
L’aller-retour
Paris m’avait manqué. Ses rues. Sa danse ininterrompue de parapluies, talons aiguilles et baisers volés. Je pensais revenir pour dire au revoir à mon ex et bonjour à mon amant. Finalement, j’ai fait mes adieux aux deux. Le premier part bientôt en Australie, PVT en poche, bille en tête ; il mise sur l’impro et je ne serais pas étonnée d’apprendre sur son blog qu’il s’installe là-bas. Le second ne souhaite aller nulle part avec moi. Vents contraires. De cette relation qui n’a jamais entièrement existé, je retiendrai : il faut du courage pour être romantique aujourd’hui. Pour accepter que le romantisme ne suffit pas, aussi.
J’ai noyé ma mélancolie dans un thé vert d’aéroport. Mais une fois à Madrid, à l’instant même où mes pieds ont touché terre, je me suis sentie libérée. Nouveau départ. L’avion fait voyager dans le temps. Il y a les villes d’origine et leur nébuleuse de souvenirs, toute cette tendresse incarnée par une école primaire ou un banc fatigué, celui sur lequel vous avez embrassé Jean-Baptiste Perrin un lundi de mai 2001. Les villes du présent avec le confort des habitudes et, parfois — bonheur ! —, le hasard des rencontres. Et puis les villes rêvées. Une poignée d’heures les séparent les unes des autres. Oui, nous sommes tous les héros potentiels de Retour vers le futur. Et s’offrir un tour en DeLorean — un Airbus A320 fera l’affaire —, c’est peut-être se demander : puis-je avoir une vie ailleurs ? Sinon une vie différente ?
// Anti-conseil // Pour cumuler des Miles, tombez amoureux.