Démission de Nicolas Hulot: Une menace pour la taxe HFC ?
Nicolas Hulot a démissionné de sa fonction de Ministre de la transition écologique et solidaire en direct dans la matinale de France Inter le 28 août dernier. L’ancien présentateur de télévision et activiste vert a déclaré qu’il avait démissionné car il se sentait “tout seul à la manœuvre” au sein du gouvernement, et a exprimé sa frustration face aux lobbys industriels.

Nicolas Hulot avait annoncé en juillet 2017 la mise en place d’une taxe sur les HFC. Cette dernière devrait être approuvée par l’Assemblée Nationale dans le cadre de l’adoption du Projet de loi des finances 2019, et mise en place en janvier 2019.
La démission de Nicolas Hulot compromet-elle l’avenir de la taxe et de son mécanisme de subvention pour les technologies alternatives (mécanisme de sur-amortissement) ?
“Le projet de taxe HFC était une initiative portée personnellement par M. Nicolas Hulot. Suite à sa démission, le contexte est susceptible d’évoluer, en effet,” a déclaré une source au Ministère de la Transition écologique et solidaire. Dans un entretien accordé à la radio Europe 1 le 28 août 2018, le député Matthieu Orphelin, qui s’était déclaré confiant quant à l’adoption de la taxe HFC lors de la conférence ATMOsphere France 2018, appelle à “ce que chacun se ressaisisse”.
Il espère que la démission de Nicolas Hulot fera électrochoc auprès de la majorité et de l’ensemble des acteurs, “pour avancer à la hauteur des enjeux”. À propos du bilan du gouvernement, M. Orphelin est plus nuancé que son ancien Ministre: “Il y a pas mal de sujets où les choses ont avancé,” a déclaré le député, citant notamment la fiscalité carbone dans laquelle s’inscrit la future taxe HFC.
Au delà de la taxe, il est important pour la filière des fluides frigorigènes naturels de continuer à soutenir la mise en place du mécanisme de sur-amortissement pour soutenir les technologies alternatives.
“[…] Le règlement F-gas oblige déjà cette année à une réduction très importante [de l’utilisation des HFC] et les prix ont déjà crû jusqu’à 10 fois leur prix en 1 an. Le signal prix est beaucoup plus fort que le montant de la taxe prévue. Les pays européens où l’impact a été positif l’avaient mise en place avant que le règlement F-gas ait été mis en place,” a expliqué Didier Coulomb, Directeur général de l’Institut International du Froid.
L’adoption de ce mécanisme financier est donc crucial pour réellement accélérer le marché des fluides frigorigènes naturels en France. Reste à savoir si le nouveau Ministre de la transition écologique et solidaire François de Rugy sera “à la hauteur des enjeux”.
Marie Battesti
Policy Analyst, shecco
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Publication originale sur: https://issuu.com/shecco/docs/sheccobase_france_ed3
