L’Homme souple (ep. 4)

Et quand on a dit ça, puis ça, puis ça, que nous reste-t-il ? Comme disent les vrais : “YAPLUKA”. Pratiquer la souplesse, c’est osciller constamment entre réalité (matière, concret) et l’idée (mental, abstraction). Après avoir dessiné les contours de mon concept de souplesse, il est donc temps de concrétiser mon propos.

Si nous reprenons un résumé des épisodes précédents, nous voyons apparaître un plan devant nous, avec deux étapes et (peut-être) une arrivée. Reprenons-les.

La tension d’un sujet, après identification, mène à un examen qui doit être réalisé avec attention. Cet examen, qui est un espace infini, peut mener à un état d’a-tension, sorte de silence joyeux et serein.

Après l’introduction, déroulons le tapis rouge. Je vais me prendre en cobaye, pour que mes idées soient directement expérimentées, éprouvées.

  1. La tension

Je vous raconterai mon histoire une prochaine fois, mais, pour vous la faire courte : mon incapacité à dire non s’est révélée être la tension que je devais trouver.

Je ne savais pas dire non, car je ne savais pas, tout court. Je ne connaissais pas ce qui se passait en moi : ce que je pensais, ce que je sentais. Comme je ne savais pas, je ne savais pas non plus dire oui.

Je me suis donc laissé porter de nombreuses années dans cette insouciance naïve, pensant (ou ne-pensant-pas) que j’étais intelligent car j’avais des bonnes notes.

Je savais bien faire une chose : être consensuel. C’était ma nature : plaire aux copains, à mon équipe de foot, au profs, aux parents.

Ma tension, c’était ce paradoxe : quelqu’un dans le moule, qui le comprend bien, mais qui ne sait pas du tout s’il y est bien.

2. L’attention

C’est un cliché, mais tout a démarré avec la méditation. Une start-up se lançait sur le marché mobile. Aujourd’hui, c’est une grosse machine à cash.

Ma pratique de la méditation a développé spectaculairement mon attention à moi, et aux autres. Je formulais de mieux en mieux ce que je pensais et ce dont j’avais besoin. Alors que je fermais mes yeux 20min par jour, mes yeux semblaient, par la même occasion, s’ouvrir sur le monde.

Faire du sport m’a aussi beaucoup aidé à débarrasser mon corps de toutes ses tensions qui interféraient sur mon jugement.

L’attention portée à soi est fonction de la tension que vous avez identifiée. Moi, je suis mou (je ne suis pas encore sauvé), me secouer me fait du bien. Je parlerais des trois grandes manières de percevoir le monde dès demain (rien de révolutionnaire mais c’est important).

Au fil du temps, et après pourtant quelques années de pratique quotidienne, j’ai compris que la méditation de pleine-conscience sur le format posé, silencieux, yeux fermés, n’était pas la meilleure chose pour réveiller l’homme mou cherchant à s’assouplir.

La vie est un JE, où l’on ne gagne pas à tous les coups.

3. L’a-tension

Petit, mes moments d’a-tension étaient : voir gagner le PSG, jouer au foot, lire des livres, voir la mer.

Plus grand, c’était : la première gorgée de bière, rire avec les amis, sortir d’un très bon film au cinéma.

Aujourd’hui, je parviens chaque jour à me sentir debout, sur le sol. J’ai alors le sentiment qu’il n’y a rien d’autre qui compte.

Et si, à chercher à “être juste”, nous avions oublié de “juste être” ?