Collapsologie, la face sombre de la prospective

Demain.

Qu’adviendra-t’il demain ? Cette question existentielle interroge notre destin collectif. Et celui-ci est menacé. Le niveau de la menace ? Quelque chose de l’ordre de la peste noire. Du moins c’est ce que pensent les collapsologues. De fait le sujet commence à intéresser les médias dominants et mon sentiment est qu’il est en passe de se répandre de plus en plus dans l’espace public, les dîners en ville et sur les chemins de la transition.

Ma prise de conscience de l’effondrement de notre civilisation thermo-industrielle fût progressive. J’ai vécu presque deux ans à Los Angeles. Une ville où tout a été fait pour favoriser l’usage immodéré de la voiture, et où le manque d’eau n’est pas sans rappeler la situation actuelle de Cape Town… J’ai observé la dépendance au pétrole et le manque d’une ressource aussi essentielle que l’eau, en me questionnant.

Puis il y eut cette rencontre avec Pierre Rabhi, en janvier 2014, à l’écocentre des Amanins. Mon coeur est retourné. Cet homme a fait germer en moi la ferme intention de servir la transition écologique. Sur ma lancée je suis une formation du Transition Network (initié par Rob Hoppkins), où l’on nous parle d’un chaos annoncé. De mémoire, le mot effondrement n’est pas prononcé. Pendant 4 ans j’évolue dans les milieux de la transition sans relever le mot collapsologie.

Jusqu’à cet article d’ Yves Cochet : “De la fin d’un monde à sa renaissance en 2050”, l’été dernier, qui me parle profondément. Et puis, il y a 6 mois, je rencontre Alexia Soyeux, dont je reparle plus loin, lors d’un séjour à l’écocentre du Bouchot, en Sologne. Notre premier sujet de conversation ? Un état des lieux catastrophique du monde qui nous entoure, et puis ce mot sort de la bouche d’Alexia : collapsologie.

La collapsologie est l’étude des causes et des conséquences de l’effondrement de notre civilisation thermo-industrielle. La prospective du pire. Et si le pire n’est jamais certain, il mérite d’être pris au sérieux.

Alors, par où commencer ?

Si tu aimes lire, l’ouvrage de Pablo Servigne et Raphaël Stevens “Comment tout peut s’effondrer — Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes” est incontournable.

Causes, processus, conséquences de l’effondrement, un état des lieux très complet.

Par la suite, Pablo Servigne s’est tourné vers le sujet de l’entraide, avec Gauthier Chapelle : “L’entraide, l’autre loi de la jungle”.

Très récemment, Julien Wosnitza a prolongé les réflexions de Servigne et Stevens dans “Pourquoi tout va s’effondrer”.

Si tu préfères les vidéos, alors j’ai quelques recos aussi. Pour bien prendre conscience de l’étendue du problème auquel nous faisons face, je te propose de visionner cette vidéo de l’excellent blog “Le 4ème singe”, où l’on retrouve Julien Wosnitza.

Et pendant que tu es sur YouTube, je ne saurais oublier la websérie de Clément Montfort : NEXT, ici conseillée par Cyril Dion… “Demain”, on en a retenu l’optimisme d’un monde de solutions, mais le film s’ouvrait bien sur des constats pour le moins allarmants !

Un détour par la chaîne Thinkerview te permettra de faire la connaissance de Vincent Mignerot, dont je te conseille vivement les conférences.

Si comme moi tu aimes les podcasts, alors c’est vers Alexia Soyeux que je te conseille de tourner tes oreilles. Son podcast “Présages” est une série d’interviews de personnes intéressées par la collapsologie (Isabelle Delannoy, Gaël Giraud, Jean-Marc Jancovici…) et c’est passionnant.

J’espère que ces quelques ressources t’intéresseront. Face à toutes ces données, en parler, partager sur ces sujets m’a personnellement été très utile. Alors je ne peux que vous inciter à en parler autour de vous, même si le sujet sent parfois le tabou…

Avec des SI on mettrait Paris en bouteille et Lutèce en amphore. Et le meilleur est avenir. Peut-être après le pire.