Charlie Follente
Chapitre I
Dans un vacarme des plus stridents, couinements d’enfants et cris de leurs mères aux bords de nerfs pourtant Ô tant patiente, le son traverse les oreilles de Louroche et se transforme en massue qui s’abat d’une force infernale sur les parois de son crâne.
Aussi passionnant le livre qu’il lisait pouvait être, il ne pouvait point absorber son attention. Le jeune loup, comme son père l’appelait autrefois, abandonna très vite sa lecture et se mis à penser à sa grand-mère. Il se disait qu’elle devait être une descendante d’une guerrière des temps anciens de laquelle elle hérita de poumons et d’un larynx aussi développés afin que son souffle puisse autant faire vibrer ses cordes vocales. Un crayon à la main, il gribouilla sur la première page de son livre un croquis de la vieille femme et se mis à se marrer tout seul dans son coin.
Cela faisait partie du quotidien hargneux des Follente, et le bureau de Louroche se retrouvait empilé de livres qu’il n’eut jamais le temps de finir. Cependant tous ses livres avaient un gribouillage en première page représentant chacun un membre de sa famille, c’était devenu son passe-temps favori. Malgré les compétences artistiques que lui procurait cette activité, il se sentait néanmoins seul et s’enfermait souvent avec pour seul compagnon Charlie, le chien de son défunt père.