Revenir en France après la vie à l’étranger : la galère silencieuse des expatriés français
Anne-Laure Fréant
18653

Oui, c’est tout à fait ça… Quand on arrive en France , c’est un tsunami d’impressions, de ressentis : on ne s’y sent pas bien, mal-être, situation personnelle indéfinie, avoir l’impression que le ou les séjours à l’étranger font partie d’un rêve, difficulté de comprendre les autres, trouver que le monde s’est retréci, n’a pas avancé à la même vitesse que soi, être à côté de ses souliers, à côté de la plaque...

Ne plus trouver ses repères; ceux qu’on avait gardés dans les souvenirs, sur la famille, la société sont devenus obsolètes …

Après 40 ans, 20 ans d’Afrique, 10 ans d’Allemagne et 10 de va et vient entre les pays, on est devenu nomade et on s’est enrichi de ce qu’on a vécu au contact d’autres peuples, d’autres cultures… Je ne regrette rien. Mes horizons, ma pensées, ma vision du monde, s’est dilatée, enrichie, relativisée…

En France, sans racines, je suis citoyenne de nulle part et de partout à la fois. Difficile de comprendre les autres restés en France… Se donner les moyens et avoir de la patience car c’est un vrai travail de réadaptation qu’il faut faire et réveiller les qualités qui nous ont servies pour s’adapter aux lieux et aux gens dans la première démarche du départ…

Je suis âgée maintenant, mais mon moyen, c’est d’animer encore des ateliers créatifs qui m’amènent des personnes , en fait, je recommence la même dynamique qu’autrefois lorsque je suis partie… Il ne faut pas vieillir dans la démarche d’aller à l’encontre des autres avec la même curiosité, le même enthousiasme qu’autrefois, même si on ne se sent pas bien et si on prend des tuiles...

Courage!