L’Internet des Objets au secours de la vie sauvage

Comme jamais dans l’Histoire, les espèces sauvages sont menacées de disparition, décimées par la violence de l’Homme. Près de 100 000 éléphants d’Afrique ont été tués en trois ans. Et d’après les chiffres annoncés par les Nations Unies, environ 1 200 rhinocéros ont été tués par les braconniers en Afrique du Sud en 2014 (National Geographic).

La liste rouge de l’UICN contient actuellement 87 967 espèces, dont 25 062 sont menacées d’extinction, une course vers un génocide quasiment impossible à contrôler. Une partie de l’Histoire de l’humanité est en train de disparaître. Nous avons massacré un pan entier de nos origines et nous ne laisserons peut être à nos enfants que des dessins d’éléphants, de girafes, de rhinocéros sauvages, pourtant indispensables au cycle naturel sur Terre.

Il reste 27 000 rhinocéros dans le monde

L’Internet des Objets, nouveau marqueur du monde connecté, doit être rapidement vu comme une réponse sans précédent aux enjeux environnementaux et sociétaux.

La Fondation Sigfox, que nous avons lancée il y a deux ans, veut inverser la tendance, et stopper l’hémorragie.

Natasha, The Rhinos Lady — Credits : Sigfox Foundation — 2017

Nous utilisons le réseau très bas débit Sigfox et des capteurs, le moyen le plus simple et le plus économique de récupérer des informations du monde physique. Les capteurs ( GPS, mouvement, vibration, température…) délivrent une information qui vise à accélérer l’intervention humaine avant qu’un danger ne survienne. Plus petits et moins coûteux, et plus autonomes en batterie, ils détectent des signaux faibles que nous voulons adresser sur des causes urgentes et des problématiques difficiles à résoudre. Produits en grand volume parce que très peu chers, ils permettent de bâtir une mémoire de données inédites pour la communauté des biologistes, conservationistes, vétérinaires et protecteurs de la nature.

Depuis plus d’un an, nous travaillons main dans la main avec une petite équipe de conservationistes africains, et avons installé le réseau Sigfox pour couvrir une réserve protégeant 450 rhinocéros noirs et blancs, et dont le taux de braconnage des rhinocéros noirs est le plus faible au monde.

Seulement 3 stations de base reliés au satellite Eutelsat, alimenté en énergie solaire suffisent à couvrir près de 4000 km2... ! En quelques semaines, nous avons fabriqué nous-mêmes des petits capteurs GPS capables d’émettre avec 3 ans d’autonomie, et directement installés dans la corne du rhinocéros.
Au total, en 400 jours, nous avons collecté plus de 8400 messages GPS provenant directement d’une vingtaine de rhinos, centralisés sur une plateforme que les rangers consultent chaque jour pour suivre la progression de cette espèce si convoitée.

Conservation cognitive

Ce que nous avons appris de cette première phase d’essai, c’est que les techniques de conservation peuvent en grande partie être revisitées : plus besoin d’aller aussi souvent sur le terrain pour capter l’animal en jeep, et moins de risques de croiser des braconniers en arme. 
Natasha et son équipe peuvent maintenant analyser le comportement du rhinocéros rien qu’avec l’historique des positions GPS, et ainsi expliquer sa progression dans la réserve, ses interactions avec le groupe, ses zones de prédilection, et celles dans laquelle il s’aventure. Une fois que nous collecterons plus de données de l’animal, nous appliquerons les techniques du machine learning pour aider la science à mieux appréhender l’espèce. Et pourquoi pas, faire de nouvelles découvertes.

Le prix de la corne divisé par 2

L’un des rhinocéros qui était équipé d’un de nos capteurs a été atrocement tué en avril dernier. Nous avons appris par les équipes locales qui connaissent la filière du marché noir, que le prix de la corne coupée a été divisé par deux. Actuellement, un kilo de poudre de corne se vend environ 60 000 dollars…

L’Internet des Objets peut amener bien d’autres espoirs. Il est scientifiquement et techniquement possible de combattre le danger de mort en concevant des capteurs invisibles et en grande densité dans les réserves pour relever des données et les transformer en alerte.

Nous y travaillons déjà, et l’espoir est immense. Un espoir partagé par le Comité d’experts et acteurs de la lutte anti-braconnage que nous créons aujourd’hui, autour de l’Internet des Objets appliqué aux enjeux de la vie sauvage. Avec le World Wide Fund (WWF), International Rhino Foundation et Save the Rhino Org, nous voulons inventer le futur de la sauvegarde du monde animal. Nous allons, avec le concours des rangers et partenaires de Sigfox, installer ailleurs en Afrique de nouveaux dispositifs de monitoring et de surveillance de zone. Je suis, comme Natasha et Raoul, persuadée que les résultats seront au-dessus de nos espérances !

Après cette phase de beta test qui a nécessité peu de moyens, nous avons maintenant besoin de soutiens financiers pour passer à l’échelle, et lançons un appel à tous les contributeurs qui souhaitent sans attendre, laisser une chance à nos enfants de continuer à dessiner des éléphants, des girafes, des rhinocéros, en les sachant toujours en vie sur notre si belle planète.

Aidez-nous

English version

The Internet of Things to help wildlife

As never before in history, wild species are threatened with extinction, decimated by the violence and greed of man. Nearly 100,000 African elephants have been killed in three years. And according to the figures announced by the United Nations, about 1,200 rhinos were killed by poachers in South Africa in 2014 (National Geographic).
The IUCN Red List currently contains 87,967 species, of which 25,062 are threatened with extinction, a race towards genocide that is virtually impossible to control. Part of the history of humanity is disappearing. We have slaughtered an entire part of our origins and we may leave our children only drawings of elephants, giraffes, wild rhinoceroses, yet essential to the natural cycle on Earth.
The Internet of Things, a new marker of the connected world, must be quickly seen as an unprecedented response to environmental and societal issues.
The Sigfox Foundation wants to reverse the trend, and stop the bleeding.

We use the very low speed Sigfox network and sensors, the simplest and most economical way to retrieve information from the physical world. These sensors detect weak signals without large battery constraints. These sensors (GPS, movement, vibration, temperature …) deliver information that aims to accelerate human intervention before a danger occurs. They also make it possible to build a formidable memory with unprecedented volumes of data, a huge step for the community of biologists, conservationists, veterinarians and conservationists.
A first breakthrough in the science of connected nature has begun. We are working hand-in-hand with a small team of African conservationists, and have set up the Sigfox network to cover an African reserve protecting 450 black and white rhinos, with the lowest black rhinoceros poaching rate in the world.
Only 3 base stations connected to the satellite Eutelsat, provided with solar energy are enough to cover nearly 4000 km2 …! In a few weeks, we built ourselves small GPS sensors capable of transmitting with 3 years of autonomy, and directly installed in the horn of the rhinoceros.
In total, in 400 days, we collected more than 8400 GPS messages directly from twenty or so rhinos, centralized on a platform that rangers consult daily to follow the progress of this coveted species.

Cognitive conservation
What we have learned from this first year is that conservation techniques can largely be revisited: there is no need to go so often to catch the animal by jeep, and less risk of crossing poachers in weapons.
The team of veterinarians can now analyze the behavior of the rhinoceros only with the history of the GPS positions and explain its progress in the reserve, its interactions with the group, its preferred zones, adventure. One of them was poached and had just changed his usual course …
What we learned from this first phase of testing is that conservation techniques can largely be revisited: no more need to go as often on the ground to capture the animal by jeep, and less risk to cross poachers in arms.
The team of veterinarians can now analyze the behavior of the rhinoceros only with the history of the GPS positions, and thus explain its progression in the reserve, its interactions with the group, its areas of predilection, and those in which it occurs. adventure.

The price of the horn divided by 2
One of the rhinos that was equipped with one of our sensors, was atrociously murdered. We learned from local teams who know the black market sector, that the price of his cut horn has been halved. A horn that was not virgin, pure, without sensor … Hence the need for teams ALL rhinoceros to stop the genocide as soon as possible.
It is scientifically and technically possible to combat the danger of death by designing invisible and high-density sensors in the reserves to collect data and turn them into alerts.

We are already working on it, and the hope is immense: we have just created a committee of experts and stakeholders in the fight against poaching on the Internet of Things applied to wildlife issues: The World Wide Fund (WWF), International Rhino Foundation and Save the Rhino Org. Together, we want to invent the future of saving the animal world. We will, with their help, install elsewhere in Africa new monitoring and surveillance devices. I am, like Natasha and Raoul, convinced that the results will be above our expectations!
After this phase of beta testing that required few resources, we now need financial support to scale up, and appeal to all contributors who wish without delay, give our children a chance to continue drawing. elephants, giraffes, rhinos and keeping them alive on our planet, thanks to new technologies combined with the passion of men.

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