[2/5] L’apprentissage autonome : une pratique audacieuse et libre


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Cet article fait partie d’une série qui partage une réflexion sur le choix encore marginal d’instruire les enfants en dehors de l’école. La saga suit un chemin personnel dont la trame est présentée ici : Vers une alternative à l’école. L’article précédent est ici.


En imaginant comment instruire mes enfants en dehors de l’école, j’ai d’abord pensé à toutes ces familles qui font le tour du monde et qui pratiquent « l’école à la maison”. Ça me fait toujours un peu rêver ces aventures en bateau, en vélo, en camion ou en camping-car à travers le monde. Forcément, faire le choix de l’instruction en famille est plus facile à envisager lorsqu’on a une vie nomade.

Quand j’ai commencé à visualiser un autre possible pour l’instruction de mes enfants, il n’était pas encore prévu de faire le tour du monde. De plus, l’organisation exigeante de « l’école à la maison » en apprentissage formel me paraissait insurmontable pour moi et ma famille. Je ne me projetais pas du tout dans ce choix d’instruction. Et un jour, j’ai appris que de nombreuses familles vivaient ce qu’on appelle l’apprentissage libre.

L’apprentissage libre, autonome, naturel, auto-géré ou informel permet aux enfants d’apprendre ce qu’ils veulent, quand ils veulent. J’étais abasourdie, impressionnée et très intriguée par ce type d’apprentissage. Quelle confiance incroyable faut-il avoir en ses enfants et en nos capacités d’accompagnateur !

Dans cette forme ultra-libérée de l’instruction, il n’y a pas de programme, pas de planning, pas de cours, pas de révision, ni de devoir… elle se base sur les prédispositions spontanées de l’enfant, principes chers à André Stern qui a lui-même grandit et appris librement. Pour en savoir plus à ce sujet, je vous invite à lire Rencontre avec André Stern…

L’objectif de l’apprentissage autonome est de préserver le plaisir d’apprendre, qui est inné et qui se suffit à lui-même. Il s’agit donc de ne pas le remplacer par un plaisir extérieur délivré par une autre personne que soi. C’est ce qui se passe à l’école ou lorsqu’un adulte intervient dans les apprentissages. Même les félicitations, les stimulations, les propositions sapent le moral de l’enfant. D’une façon quand même plus subtile que les motivations externes négatives (menaces, punitions ou réprimandes), les récompenses (bons points, notes, friandises…) annulent le plaisir et la motivation intrinsèque de l’enfant.

“Le désir est l’unique force motrice”, Aristote

Accompagner les apprentissages autonomes, c’est faire une confiance totale et inconditionnelle à la vie et à l’enfant.

En apprentissage libre, rien n’est organisé pour l’enfant mais plutôt pour accompagner ses demandes sans les provoquer. Aussi, si ma fille se passionne pour les fourmis pendant deux mois et bien, je vais faire en sorte de mettre à sa disposition des supports divers (nature, livres, dessins, matériels, internet…) ou organiser des évènements (visite de musée, sortie en forêt…) pour faciliter ses découvertes du moment.

“L’apprentissage est un processus de découverte, et si nous voulons qu’il se fasse, nous devons en créer les conditions favorables. Nous savons ce que sont ces conditions : elles comprennent le temps, le plaisir, la liberté et l’absence de pression.” John Holt, Les apprentissages autonomes.

Cette forme d’apprentissage nous demande, à nous les adultes , une capacité d’attention, d’observation et de réflexion qu’il nous faut souvent réapprendre.

« Les adultes doivent être d’autant plus solides que la liberté est grande », Sophie Rabbhi

En premier lieu, j’ai découvert cette autre manière de penser et d’observer les enfants en apprentissage. Mon 2ème déclic a eu lieu lors de ma rencontre avec Elodie, Maxime et Timéo, une famille qui réalise ses rêves et qui vit en apprentissage libre depuis 6 ans. Enfin, j’ai regardé le documentaire « Etre et Devenir » : 3ème déclic.

Et depuis, l’apprentissage libre me passionne. C’est tellement proche de l’éducation bienveillante qui me porte au quotidien. Ce sont deux notions complémentaires concernant l’éducation d’une part et l’instruction des enfants de l’autre.

Au fil de mes lectures et de mes rencontres, des barrières se sont levées et je me suis autorisée à changer encore de paradigme. J’ai accepté de laisser mon esprit vagabonder sur des chemins que je ne connaissais pas et de me laisser surprendre par des expériences étonnantes.