Fin décembre, Strasbourg accueillait la Rencontre Européenne de Taizé, le «pèlerinage de confiance sur terre» : 30 000 jeunes de toute l’Europe et d’Alsace, soit une grosse foule en plus du flux des touristes. Un air de JMJ, mais sans le climat estival !

Au couvent, un pôle d’accueil constitué par le Domino (aumônerie étudiante catholique), l’Aumônerie Universitaire Protestante, et la communauté anglicane, a organisé l’hébergement d’une petite centaine de jeunes à proximité du couvent. Nous accueillions les pèlerins chaque matin pour la prière, puis un temps de réflexion en petits groupes, avant de de partir en ville pour la prière de midi, le repas, et différents ateliers, dont certains proposés par des frères.
Des frères, justement : beaucoup sont venus, de Nancy, Lyon, Tours, Fribourg, Rome, et Lund, pour aider à l’organisation matérielle de ces journées, et simplement partager avec nous la prière et la table communes. Sans mentionner les frères et sœurs de toute l’Europe croisés en ville durant cette semaine.
Un temps fort fut la messe du dimanche matin : à cette heure où depuis plus de 30 ans et à la demande du diocèse, nous accueillons dans notre église les anglicans de Strasbourg, c’est eux qui nous ont à leur tour accueillis : la messe de la Sainte Famille fut catholique, présidée en anglais par un frère, prêchée par le prêtre anglican (et avec quelle verve !), et chantée dans le répertoire de la communauté anglicane, qui offrait aussi le déjeuner. Un vrai temps de rencontre, dans la prière et dans le repas partagé, belle occasion suscitée par Taizé.
Chaque soir, nous pouvions rejoindre la prière commune dans quelques grandes églises de Strasbourg. Quelle émotion de voir toute la semaine la cathédrale intégralement vidée de ses chaises ! Dedans, plusieurs milliers de jeunes venaient prier chaque soir. Les refrains répétés menaient naturellement à un silence impressionnant d’intensité.
Le fr. Aloïs, prieur de Taizé, pouvait alors lire sa méditation. Des mots qui paraissent une évidence, mais acquéraient un poids tout particulier dans le contexte de Taizé et de l’Alsace :
«Chrétiens de toutes confessions, rencontrez-vous, priez et agissez ensemble, non pas pour être plus nombreux, mais pour qu’ensemble nous soyons plus fidèles à l’Évangile !»
Le 31, prière jusqu’à minuit dans l’église, puis soirée dans la salle de conférence : chaque pays était invité à présenter et apprendre une danse. Fous-rires garantis (surtout lorsque le maire et quelques membres de son équipe sont arrivés pour se joindre à la farandole), avant de se quitter au seuil de 2014, et de se donner rendez-vous : en décembre prochain, à Prague!

Le frère Marie-Augustin Laurent-Huygues-Beaufond est assigné au couvent de Strasbourg, où il poursuit ses études. Il est également aumônier au Domino.
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