Bonjour Jeanne, j’entends bien votre colère et votre frustration face à cette façon de décrire et de vivre les étiquettes d’une manière différente. Je ne remets pas en question l’existence de celles-ci, ni leur utilité pour apprendre à se connaitre et à se développer. Peut-être n’avez-vous pas eu l’occasion de lire l’article en entier car je l’évoque ici :
“Je ne suis pas en train de dire que ces catégories n’existent pas.
Elles sont certainement réalistes. Ces étiquettes nous donnent des repères, un langage commun, certes. Elles ont le mérite d’exister pour ne pas en faire un tabou, j’entends bien. Elles sont rassurantes. J’ai vécu moi-même l’expérience de cette appartenance. Avoir l’impression de trouver une explication, un sens, aux traits de ma personnalité parfois difficiles à intégrer, à admettre.”
Je parle aussi de mon petit-frère autiste dans un autre paragraphe.
Je suis également concernée par ces étiquettes personnellement, et voici le ressenti que j’ai eu face et avec elles. Processus de plusieurs années pour la comprendre, m’y reconnaître, grandir, puis m’en détacher. Car elle ne représente pas entièrement celle que je suis. Je me reconnais dans certaines phases difficiles que vous avez vécu, je suis passée par là aussi dans mon enfance, et encore aujourd’hui. J’ai réussi à en dépasser la violence intérieure et sociale pour en faire un atout, une force, et accepter les côtés sombres de ma personnalité, de mon profil “atypique” - comme on nous appelle.
Je suis désolée que ceci ait été une lecture difficile pour vous, l’objet de ce billet d’humeur était de dénoncer une forme de non-connaissance et d’appropriation de ces étiquettes via des articles et tests hasardeux sur internet notamment.
Aussi, certains profils “atypiques” semblent partager mon point de vue, une forme de libération à se détacher de leur(s) étiquette(s) car ne faisant le focus que sur une partie de ce qu’ils sont en entier. J’ai rencontré une jeune femme qui va en faire un livre d’ailleurs, plein de témoignages divers et variés, elle étudie ça mieux que moi et j’ai hâte de voir le résultat !
Egalement, hier je suis allée à une conférence intéressante donnée par HipipIN (http://hipipin.com) qui souhaite mettre en lumière ces profils en faisant le lien entre les entreprises et les salariés afin de mieux les intégrer. Ils sont en immersion dans ce milieu, concernés personnellement, et pourtant ils partagent cette vision de mettre en valeur les profils atypiques dans les entreprises tout en faisant tomber les étiquettes. Comme ils ont évoqué hier soir notamment, les faux diagnostics existent aussi qu’ils soient donnés par la personne elle-même ou par un professionnel, et ceci est dramatique pour la vie d’une personne faussement diagnostiquée, mise dans une case qui n’est pas la sienne. D’où l’intérêt d’être vigilent et de miser avant tout sur la personne que nous sommes, avec notre potentiel tout entier. Ça n’enlève en rien le fait que nous ayons certaines capacités et incapacités.
Merci pour votre témoignage qui permet de mettre en avant la réalité et le vécu d’un profil atypique.
