Et si les publicitaires étaient des footballeurs…

J-99 avant l’Euro 2016.

Mais pourquoi Marcel prendrait la parole pour vous parler foot ?

Parce que le monde du football et celui de la publicité sont étrangement connectés.

En caricaturant un peu, on pourrait même résumer le milieu de la pub ainsi : plusieurs clubs, jouant les mêmes compétitions, s’arrachent constamment les meilleurs talents pour être les meilleurs sur le pitch. Euh « en » pitch pardon.

Qui n’a jamais utilisé l’expression de « mercato publicitaire » ? 
Prenons l’exemple d’un créatif. Il joue dans un club du ventre mou, et un jour le bougre sort une idée incroyable. Quelques prix plus tard, il est repéré par un vieux scout d’une agence concurrente et reçoit un coup de fil de l’un des clubs du « big four ». Avec une propal’ plus lucrative et la promesse de relever un autre challenge, il s’en va, non sans préciser qu’il quitte la mort dans l’âme son club de cœur, et les meilleurs supporters de toute la place. 
D’ailleurs, dans la pub, le turnover moyen est d’environ 2 ans. Plus ou moins le même qu’en Ligue 1.

Autre point commun : quand Cantona a dit « Je ne joue pas contre une équipe en particulier, je joue contre l’idée de perdre », c’est finalement pareil dans la publicité. Qu’on se le dise, c’est un petit milieu. Et il n’y a rien de pire que de recevoir ce petit texto matinal de tes potes de l’agence concurrente qui t’annoncent qu’ils ont gagné la dernière compet’ où vous étiez face à face.
 
Enfin, et pour reprendre une citation complètement détournée de George Best : « Dans la publicité pour partir de l’agence, il faut systématiquement passer devant un bar. Les publicitaires ne rentrent pas beaucoup chez eux ». (dédicace à mon pote Sydney Govou).
 
Bref, autant de similitudes qui nous ont amené à imaginer :

SI LES PUBLICITAIRES ÉTAIENT DES FOOTBALLEURS…À QUEL POSTE JOUERAIENT-ILS ?
(Déjà, ils évolueraient dans un 4–2–3–1 maggle).

N°1 : Le gardien.

C’est quand même un boulot ingrat gardien de but non ? Je veux dire, son truc c’est quand même de « prendre des tirs » à bout portant… Ses principales qualités sont la concentration et le leadership. Véritable meneur dans l’âme, il a le pouvoir d’enflammer les matchs et se réserve le droit de pousser des gueulantes lorsque ses petits camarades ne redescendent pas. Il doit être fort mentalement car c’est souvent sur lui que l’on tape lorsque l’équipe prend un but. Mais c’est son boulot après tout, pas de place pour “Jo les moignons”. Ce que l’on veut c’est une sortie aérienne pendant un gros temps fort adverse. Et une sortie kamikaze en dehors de la surface pour couper le plus tôt possible une attaque qui pouvait s’avérer dangereuse. Si il est considéré comme le dernier rempart, il n’en demeure pas moins qu’il est également le premier relanceur. Il décide de jouer court pour remonter un ballon proprement ou d’appuyer sur carré à fond pour soulager tout le monde.
Le bon goal c’est finalement un joueur lucide. Un joueur qui prend ses responsabilités.
 
Le gardien de but, c’est le Commercial. D’ailleurs on dit souvent que lorsqu’on ne connaît pas la couleur du maillot du gardien c’est bon signe. Pour le commercial, c’est pareil : on n’aime pas trop voir la couleur de son costume. C’est soit pour un brief avec 1000 contraintes, soit parce que le client a demandé un retravail sur la créa pour hier.

N°2/3 : Les latéraux.

Vous voulez un bon vieil insight ? En football, et notamment sur les pelouses de district, le 2 c’est toujours ce petit gros fan de football. Oui oui, toujours.

Ce poste de latéral, les entraîneurs le dénigrent. Et pourtant…Dieu sait qu’il est important. 
Car si un bon latéral, c’est avant tout un joueur qui se cantonne à son « Rool » défensif, un excellent latéral c’est un joueur qui apporte le surnombre sur les phases offensives. 
D’ailleurs se souvient-on vraiment d’un latéral ultra défensif ? Non. 
Ce que l’on aime, c’est les percées de Serge Aurier (sur le terrain hein, pas sur Periscope). On aime les centres-tirs à la Roberto Carlos et les retours façon Usain Bolt sur un contre adverse. En bref, on aime le latéral qui ose, mais qui ne se prend pas pour un second ailier.

Le vrai latéral, c’est finalement le stagiaire. Sur le papier, il ne paie pas de mine, mais bien entouré, il vous cale un débordement côté droit et vient vous placer un modèle de centre en retrait à la Michael Isabey.
 
Sur le terrain son boss c’est le libéro. Il lui dit quand monter. Il lui dit quand rester. Et quoi qu’il arrive, il sera toujours là pour couvrir ses arrières et venir tacler le ballon en touche lorsque le minot est parti à l’abordage. #JeTaimeRicardoCarvalho.

N°4 : Le stoppeur.

Vous vous souvenez de Christian Lopez ? Ne vous inquiétez pas, moi non plus. D’ailleurs je viens de me taper une séance rattrapage sur Wikipédia. 
Bref, ce brave Christian était stoppeur de l’AS Saint-Etienne dans les années 60. Et c’est à lui que nous devons cette fameuse citation :

“A mon époque si l’attaquant sortait du terrain pour aller pisser, on le suivait. » #Poète

Le stoppeur c’est par définition, celui qui sait tout de son vis-à-vis. Il l’a étudié, ré étudié, et ré ré étudié. Si vous avez la moindre question sur l’attaquant adverse, allez y, il sait. Qu’a t-il bouffé hier soir ? Facile, des pâtes au saumon (comme tous les vendredi). Quel sport pratique son fils ? Facile : du hockey sur gazon.

En bref, le 4 c’est le Head of New Biz. Il maitrise son sujet sur le bout des doigts, et il est bien décidé à en tirer profit. 
 
Un (prospect) attaquant chiant ? Pas de problème. Son job, c’est de lui laisser le moins d’espaces possibles, d’être à la limite de la faute, mais toujours proprement. Car on ne va pas se leurrer, ça ne sert à rien de faire des recos, si c’est pour vendre l’opposé. Oh. WAIT…!

N°5 : Le Libéro.

Libéro dans l’âme, il joue en retrait. Avec une vision globale du jeu. C’est un joueur de nature réfléchie qui bénéficie d’une très grande expérience du terrain.
 
C’est également lui qui décide du tempo d’un match. Illustrons. 
Vous visualisez la charnière Thiago Silva — David Luiz ? Oui bon bah on s’ennuie quand ils s’échangent leurs 56 000 ballons par match dans leur 30 mètres non ? Par contre, sur un malentendu l’un des deux lâche une remontée de balle à grandes enjambées et en deux/deux l’équipe se retrouve dans la surface adverse. (Fonctionne aussi avec une grand praline devant).
 
Dans la plupart des équipes, c’est également le capitaine. Bon orateur, il s’occupe souvent des discours d’avant match et des discours PENDANT le match. Oui oui, je parle bien entendu des discussions avec l’arbitre. Le libéro, il a tout le temps raison. Du moins, il le pense très fort 
Le Libéro, c’est donc évidemment le Planneur Strat.

Les ¾ du temps ça passe, avantage défense. Mais attention à ne pas se planter, à force de trop vouloir jouer le hors jeu…on se retrouve hors brief.

N°6 : Le récupérateur.

Le 6, c’est le récupérateur. Primordial dans l’entrejeu, son rôle est de faire la jonction entre la défense et l’attaque, entre le client et l’interne. Il possède un profil complet, c’est l’homme à tout faire d’une équipe. Il ne rechigne pas à la tâche défensive et ne se prive surtout pas de monter quand bon lui semble. Il est toujours bien placé, et est au centre des actions. En bref, il court tout le temps.
Dans la plupart des équipes, c’est d’ailleurs par lui que transite* un grand nombre de ballons. 
 
Il incarne parfaitement le persona du « travailleur de l’ombre ». 
 
Le récupérateur, c’est donc le Chef de Projet. Le mec que personne ne met jamais en avant alors que, bordel, c’est le maillon essentiel d’une équipe. Pour sûr : le Jérémy Toulalan de la publicité. 
 
*NB : Bien penser à insérer un placement de produit Hépar.

N°7 : L’ailier gauche.

Si je vous dis « numéro 7 » vous me répondez ? Cristiano Ronaldo ? Oui c’est une bonne réponse. Cantona ? C’en est une autre. George Best ? Oui bon bah ça va, c’est bon, on a compris. 
 Autre insight du football, le 7 c’est “Jean Michel Ego”. Le mec qui adore mais alors ADORE, se mettre en avant. Et d’un point de vue extérieur, ça pue la classe.
 
Véritable outil de merchandising pour un club, le 7 n’en demeure pas moins difficile à cadrer. Votre équipe s’incline 7–1. Ballec, si c’est lui qui a marqué, il dormira sur ses deux oreilles. Pour lui seul le beau jeu compte. Je dirais même plus, seul l’INSTANT compte. Ce qu’il veut c’est réussir son geste technique, il n’est pas tres long-termiste, il veut enflammer le public, là, maintenant, tout de suite.
 
En bref, le 7, c’est le Community Manager. Pour lui un retweet équivaut à un petit pont.
 

 D’ailleurs, si tout le monde était à son niveau, son club serait premier…#CR7SiTuNousLis.

N°8 : Le relayeur.

À l’instar du récupérateur, le relayeur est un véritable point de passage entre la défense et l’attaque, c’est par lui que tous les ballons passent. Dans ce schéma tactique, le coach a tranché : le « kick and rush » on le laisse aux anglais. Ce qu’on aime, c’est le football propre. Le football construit. On veut aller vers l’avant ? Alors on le fait proprement. 
Le relayeur aime jouer bas, et prend l’information tôt. Il sait accélérer le jeu lorsque bon lui semble. Recordman du nombre d’avant dernière passe, il est chargé de trouver les milieux offensifs et les attaquants. D’ailleurs il les connaît par cœur. Il fait en fonction des forces et des faiblesses de chacun. 
 
En bref le relayeur, c’est le Traffic Manager.

Passe en profondeur pour le petit mec rapide, passe sur le torse pour le Andy Carroll de l’agence.

N°9 : Le buteur.

Ah le 9… L’attaquant ! Son boulot ? Marquer des buts. OKLM. 
Mais attention ! On ne vous parle pas du 9 style Andy Delort, celui qui joue dans une équipe complétement pétée et qui emmène l’attaque à lui tout seul. Non là, on vous parle du Vrai putain de 9, le Pipo Inzaghi de la pub. Celui qui est toujours la au bon endroit, au bon moment. 
10 min, 15 min, 47 minutes de jeu se sont écoulées…Et vous avez complétement oublié sa présence sur le terrain. Pourtant…il est bien là. Et c’est lui qui vous crucifie dans le temps additionnel. Il laisse faire les créateurs de jeu mais il sera toujours là pour pousser les idées au fond des filets. 
Et vous savez quoi ? Le pire, c’est que tout le monde ne retiendra que son nom. C’est LUI qui fait vendre les maillots, c’est lui qui fait rêver les plus jeunes. Y’a t-il vraiment un gamin dans la cours de récré qui n’a jamais voulu jouer attaquant ? 
Le 9, c’est le Créatif. Celui qui signe toutes les victoires de sa patte. Et c’est de toute façon ce que le public attend de lui.

N°10 : Le 10.

« Passez lui le ballon, et regardez le faire ». Par définition Le 10 c’est le créateur. Bon ok y’a la jurisprudence Faubert mais d’une manière générale, quand tu passes le ballon au meneur de jeu, tu peux t’attendre à tout et n’importe quoi. T’as beau le briefer avant le match « Romain, t’es mignon tu redescend chercher les ballons » il n’en fera qu’à sa tête et plantera sa tante dans les 18 mètres adverses. Le 10, c’est « l’électron libre ». Pour qu’il soit bon, il faut le laisser s’exprimer. 
Ce que l’on attend de lui, c’est qu’il débloque les situations, qu’il trouve les solutions.

Il sait ralentir le jeu, mais sait surtout l’accélérer. De nature très technique, le jeu en une touche de balle ne lui fait pas peur. Ses passes sont craftées, ses centres millimétrés.

Vous l’aurez compris, le meneur de jeu, c’est finalement le Directeur de Création.
Attention tout de même à ne pas sortir d’idées sur « un coup de tête ».

Blague à part la réussite du 10 dépend souvent de la performance de son attaquant. Un bon 10 est un 10 qui fait marquer. Et comme dirait Cantona : « When the creatives follow the creative director, it is because they think cannes lions will be thrown into the sea ».

N°11 : L’ailier droit.

L’ailier droit c’est toujours les mêmes gestes. D’abord il passe un grand pont, toujours. Puis il repique vers le centre, toujours. Et enfin il balance une bonne grosse dose de centres en retrait, toujours. (Sauf quand tu t’appelles Arjen Robben, au diable les centres : crochet extérieur du gauche, on rentre dans la surface et on cale un magistral R1 + O dans le côté opposé, toujours). En bref l’ailier c’est un joueur qui connaît ses classiques, il sait ce qui marche, et quand ça marche. 
 
Le 11 c’est le responsable RP. D’abord un kit RP, toujours. Puis le listing influenceurs, toujours. Et enfin une bonne grosse dose de relance mail/DM/téléphone, toujours. Ses gestes on les connaît par cœur, mais à l’instar de de ce brave Arjen, c’est toujours aussi efficace.

Bonus : LE PRÉSIDENT.

(Non, il n’y aura pas de mauvais jeu de mots avec Laurent Blanc).
 
Peu importe le contexte, peu importe le l’enjeu. Le président sera toujours là pour vendre son business, et sérieux, il le fait bien. 
Il aime son club, et il y investit toute son énergie. Ce club, il le veut à son image. D’ailleurs si je vous dis OL vous me répondez ? Aulas. 
Si je vous dis Montpellier vous me répondez ? Loulou Nicollin. 
Et bien dans la pub, c’est pareil. Buzzman, c’est Georges. BETC, c’est Babinet, et chez Fred & Farid bah…c’est Fred & Farid. 
 
Et comme on ne peut pas rédiger un article axé foot sans citer ZZ, on terminera par cette citation : « (Dans la pub) les performances individuelles, ce n’est pas le plus important, on gagne et on perd en équipe ». And guys, this is Marcel.

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