L’Art DC Comics : vague de héros au Musée de l’Art Ludique

Superman, Batman, Wonder-Woman… Jusqu’au 10 septembre prochain, les héros DC Comics s’invitent au Musée de l’Art Ludique ! L’occasion d’en apprendre davantage sur la genèse de ces personnages devenus de véritables mythes de la culture américaine et, bien au-delà, de la pop-culture.

DC Forever

L’exposition fait bien évidemment la part belle aux deux mastodontes de la maison d’édition américaine : le kryptonien et le Chevalier Noir se disputent la partie majeure du musée, tant leur emprise remonte sur bien des médiums. Né des mains de Joe Shuster et Jerry Siegel, Superman est devenu l’égérie de DC Comics, premier héros à avoir bénéficié de son propre « magazine » à partir de 1938.

Pour autant, les super pouvoirs et l’invulnérabilité de notre homme en slip n’ont pas éclipsé la carrure de Bruce Wayne, sombre héros marqué par la tragédie familiale, ou celle de Diana Prince (ou Wonder Woman pour les intimes), première héroïne de l’univers DC. Une femme forte imaginée afin de « promouvoir un modèle de féminité forte, libre et courageuse, pour lutter conte l’idée que les femmes sont inférieures aux hommes ». Une exposition de bonne augure, à l’heure où sort le premier long-métrage consacré à l’héroïne et réalisé par une femme, Patty Jenkins.

Des comics aux premiers films cultes, tel que le premier Superman de Richard Donner sorti en 1979 (pourtant cité comme l’une de ses ultimes références par Kevin Feige, big boss du rival Marvel Studios) ou le Batman et Robin de 1997 que tout le monde souhaiterait oublier, l’art de DC Comics se décline sous bien des facettes. Si les nombreuses planches et couvertures de bandes dessinées en imposent, il est cependant regrettable de ne pas avoir sous la main de véritables comic books à feuilleter. L’exposition se rattrape cependant par sa grande variété de contenus, allant de storyboards originaux des films et dessins animés aux concepts arts des derniers blockbusters du DC Cinematic Universe, initié par Warner Bros. Avec le temps, les techniques de préparation de ces longs métrages se montrent bien plus perfectionnées, lorsque les fébriles story-boards laissent place aux impressionnants concepts-arts qui collent traits pour traits aux visages des acteurs et même à de multiples scènes de film.

Découverte vs. Promo : l’Aube du publi-rédactionnel

Christopher Nolan, réalisateur de la trilogie The Dark Knight, n’aura visiblement pas profité de la promotion parisienne de Dunkerque pour visiter l’exposition qui loue pourtant une majeure partie de son contenu à son Chevalier noir, incarné par Christian Bale. Pourtant, Henry Cavill s’est permis une petite pause entre deux scènes sur le tournage de Mission : Impossible 6 pour pendre place à côté des costumes qu’il a lui même porté dans Man of Steel et Batman v. Superman : l’Aube de la Justice. De là à dire qu’il s’agirait d’un petit coup de com orchestré par la branche française de Warner, il n’y a qu’un pas !

D’autant plus que le Musée de l’Art ludique doit énormément à la major américaine, qui a fourni bon nombre de costumes originaux d’une majorité des films consacrés aux héros de DC Comics. Difficile de ne pas frémir à l’approche du costume du Joker, porté par le regretté Heath Ledger, ou d’éviter un petit rire devant les tenues ultra moulantes et extra fines des premiers Superman. Les extraits kitschissimes et inévitables de la série Batman des années soixante adressent malgré eux un dernier hommage à Adam West, décédé le 9 juin dernier. On se demande cependant bien pourquoi aucun espace ne fut consacré à la Catwoman façon Halle Berry, et sa mythique scène de basket-ball épileptique.

L’exposition obéit cependant aux règles du DC Cinematic Universe, et son cheminement suit l’ordre chronologique de sortie des films : le très contesté Suicide Squad n’obtient qu’une minuscule salle où trône un mannequin portant le costume et la batte de base-ball de Harley Quinn, incarnée par l’envoûtante Margot Robbie, englouti entre les deux justiciers à la cape, Wonder Woman et la Justice League.

Certains autres personnages importants passent à la trappe, alors même que l’univers de DC Comics se décline à la télévision avec six séries diffusées sur la CW : Arrow, Flash, Supergirl, Les Légendes de Demain, Black Lightning… des héros qui parviennent à perdurer sur le petit écran, et majoritairement diffusés en France sur les chaînes du Groupe TF1. Dommage de ne pas en voir davantage sur la cousine de Clark Kent, Kara Danvers, à l’heure où les super-héroïnes commencent enfin à s’imposer dans la culture populaire.

Gabin Fontaine

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