Le Chiapas ‘Desconocido’ (2/2)
Le trajet pour la route du café fût une aventure en soit. Levée à 4h45 pour prendre un bus à 5h30 qui avait finalement décidé de ne pas venir… mais qui m’a permis de voir ce beau levé de soleil :-)

Puis il fallait être hypra motivée et un peu inconsciente pour monter sur cette moto qui m’a fait vivre les 8 kilomètres les plus long de ma vie... Le gouvernement devrait être poursuivi en justice pour laisser des routes dans un tel état ! $&@$/$@!!...
Bref. Après 2 heures de bus en montagne vers une destination alternative, les 45 minutes de motocross pour 8km ultra sportif, et la 1/2 heure de Jeep, je suis finalement arrivée à la Finca Irlanda !

C’est l’un des quelques grands domaines de la région qui vivent principalement du café. La Finca Irlanda est organisée autour d’une grande et belle maison : celle du patron, por supuesto ;-)
Créée par un Irlandais au XIXème, cette propriété a été rachetée par un allemand au début du XXème. Depuis, les générations se suivent pour gérer ce domaine de 320 hectares, en biodynamie depuis 1967.
Autour de la maison, l'usine de fabrication et de stockage du café et du cacao (qui ne représente qu'une toute petite partie de la production).

Une culture en biodynamie avec un travail approfondi sur la qualité du compost, la filtration de l'eau, et la pépinière pour le renouvellement de la plantation.

Le domaine compte 150 travailleurs en temps normal et jusqu’à 600 pendant la récolte du café (qui atteint 4000 tonnes !). Les saisonniers sont essentiellement guatémaltèques car les mexicains sont à présent difficile à recruter pour ce type de travail.

Pour le café, la rémunération se fait au volume récolté alors que pour le cacao, la rémunération est journalière. Elle est de 85 pesos (4,25 €), soit légèrement supérieur au salaire minimum de 70 pesos (3,50 €)... Mais en sachant qu’en un jour le travailleur récolte au moins 7 kg de cacao, on se rend compte du niveau de marge effectué par le patron avec le kilo de cacao à 65 pesos...
Pour l’instant leur cacao n’est pas exporté. La Finca Irlanda transforme et vend les 7 tonnes de son chocolat au Chiapas. Mais avec l’arrivée de la Chine sur le marché, une nouvelle stratégie se dessine pour atteindre une production de 13 tonnes pour de l’export, toujours en biodynamie.

A part le lieu qui était de toute beauté, pas de grand coup de cœur lors de cette visite. Elle aura néanmoins eu le mérite de m’ouvrir les yeux sur un système de production très verticale encore bien vivant au Mexique...