associé lvdH / consultant en management, conférencier

D’origine britannique, Jeremy Stubbs est auteur, universitaire et consultant en management. Vivant et travaillant en France, il est associé à la voie des Hommes, communauté de talents libres pluridisciplinaires, qui s’appuie sur une solide expérience de management opérationnel et de nouveaux modes de gouvernance partagée. Jeremy Stubbs est par ailleurs co-auteur de « Manager au quotidien pour les Nuls » (First Editions — 2015), livre née de la collaboration de 14 talents libres lvdH.