Nordicité

Il y a des ces apprentissages dans la vie qui bouleversent notre monde. Pour moi, réaliser que je suis une femme eut cet effet, tout comme comprendre le concept de temps qui file ou la découverte de la sensation d’un os qui se brise. Ces apprentissages semblent arriver à nous à des moments précis de nos vies, moments où ils auront un impact significatif. Ces apprentissages, ils ouvrent des portes dans notre destin, dans notre petit monde humain.

La lecture d’un livre de Jean Désy m’a apporté un de ces apprentissages. En page X de L’Esprit du Nord, il décrit la notion de nordicité comme «xxxx».

Après des années passées sur les terres boréales du Québec, ce concept m’a permis de comprendre, enfin, un sentiment indescriptible qui m’habitait depuis trop longtemps. Ce mot sans définition objective, aux odeurs de lichens et de sève et sujet tant aux Nordets qu’aux humeurs solaires, est arrivé à moi comme une révélation.

Enfin, je pouvais expliquer cette sensation de faire parti d’un tout, qui me liait à des inconnus un peu partout sur mon chemin. Enfin, je comprenais cette facilité que j’avais d’être heureuse à regarder les dessins formés par le vent sur la neige. Enfin, surtout, je comprenais que je n’étais pas seule à sentir cet Esprit du Nord, cette énergie qui pénètre la moelle, qui fait croire à l’impossible, qui donne du courage et qui fait de moi qui je suis.

Où nait-elle, la nordicité et où meurt-elle ? Je crois que c’est selon. Selon ce que l’on vit, qui l’on croise, selon nos racines et les chansons de nos mères. Elle résulte d’une graine semée quelque part dans notre nous et se transforme au gré de nos expériences. La nordicité se développe et grandit. Elle fait une tache sur notre âme que rien ne peut effacer. Elle donne une direction à notre vent et nous pousse dans une nouvelle vie.

Peut-être êtes vous vous-mêmes empreint d’un nordicité qui vous est inconnue.

Depuis elle, moi je suis nordique.

Marilou Sirois