Les médias contre-attaquent
Devant la perte de confiance des spectateurs, les médias prennent les devants pour palier à cette défiance ambiante.
Dans un contexte social compliqué où le doute subsiste, sur n’importe quel sujet, les médias ne sont pas épargnés et sont même dans le viseur des “snipers de l’opinion”. Entre Fake News et conflits d’intérêts, le public est de plus en plus enclin au doute et à la méfiance.

Depuis toujours j’ai confiance dans les médias et je suis plus qu’optimiste sur l’avenir de cette industrie, que cela soit : journal, radio, internet, télévision ou magazines.
Ce n’est pourtant pas le cas de tous le monde…
Les professionnels du milieu font face à la méfiance et parfois à la haine du public toute l’année. Beaucoup reprochent aux médias leur sensationnalisme, la désinformation, le déclin de la qualité de leur travail, la préférence de la vitesse à la vérification des faits. Les prismes idéologiques, politiques et économiques y sont pour beaucoup. Pour ces personnes l’information serait donc dépendante de celui qui la dirige.
Considérez-vous avoir déjà été exposé à des fake news ? (Ifop )

Nous avons tous déjà entendu dire “ les puissants utilisent les sphères médiatiques pour promouvoir leurs propres intérêts au lieu de mettre en avant nos envies ”. Une pensée forte chez les moins de 35 ans (35%) et chez les personnes à faibles revenus (34%)” (étude Reuteurs 2017).
Comment réduire le doute sur les médias ?
Il faut se battre contre la désinformation et donc réguler de manière plus efficace. Cela passerait par promouvoir les contenus de qualité et être plus transparent.
- Adopter une meilleure transparence sur Twitter ou Facebook avec un changement de l’algorithme actuel.
- Surfer sur le Geometric deep Learning. Une part d’intelligence humaine et artificielle, pour identifier les parcours de diffusion de fake news. Le deep learning permet de ralentir la propagation d’un contenu posant “problème”. Le contenu est alors masqué.
- Continuer la création de “making-of”, par exemple, comme le fait l’AFP.
- Etre dans l’échange avec le public. Une chose primordiale pour créer du lien et faire grandir la confiance. Montrer qu’on s’intéresse au public et qu’on veut lui transmettre les faits.

“Si on fait disparaître tous les intermédiaires entre un individu et une information, tout sera résolu.” Paul Nemitz, conseiller principal à la DG Justice & Consommateurs de la Commission européenne.
C’est évidemment un échantillon des possibilités, ce qu’il faut retenir c’est repenser le lien de confiance, lutter contre la désinformation et avoir (à nouveau) une dynamique relationnelle. La négociation des points précédents devra se faire à toutes les échelles.

Pour finir un point que je trouve, personnellement, très interessant est la création de la “BBC à la française”. Le ministre de la culture, Frank Riester, a annoncé en fin septembre la création de la future organisation du service public de l’audiovisuel. Cet ensemble a pour vocation de réunir France Télévisions, Radio France, l’Institut national de l’audiovisuel et France Médias Monde (RFI, etc). Il y aura un dirigeant de l’audiovisuel public désigné par un conseil d’administration, où l’État sera minoritaire. Ce type de vote est assez intelligent car il pourrait calmer le débat sur les éventuelles tentatives de main-mise de l’Etat sur les groupes publics. Les chaines comme Arte France et TV5 Monde, garderont leur indépendance. Une holding qui va donc gérer l’organisation et la cohérence, sans empiéter sur les lignes éditoriales de la télévision ou de la radio par exemple. On peut voir un premier pas vers une transparence des médias et un besoin de rassemblement.
La composition du conseil est très attendue, les nominations auront lieu en 2021.
Au final cette quête de vérité permanente de la part des spectateurs montre une réelle envie de s’informer. Les médias sont bel et bien conscients du travail à accomplir pour reconquérir les spectateurs. Tout un programme à construire.
Sources :
