L’Homme souple (ep. 6)

Il est temps de résumer cette petite série sur ce concept d’Homme souple. Et parce que ce que je dis est très discutable, j’ai choisi de présenter ce résumé sous la forme de questions/réponses.

C’est quoi ce charabia de souplesse, et d’Homme souple ?

Cela part d’une idée simple, maintes fois discutée dans l’histoire de la pensée et de la spiritualité : la dualité. L’Homme se retrouve sans arrêt coincé entre deux extrêmes : bon/mauvais, beau/laid, dieu/diable etc. Ces dualités orientent ces choix. L’idée est de se sauver de ces dualités, en se glissant entre les deux. Alors, l’idée d’un Homme souple, capable de faire des grands écarts est née.

Comment cela se passe-t-il, il y a t’il des bouquins à acheter très cher pour en savoir plus ?

Tom Cruise aime cette question. Non, l’idée de l’Homme souple est simple. C’est 2 étapes et 1 arrivée. Cependant, les durées de chacune des étapes n’est pas connue, et l’arrivée peut-être potentiellement un perpétuel nouveau départ.

Les trois points importants sont les suivants :

  1. La tension. Elle vous permet d’identifier votre problématique, et de voir où ça cloche, quelles sont les forces en présence.
  2. L’attention. C’est votre amie du quotidien. Elle vous sert à vous observer et observer les autres, pour vous comprendre, et les comprendre.
  3. L’a-tension. Elle peut durer une seconde, ou toute une vie. C’est cet instant où tout est facile, où toutes vos peurs s’en vont.

Que doit-on faire exactement pour devenir souple ?

S’étirer, encore et encore. S’étirer c’est prolonger son esprit, son corps, son cœur, les offrir a l’extérieur. C’est se donner l’opportunité de s’enrichir du monde extérieur.

Si l’on reste trop raide, on finit par casser. La fragilité vient de cette raideur, de cette non-élasticité.

Les ligaments, les tendons lient tout : nos muscles, nos organes, notre peau. En les étirant, nous créons un espace pour que tout cohabite. Ces ligaments, tendons, sont invisibles. Ils sont à l’intérieur du corps, du cœur, de la tête. Les étirer, c’est agrandir notre zone de confort, au prix d’un inconfort passager.

Peut-on réellement être un homme souple ?

Oui, mais une seconde seulement. La seconde d’avant et d’après, ce statut “homme souple” est remis en cause. L’homme n’est pas une machine et ne peut être affilié à un statut statique de type “on/off”. Quelqu’un de “généreux”, est parfois avare, ou quelqu’un de “joyeux” peut de temps en temps être triste.

L’équilibre est une accalmie éphémère d’un déséquilibre permanent.

A quoi cela sert d’être souple ?

A quoi bon vivre en prison toute notre vie ? Je crois que notre nature est bien plus vaste que notre prénom, notre nom, notre cursus scolaire, et notre personnalité. D’ailleurs, ce mot, personnalité est très révélateur. Notre personnalité est censée nous “définir”. Or, définir, c’est enfermer, c’est donner un côté “fini” à quelqu’un, quelque chose.

La personnalité, plus on en a, plus le monde nous reconnait. Quelqu’un qui a une “forte personnalité” apparaît comme libre dans ce monde. Le monde le regarde, et se dit “voilà quelqu’un avec un caractère entier, qui s’est trouvé”.

Pour moi, plus les traits de caractères se voient, plus la personnalité est facilement définissable, et donc plus la personne dont on parle est une caricature de ses propres mécanismes de défense. La personne s’est donc, au fil du temps, construite une carapace qui ne laisse plus entrer la lumière.

Pour moi, on a quelqu’un qui est en prison, enfermée. On a une « personne-alitée ».

Alors pour moi, cela sert à ça d’être souple : l’univers est infini, servons-nous abondamment de cette énergie infinie, pour réaliser notre infinie nature.

Sauvons-nous de nos peurs et des mécanismes de défense que nous avons mis en place pour les éviter. Voilà à quoi sert la souplesse : à éviter de se sauver devant la nécessité de se sauver.