Les Beatles sont devenus jetables

Depuis la semaine dernière les Beatles sont enfin disponibles en streaming. Ils sont disponible sur la plupart des plateformes (Deezer, Spotify, Apple Music, Google Play Music, etc.) et ils ont fait en particulier une entrée fracassante sur Spotify avec 70 millions de leurs chansons qui ont été téléchargées en à peine 4 jours.

Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Faut-il s’en plaindre ou s’en féliciter ?

Le public semble massivement adopter le streaming comme nouveau moyen d’accéder à la musique, mais il semble ne pas faire l’unanimité côté artistes et il existe même quelques controverses sur la juste rétribution des artistes, ceux que l’on écoute ne seraient pas forcément ceux qui sont rétribués.

Laissons cela de côté, car il y a plus intéressant, quelques artistes reprochent à ce media de rendre la musique “jetable”. C’est vrai que dans un autre contexte on a l’habitude de dire “les paroles s’envolent et les écrits restent” et la musique est d’abord faite de paroles.

Mais il a bien fallu trouver un moyen de la conserver, d’abord en écrivant des partitions puis en gravant des disques. En passant au numérique une première dématérialisation a eu lieu et l’industrie musicale a mis longtemps à la digérer. Ensuite, quand Apple a démarré sa plateforme iTunes il y a quelques années avec la vente “au titre” les artistes s’étaient déjà indignés que l’on ose couper leurs albums en rondelles comme un vulgaire saucisson. Aujourd’hui le numérique a totalement dématérialisé la chanson et le streaming permet d’écouter un morceau autant que l’on veut, et de l’oublier quand on ne le veut plus. C’est cette possibilité d’être oublié qui fait sans doute peur aux artistes.

Dans quelques années, on ne pourra plus fouiller les greniers à la recherche de vieux morceaux oubliés, tout au mieux on fouillera nos vieilles “playlists”.

Les Beatles ne sont pas devenus jetables, personne ne les a oubliés et les nouvelles générations sont heureuses de pouvoir les écouter en streaming, finalement, c’est le talent qui supporte le mieux le numérique.