“La face cachée d’Internet” : comprendre les enjeux du numérique

Mon dernier livre est dans les librairies ! Retour sur quelques mois d’écriture, intenses et gratifiants, et sur l’importance d’être interface entre les techos et les autres.

“La face cachée d’Internet” a pour but de démystifier des choses parfois terrifiantes mais le plus souvent, purement abstraites et qui, pense-t-on, n’arrivent qu’aux autres. Internet a un rôle extrêmement important dans nos vies, mais sait-on ce qui se passe derrière ? Ainsi, de quoi parle-t-on lorsqu’on dit piratage, diffusion de logiciels vérolés, attribution des attaques informatiques, surveillance ou encore vulnérabilités zero day ? Est-ce que tous les criminels sont des hackers — et inversement, — et se cachent-ils tous aux tréfonds du terrifiant “Darknet” ? Ce sont certaines des questions auxquelles nous tenterons de répondre, ensemble.

Commencer un livre est difficile, bien plus que le terminer. Ces quelques mois d’écriture ont été intenses : l’actualité l’a été, certes, mais pas seulement. L’effort de traduire la complexité des thématiques abordées en quelque chose de digeste, d’intelligible et de plaisant à lire a été important. Mais plus encore, j’ai fait un effort conscient de m’extraire de ma propre vision de choses vécues.

J’ai ainsi appris que se noyer dans l’actualité est facile. Si réagir à des titres sensass est fatiguant, il est d’autant plus frustrant de ne pas pouvoir redresser la façon dont sont explicités certains développements. Du coup, le recours le plus immédiat est le brouillon de chapitre sur lequel on travaille. Ce qui est une mauvaise idée : s’épancher sur des évènements peu significatifs sans leur contexte est inutile. J’ai donc fait de mon mieux pour saisir certains faits d’actualité comme exemples pour illustrer des dynamiques plus vastes et dont les racines sont antérieures et plus complexes que ne le montre l’actu du jour. Vous, les lecteurs, jugerez si j’ai réussi ce pari :-)

Ce livre rejoint ainsi une série toujours plus riche d’ouvrages que l’on peut définir comme étant d’intérêt général. Vous aurez une sélection de mes recommandations de lecture ainsi que la bibliographie complète au format numérique sur le site web demain [EDIT du 14/06 : elle est consultable ici].

De manière plus globale, le but du livre est d’explorer, de cartographier et de clarifier les actions et les acteurs de cet espace virtuel mais si réel qu’est Internet. (Pourquoi faire simple quand on peut… bref.) La vulgarisation est un art difficile : il ne s’agit pas seulement de réduire la complexité de concepts et mécanismes d’action, mais, en ce faisant, de ne pas prendre son lecteur pour un idiot en simplifiant à outrance.

C’est cet effort et le fait d’avoir vécu d’assez près de nombreux évènements dont il est question dans le livre qui ont été les plus harassants. Pêle-mêle, il s’est agi de vulgariser des approches techniques d’intrusion, expliciter l’impact des technologies à double usage, clarifier le danger du vote électronique pour notre démocratie, dresser des portraits nuancés des “hackers” et du darkweb, le tout sans tomber dans un discours partisan. C’est là où avoir des éditrices peu versées en la matière a été très pertinent et utile. En effet, elles sont le public cible, donc leurs retours sur les formulations et leurs questions sur certains sujets m’ont énormément aidé à retravailler et clarifier le propos.

J’en profite aussi pour rappeler une n-ième fois aux copains et copines avec des connaissances très techniques que :

  • la visée est de clarifier des enjeux et des développements pour une population sensiblement différente de celle décrite dans le livre. Donc, oui, la définition de [inclure terme technique fétiche ici] n’est pas absolument et minutieusement conforme à ce que vous auriez dit. Et oui, ça n’a jamais été le but :-) Alors, inutile de râler que “ce n’est pas assez précis” : le but principal est de clarifier les enjeux et l’impact de diverses approches, non pas de créer le dictionnaire exhaustif du métier. D’autres font ça très bien, d’ailleurs.
  • je sais que beaucoup ont déjà commandé le livre et le liront avec une attention tout particulière : faites-moi des retours ! Le format papier ne signifie aucunement que l’ouvrage n’évoluera pas. Il est donc primordial de continuer à refléter les enjeux et leur impact, au-delà d’une vision purement techniciste, et de ne pas se satisfaire d’une vision stoppée à l’instant t.

Et c’est là où j’en viens à ce que j’essaie de formuler depuis des années, à chaque fois qu’on me demande “et toi, alors, tu fais quoi dans la vie ?”. La réponse que j’ai envie de donner est : je fais interface. Oui, je comprends et je sais faire plein de choses, aussi bien techniques qu’en lien avec la géopolitique, la communication et l’analyse de risques. Je me suis rendue compte, en écrivant ce livre, combien le fossé entre les “sachants de la technique” et les autres s’est creusé. Alors, j’espère que cet ouvrage réussit, si ce n’est à construire une passerelle, au moins à réduire la taille de ce fossé.

Bonne lecture et à très bientôt !

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